Vivre dans le quartier Paul-Froment/ 8-Mai-1945

Des petits pavillons de banlieue, des immeubles collectifs, un marché animé… et des projets urbains de grande ampleur caractérisent le quartier Paul-Froment/8-Mai-1945.
Un centre aquatique remplacera l’actuelle piscine municipale et la zone industrielle constituera un nouveau pôle de vie, avec des logements, des activités économiques, des équipements publics et des espaces verts.

Petite histoire du quartier

Imaginez autour de vous des champs, au loin la Seine, quelques chemins et ruelles qui portent des noms bucoliques. Le chemin d’Amour relie le Port-à-l’Anglais à Choisy (dans le prolongement de la rue Édith-Cavell), la Petite-Ruelle ou voie du Moulin (rues Grétillat et Victor-Ruiz) mène jusqu’au fleuve… Nous sommes en 1910, et le paysage n’a pas beaucoup changé depuis le XVIIIe siècle, si ce n’est l’apparition du chemin de fer.

Le hameau du Petit-Vitry regroupe quelques maisons, la ferme du château, son potager et deux fabriques : la société Loreid, spécialisée dans la confection de toiles cirées, et l’usine de pâtes alimentaires fondée par Camille Groult en 1850, qui se dresse rue d’Oncy (actuelle rue Camille-Groult).

L’industriel, également maire de la commune de 1868 à 1874, fera aussi construire des logements avec des jardins familiaux pour ses ouvriers et rénovera un ancien couvent pour en faire un orphelinat. Ce dernier compte 120 places pour des jeunes filles âgées de 13 à 21 ans. Les pensionnaires travaillent à la tâche, moyennant un salaire sur lequel sont prélevés leurs frais de nourriture et d’entretien. Le surplus leur permet de se constituer un petit pécule et un trousseau qui leur sont remis à leur sortie.

Pendant les premières décennies du XXe siècle, le hameau ne s’est pas beaucoup étendu.
Il compte cependant les pavillons du lotissement de la ferme du château (depuis 1913), une dizaine de maisons loties par l’Union de l’électricité (1931) rue de Choisy et les premières habitations bon marché de la rue Albert-Thomas (1936).

En revanche, une grande zone industrielle a vu le jour le long de la Seine :

  • l’usine de produits chimiques des frères Poulenc, qui deviendra le groupe Rhône-Poulenc puis Sanofi (1909),
  • la fonderie Bidault-Élion, dont les locaux sont aujourd’hui utilisés par Air-liquide (1917),
  • la centrale thermique Arrighi (1927, détruite en 1991),
  • les Bateaux Rocca (1936)…

Entre 1920 et 1938, ce ne sont pas moins de seize entreprises qui s’installent de l’autre côté de la voie ferrée.

Dans les années cinquante, tout change ou presque. Le secteur compris entre l’avenue Rouget-de-l’Isle et la rue de Choisy est inclus dans la zone à urbaniser en priorité définie par l’État et destinée à loger, dans des conditions de confort moderne, un nombre croissant de familles.

Les grands ensembles font leur apparition le long de la nationale, rues Camille-Groult, Ampère, Bourgogne… La municipalité fait construire une piscine (1969), puis une patinoire (1978), aménage un marché couvert, le stade Gabriel-Péri. Elle acquiert, dans les années quatre-vingt-dix, l’ancien orphelinat Groult, dont le site avait été racheté, en 1951, par l’entreprise de matériel de bureau Gestetner. Le bâtiment permet de réunir les écoles de musique, de danse et d’arts plastiques en un même lieu.

Ouvertes en septembre 2005, les Écoles municipales artistiques effectuent ainsi la synthèse entre le passé industriel de la ville et le dynamisme qu’on lui connaît aujourd’hui.

Le quartier en images

  • 01-Orphelinat
    Le pensionnat de l'usine Groult, actuel bâtiment des école municipales artistiques, en 1912.
    © Archives municipales
  • 02-SYL 4233
    Le bâtiment actuel des écoles municipales artistiques, inauguré en 2005.
    © Sylvain Lefeuvre
  • 03-Usine Groult
    Les usines de pâtes alimentaires de la rue Camille-Groult au début du XXème siècle.
    © Archives municipales
  • 04-Albert Thomas-1
    Les premières habitations bon marché de la rue Albert-Thomas construites en 1936.
    © Archives municipales
  • 05- Collecte Pneumatique Albert Thomas - AB  3 sur 8
    La collecte pneumatique est installé depuis 2016 pour les immeubles collectifs de la rue Albert Thomas.
    © Alexandre Bonnemaison
  • 06-Arrighi-2
    Vue de la Seine de la centrale thermique Arrighi en 1927, détruite en 1991.
    © Archives municipales
  • 07-Centrale Tramway
    Usine électrique de l'Est-Parisien produisant l'électricité pour le tramway, en 1920.
    © Archives municipales
  • 08-Place Cave
    La place Cavé, actuelle place Paul-Froment et l'arrêt du bus au début du XXè siècle.
    © Archives municipales
  • 09-Piscine
    Construction de la piscine du 8-mai-1945 en 1969.
    © Archives municipales
  • 11- Patinoire - AB  1 sur 2
    La patinoire située en face de la piscine construite en 1978.
    © Alexandre Bonnemaison
  • 13-parc Jules Fery-SL  2
    Le parc Jules-Fery situé derrière le bâtiment des écoles municipales artistiques.
    © Sylvain Lefeuvre
  • 14-16-07-06-68-SL
    La crèche du 8-mai-1945 réhabilitée en 2016.
    © Sylvain Lefeuvre
  • 15-SYE 2867
    L'entrée du marche du 8 mai.
    © Sylvain Lefeuvre
  • Maison Aux Lions
    La maison aux lions située avenue Camille-Groult est aujourd'hui un bâtiment remarquable.

Événement

11 mars 2000 : les Victoires du 113

Ils avaient déjà connu un énorme succès aux Fêtes du lilas en 1998, un an avant la sortie de l’album Princes de la ville. Mais ce 11 mars 2000, c’est au Zénith de Paris qu’ils reçoivent deux Victoires de la musique : révélation de l’année et album rap/reggae.

Les princes de Vitry se nomment Abdelkarim Brahmi-Benalla (Rim’K), Mokobé Traoré (Mokobé) et Yohann Duport (AP), trois copains qui ont créé, en 1994, le groupe 113, en référence au 113, rue Camille-Groult. Mokobé en a raconté les débuts :

« À onze ans, on dansait sous le porche de l’école Joliot-Curie, dans les centres commerciaux. On était tout un groupe, on se prenait pour des Américains. Tout se passait dans des chambres, des abribus, dans le bus 183, on était des nomades dans Vitry. Dès que des scènes se montaient, on essayait d'y être. On doit beaucoup à Vitry et aux habitants. Ils nous ont soutenus… »

1944 : l’explosion d’un train de munitions
Explosion-munitions© Société d'histoire de VitryUn train de munitions allemand est garé entre les ponts de l’avenue Jean-Jaurès et Mazagran ce 1er novembre 1944. Son explosion, dont on ignore la cause, fait 27 morts et 95 blessés à Vitry, mais aussi dans le XIIIe arrondissement. Un énorme nuage blanc se forme au-dessus de la ville, provoquant la panique de la population. Une partie des wagons est restée intacte et les cheminots parviennent à la détacher du convoi. Les munitions qui s’y trouvaient sont entassées sur un terrain, au pied du pont Mazagran (pont des Fusillés). Abandonné sans aucune protection, l’ensemble explose le 15 avril 1945, causant de nombreux dégâts et laissant place à un énorme trou…

Au fil des rues

  • Arrighi (stade) : l’Association sportive Arrighi est créée en 1938 par le personnel de l'ancienne centrale de production électrique, conçue par l’ingénieur Jean Antoine Arrighi de Casanova.
  • Fusillés (pont et rue des) : anciennement Mazagran, renommés en hommage aux sept résistants arrêtés par les nazis le 21 août 1944 près des ateliers SNCF et fusillés sur le pont Mazagran. Parmi eux, figurait le cheminot Charles Heller, à qui une rue rend hommage non loin du pont. D’autres résistants vitriots ont donné leur nom à une voie du quartier : Louis Marchandise, fusillé au mont Valérien, le 21 avril 1942 ; Paul Froment, ancien adjoint au maire, arrêté le 21 mars 1941 par la police française, puis déporté à Bergen-Belsen, où il meurt en janvier 1945 ; Victor Ruiz, fusillé le 23 avril 1943 à Châteaubriant, à l’âge de 25 ans.
  • Granges (rue des) : nom d’un ancien lieu-dit, mentionné sur la carte des cultures de 1798.
  • Grétillat (rue) : Auguste Grétillat, maire de Vitry de 1892 à 1904. La rue Grétillat délimite la partie sud du quartier, tandis que la partie nord commence rue Camille-Groult, qui fut, lui aussi, maire de Vitry, de 1868 à 1874 !
  • Oncy (impasse d') : du nom de l’ancien lieu-dit, composant le hameau du Petit-Vitry.
  • Tortue (rue) : dérivé de tordue ? Le nom est déjà mentionné en 1770, désignant une voie plus sinueuse qu’aujourd’hui.

A découvrir

  • École Blaise-Pascal, 50-74, rue Victor-Ruiz  : groupe scolaire ouvert en 1933 pour répondre à l’accroissement de la population, à la suite notamment du lotissement des terrains de la ferme de l’ancien château, dans les années dix. Une maison et un hangar sont les seuls vestiges de la ferme (29 et 31, rue Camille-Groult).
  • Écoles municipales artistiques, 71, rue Camille-Groult : les écoles sont installées dans un ancien couvent, aménagé en pensionnat pour jeunes ouvrières par Camille Groult, le propriétaire de l’usine de pâtes alimentaires. La minoterie de l’usine a été transformée en immeuble de logements sociaux.
  • HBM Albert-Thomas, avenues Thomas et Rouget-de-l’Isle : ce groupe d’habitations bon marché est construit par l’Office public de Vitry en 1936 et porte alors le nom de "cité-jardin du Petit-Vitry". Les écoles du centre-ville étant éloignées, des classes sont provisoirement aménagées dans les locaux réservés aux commerces en rez-de-chaussée.

La vie de quartier

Données démographiques :

      • Un quartier en croissance modérée, avec une population jeune et familiale (chiffres 2011),
      • Nombre d’habitants : 12 279, soit 14 % de la population,
      • Évolution 1999-2011 : + 19 %,
      • Densité au km2 : 6 205 habitants (moyenne ville : 7 395 habitants).

      Équipements et services publics dans le quartier :

      Page publiée le 15 avril 2016 - Mise à jour le 23 février 2017

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