Trésors archéologiques au parc du Coteau et aux Ardoines

Les archéologues du conseil départemental puis de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont mis à jour des trésors à Vitry.Les archéologues du conseil départemental puis de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) ont mis à jour des trésors à Vitry. © Cyril Ananiguian

Ligne 15 Sud, Métro Grand Paris Express

Publiée le 25 novembre 2016 - Mise à jour le 05 décembre 2016

Silex du Mésolithique et ossements du Paléolithique, fosses médiévales, nécropole de cinq siècles au moins constituent certains des trésors retirés du sous-sol vitriot par les archéologues. Au parc du Coteau-Marcel-Rosette, et près de la rue Léon- Geffroy aux Ardoines, le passé rattrape le présent qui voit

La ville de Vitry poursuit son évolution au XXIe siècle quand, en novembre 2015, l’espace-temps se comprime. À l’occasion du chantier de construction du métro Grand Paris Express, qui améliorera le temps de transport des Franciliens, les archéologues du conseil départemental puis de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) dépêchés par l’État, comme c’est la règle pour faire avancer le savoir historique, ont mis à jour des trésors à Vitry.

Les Ardoines magdaléniennes

Rue Léon-Geffroy, sur le terrain qui accueillera le centre de maintenance et des infrastructures, un os rare est, entre autres, découvert : l’humérus complet d’un jeune mammouth laineux de 13 050 avant J.-C., soit la fin de la glaciation du Paléolithique supérieur. Des traces de découpes visibles sur l’os conduisent à penser que la chair a dû être consommée par des humains : l’animal a probablement été abattu par des chasseurs cueilleurs magdaléniens. À cette époque, dans le climat froid et le paysage de la vallée de la Seine steppique, très ouvert, composé de bouleaux et de genévriers, vivent “des humains nomades considérés comme de grands prédateurs”, rapporte dans une revue spécialisée son découvreur, Mathieu Kiefer, archéologue du conseil départemental.

Novembre 2015 : L’humérus d'un jeune mammouth laineux découvert aux Ardoines.

On trouve également aux Ardoines des éléments de la préhistoire jusqu’à l’époque médiévale : silex taillés du mésolithique, fosses du néolithique, céramiques décorées, silos agricoles gallo-romains et fossés médiévaux des XIIIe et XIVe siècles.

La nécropole du parc du Coteau-Marcel-Rosette

Octobre 2016 : Un archéologue mettant en évidence une stratigraphie sur le site archéologique au parc du Coteau-Marcel-Rosette.Octobre 2016 : Un archéologue mettant en évidence une stratigraphie sur le site archéologique au parc du Coteau-Marcel-Rosette.© Gerard RollandoFin 2015, à la même période, au parc du Coteau-Marcel-Rosette, où s’implantera la gare de métro du centre-ville, Vanessa Bayard, jeune archéologue, chef des opérations de diagnostic à Vitry pour le département du Val-de-Marne, se trouve au pied de la pelle mécanique qu’actionne un ouvrier spécialisé quand apparait, à 40 centimètres de profondeur, un ossement humain puis un squelette entier. Celui d’un jeune homme, qu’une boucle de ceinture en alliage cuivreux trouvée à proximité permettra d’identifier comme un homme de l’époque mérovingienne.

À trois semaines de la fin du diagnostic, ça a été une surprise, décrit-elle. On ne s’attendait pas à trouver une sépulture si près de la voie romaine (la RD5).”

Puis des os épars sont découverts, des corps entiers dans leur sarcophage ou en pleine terre, parfois mélangés. L’un deux, testé au carbone 14, date de l’Antiquité.

2016 : La nécropole mise à jour dans le parc du Coteau-Marcel-Rosette.2016 : La nécropole mise à jour dans le parc du Coteau-Marcel-Rosette.© Cyril AnaniguianLe conservateur du service régional de l’archéologie à la direction régionale des Affaires culturelles, autorité de l’État, est prévenu sur le champ. Devant l’intérêt des trouvailles, s’appuyant sur le rapport de l’équipe départementale, il décide, en mai 2016, de faire entreprendre des fouilles préventives. L’INRAP, retenue par la Société du Grand Paris pour les fouilles archéologiques, sort alors de plus gros moyens. Le terrain au parc du Coteau-Marcel-Rosette, estimé abriter 250 sépultures, est fouillé dès le début de septembre jusqu’à sa restitution à l’aménageur le 25 novembre.

Devant une colline de terre de plus 4 000 mètres carrés extraite du site, l’équipe, relayée par douze spécialistes (archéologues, anthropologue, géomorphologue, céramologue…), se hâte avec concentration, extirpant les ossements des racines et des sédiments, à la cuillère, au pinceau et au scalpel. La nécropole dégagée aurait été utilisée pendant 500 à 700 ans, dès le début de la chrétienté, de la fin du IIIe siècle jusqu’au Xe siècle peut-être.

L’utilisation de cette parcelle dédiée au monde des morts a perduré, sans doute en raison de la présence d’un édifice sacré antique que nous n’avons pas découvert. Ce pourrait être une fontaine”, estime Sébastien Poignant, archéologue expérimenté.

Le responsable du site de fouille désigne des cagettes en plastique chargées d’éléments découverts, inventoriés et très bientôt livrés aux spécialistes du centre de recherche de Pantin, puis de facultés et du CNRS. “Plusieurs années leur seront nécessaires pour reconstituer une histoire sur les premiers habitants de Vitry.”

Octobre 2016 : Squelette entouré de pierres. La variété de sépultures permet d'en savoir plus sur l'évolution des pratiques chrétiennes concernant la mort.Octobre 2016 : Squelette entouré de pierres. La variété de sépultures permet d'en savoir plus sur l'évolution des pratiques chrétiennes concernant la mort.© Cyril AnaniguianOutre la nécropole, sont apparus des fosses gallo-romaines, des entrées de carrières de sable du XIIIe siècle, un ensemble de robinetteries d’alimentation d’eau des XVIIe et XVIIIe, des latrines du XVIIIe, une pièce de monnaie de la fin du IIIe…

En 2017, d’autres fouilles succéderont à celles de l’été dernier, sur un terrain rue Léon-Geoffroy, dont le bâtiment industriel n’a pas encore été détruit. Dès le premier trimestre 2017, une vidéo, réalisée par la ville, permettra à tous les Vitriots d’admirer les découvertes faites au parc du Coteau-Marcel-Rosette.

Un rapport sera publié d’ici 2 ans. 

Gwénaël le Morzellec

 

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Le projet du métro Grand Paris Express

Parc du Coteau : chronique de la fouille sur le site de l'INRAP

Les fouilles archéologiques à Vitry sur le site du Grand Paris Express

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