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Les salariés de Keolis en lutte

Le maire, Pierre Bell-Lloch, et de nombreux élus sont venus soutenir les grévistes du dépôt de bus de Vitry jeudi 10 septembre. A peine un mois et demi après le transfert de l’exploitation des lignes de la RATP à Keolis, la dégradation des conditions de travail et du service rendu se fait déjà ressentir.

Publié le 11 septembre 2026 Modifié le 11 septembre 2026

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Pour les usagers, des bus qui ne passent pas, des passages de plus en plus irréguliers, des temps d’attente qui s’allongent et un manque d’information. Pour les salariés, des charges de travail plus importantes, un manque de matériel, des plannings tardifs, un équilibre vie professionnelle/vie personnelle et un climat social dégradés. Le transfert de l’exploitation des lignes de bus de la RATP à Keolis le 1er août dernier fait déjà sentir ses effets.

« L’ouverture à la concurrence du réseau historique RATP orchestré par Ile-de-France Mobilité et Valérie Pécresse est désormais une réalité, souligne Kamal Ghalmi, machiniste receveur et délégué syndicale CGT au dépôt de bus de Vitry. Sur le terrain, le constat est clair : le service rendu aux usagers et nos conditions de travail se détériorent. »

En témoignent la mobilisation importante dès le premier jour de grève intersyndicale sur le dépôt jeudi 10 septembre, malgré les tentatives d’intimidation de la direction : 500 grévistes, soit près des deux tiers des effectifs de la journée, soutenus par des collègues du tram T9, des représentants syndicaux et de nombreux élus de la ville, du département et de la région.

« La municipalité de Vitry est à vos côtés, a affirmé le maire, Pierre Bell-Lloch, présent sur le piquet de grève. La RATP fonctionnait bien. On est passé à la concurrence et ce n’est pas le matériel qui change, c’est le personnel. Car c’est vous l’objectif : pour gagner plus d’argent, ils vous retirent vos conditions de travail, ils viennent chercher l’argent dans vos poches. Vous vous battez aujourd’hui et il n’y a que comme ça que vous parviendrez à sauver vos conditions de travail. Votre mobilisation est une force extraordinaire. »

De fortes mobilisations sont également en cours à Ivry, à Montpelliers, à Béziers et à Clermont-Ferrand où les salariés de T2C ont remporté des victoires après plus de sept jours de grève.

« Les salariés subissent de plein fouet les conséquences du transfert, nous sommes à leur côté, déclare Alexandre El Gamal, adjoint au maire chargé des Transports. On va tout faire pour qu’ils aient de bonnes conditions de travail, alerter Ile-de-France Mobilités sur la situation actuelle de Keolis, mais aussi sur le réseau de bus car les usagers se plaignent d’avoir des temps d’attente longs. Si les salariés ont de bonnes conditions de travail et une bonne qualité de vie au travail, ils rendent un service de qualité aux usagers. »

Les motifs de mobilisation en cette rentrée 2026 sont importants : contre l’austérité, contre la militarisation de l’économie, contre la guerre, pour la paix. Une journée d’action interprofessionnelle est annoncée le 15 septembre  pour la défense de la Sécurité sociale. Les trois versants de la fonction publique sont appelés à se mobiliser le 29 septembre, pour défendre le service public, notre bien commun. Enfin, une journée de convergence de l’ensemble des luttes des travailleurs du transport se prépare pour le mois de novembre.