Jennifer Ménard, la féminité à toute vitesse

Publiée le 06 janvier 2015 - Mise à jour le 06 janvier 2015

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Sport

Championne de France de jet ski, Jennifer Ménard a remporté, au terme de quatre courses pratiquées dans le monde entier, le titre de championne du monde en ski GP1 ladies. Un doublet qu’elle compte bien renouveler en 2015, en lui ajoutant celui de championne d’Europe.

Jeudi, 19 h 30. Jennifer Ménard sort de son entraînement de musculation, serviette autour du cou, le visage encore un peu échauffé, mais déjà le sourire aux lèvres. Rien dans sa carrure ne laisse deviner que cette jeune femme de vingt-cinq ans dompte un jet ski de cent quatre-vingts kilos, une machine plus nerveuse qu'une Formule 1, capable de passer de zéro à cent kilomètres heure en 2,3 secondes !

Elle est svelte, les bras presque graciles, et s'amuse de la surprise que ses titres de championne de France et championne du monde de jet ski provoquent chez les autres.

“Au travail, mes collègues ont été médusés quand ils l'ont appris. Ils m'imaginaient danseuse !”

Comment Jennifer Ménard, qui est née et a grandi à Vitry où elle réside toujours, a-t-elle découvert cette discipline ? “J'ai fait pendant huit ans du patinage artistique à l'ES Vitry, avec Maé”, raconte-t-elle. À la suite d'une chute, le médecin lui interdit de continuer. Mais l'adolescente a besoin de faire du sport, un virus familial. Son père a été champion de France de boxe américaine avec l'ES Vitry en 1983 et à découvert le jet ski à trente-cinq ans. “Moi, je m'ennuyais lorsque je l'accompagnais et je restais dans la voiture à jouer avec ma console”, s'esclaffe-t-elle. À quinze ans, pourtant, le jet ski la conquiert : “L'adrénaline, la vitesse, c'est particulier comme sensation”, explique-t-elle.

À seize ans, elle passe le permis mer et peut faire ses premières courses. C'est le début des podiums. Peu de filles participent aux compétitions, et elle navigue donc avec les garçons. Les entraînements sont intensifs, ce qui n'empêche pas Jennifer Ménard de poursuivre sa scolarité.

“Pendant le bac, je passais mes épreuves en même temps que mes compétitions. Je partais à la dernière minute et je rejoignais le team. Je concourrais, je me changeais et je reprenais l'avion pour passer les matières du bac”, se souvient-elle.

Le sport intensif nécessite de l'organisation. Jennifer Ménard compartimente ses activités et passe un master d'ingénieur informatique. Elle est aujourd'hui consultante d'études et développements. “Jennifer est courageuse, entre le travail, les entraînements, les courses… Elle est obstinée et même un peu têtue”, la chahute son père. Chaque soir elle se rend à la salle de musculation à Vitry ou à la boxe afin d'affermir le cardio et renforcer le dos et les jambes. Le week-end, toute la famille part à Compiègne pour l'entraînement.

Car dans son sillage, Jennifer a embarqué son père comme coach et sa mère à l'intendance. Avec la complicité de ses parents, elle a monté son propre team “Waves Competition” qui compte trois autres pilotes. “Le jet ski, explique-t-elle, c'est de l'investissement en temps et en argent.” Pour le championnat du monde, elle se rend au Qatar, en Italie, en Espagne, en Chine. Une vraie vie de bourlingueuse où elle n'a pourtant pas vraiment le temps de profiter du paysage, sinon du haut de son jet ski rose :

“À Doha, quand on est sur l'eau, on voit tous les buildings. C'est magnifique. On pourrait passer son temps le regard en l'air”, racontet- elle. Pour le reste, la concentration, l'attention portée au circuit “qui bouge sans cesse parce qu'avec les vagues les bouées se déplacent”, la technique et la stratégie absorbent son attention. Et la détermination de cette jeune Vitriote la place ensuite sur la première marche du podium !

Sylvaine Jeminet

 

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