Mai 1968 à Vitry (mai 2018)

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Il y a un peu plus de 50 ans, Vitry aussi a connu un printemps animé… Des lycéens et des salariés ont participé en grand nombre, aux grèves, occupations et manifestations et porté leurs nombreuses revendications sociales et sociétales. 

Retour sur quelques temps forts d'un mouvement social d'une ampleur inégalée au 20siècle: 

Dès les 8 et 9 mai 1968, des lycéens de Jean-Macé et d’Adolphe Chérioux manifestent dans les rues de Vitry, contre les violences policières à l’encontre des étudiants, les jours précédents, à Paris, au quartier latin, et pour une réforme de l’enseignement.

Le 13 mai, les organisations syndicales appellent à la grève générale, pour protester contre la répression policière. Des rassemblements et des défilés ont lieu dans de nombreuses villes du Val-de-Marne et à Paris (entre 800 000 et 1 million de personnes). 

Les jours suivants, les grèves et les occupations des lieux de travail se multiplient à Vitry, dans le secteur privé (Rhône-Poulenc, Air Liquide, Miom, Sciaky, Morquin-Muguet, Metallo, Rocca, Gestetner, Prisunic, Ponticelli, etc.) et dans le secteur public (CNRS, centre de sécurité sociale, mairie, centrales EDF, sites SNCF, etc.). Le 22 mai, 12 000 des 16 000 salariés travaillant à Vitry sont en grève.

Le 23 mai, lors d’une séance extraordinaire, le conseil municipal de Vitry vote une aide de 200 000 francs destinée aux grévistes de la commune (coupons d'achat, bons de lait et de farine lactée, colis pour les grévistes n'habitant pas VItry, etc.). 

D’autres actions de solidarité s’organisent, prenant des formes originales, par exemple, un montage du Studio-Théâtre, ayant pour titre « Impromptu pour un mois de mai », une exposition des photographies dans un atelier de la Miom, un spectacle folklorique des ballets Marcois présenté aux grévistes d’EDF, de Morquin-Muguet, de Sciaky, de Rhône-Poulenc, etc.

Le 24 mai, le mouvement de grève est au plus fort, plusieurs millions de personnes ont cessé le travail, au niveau national. Une manifestation, à l’appel de la CGT, a lieu entre la mairie d’Ivry et la mairie de Vitry.

Le 25 mai, les négociations (dites « de Grenelle ») entre le gouvernement, le patronat et les syndicats débutent. Le protocole d’accord final du 27 mai prévoit notamment une augmentation du salaire minimum garanti de 35 %, une hausse des salaires de 10 %, la réduction progressive de la durée hebdomadaire du temps de travail en vue de passer de 46h à 40h, la reconnaissance des droits syndicaux dans les entreprises, etc.

Le 29 mai, une manifestation à l’appel de la CGT et soutenue par le PCF rassemble 600 000 personnes à Paris, à laquelle participent de nombreux vitriots. Plus de 47 000 personnes sont encore en grève dans le Val-de-Marne, dans le secteur privé (135 usines en grève, dont 79 occupées). 

Le 30 mai, lors d’une allocation radiophonique, le président de la République, le général de Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation de nouvelles élections législatives en juin. Une importante manifestation de soutien est organisée à Paris.

A partir de début juin, le travail reprend progressivement dans certaines entreprises de Vitry, telles que Gestetner, Morquin-Muguet, EDF, Prisunic, Drouet, etc., avec pour les salariés, des avancées sur leurs conditions de travail, leurs salaires et les libertés syndicales, dans le droit fil des discussions tripartites de Grenelle. Dans les mairies, la grève et les occupations se poursuivent, jusqu’au 7 juin, après une réunion nationale au ministère de l’Intérieur, et l’obtention notamment, d’une augmentation des traitements. Certaines entreprises continuent le mouvement : Rhône-Poulenc, CGDUR, RKS, Tunzini, Miom, etc.

Au 28 juin, les dernières entreprises en grève du Val-de-Marne reprennent le travail.

Page publiée le 15 juin 2018 - Mise à jour le 7 octobre 2019

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