Conseil municipal 26 juin : canicule et zone à faibles émissions

ZFE 20190702© Le Parisien/Olivier Boitet

Publiée le 02 juillet 2019 - Mise à jour le 20 août 2019

Sous un soleil de plomb, le conseil municipal a évoqué les mesures pour lutter contre la canicule, scruté le compte administratif 2018 et débattu de la zone à faibles émissions (ZFE).

Le 25 juin, au cœur de l'épisode caniculaire, les élus sont réunis dans la salle du conseil municipal chauffée à blanc pour la dernière séance avant les vacances d'été.

La canicule, c'est d'ailleurs le premier sujet abordé par Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry.

"Depuis lundi, une cellule de crise a été ouverte pour adapter les services - en temps réel - aux nécessités de la situation. Cette canicule pourrait durer jusqu'à lundi prochain. Il s'agit de s'assurer de la protection des personnes. Il a été décidé la fermeture des écoles et des centres de loisirs, en accord avec l'inspection académique, des fêtes de fin d'année sont reportées, les crèches et haltes-garderies municipales fermées. Nous avons pris des mesures exceptionnelles en direction des seniors, particulièrement touchés lors de la canicule meurtrière de 2003… Nous avons mis en place des points d'eau, ouvert les parcs de la ville jusqu'à 21h, organisé des animations dans nos trois parcs. Nous avons veillé à ce que les activités sportives soient régulées, voire annulées, organisé la gratuité de la piscine avec des horaires élargis… Cet épisode de canicule nous rappelle le problème alarmant du changement climatique."

Compte administratif 2018

Dès la fin de ce préambule, Philippe Beyssi, adjoint aux Finances, se lance dans la présentation des questions relatives au compte administratif 2018, c'est-à-dire au bilan financier de l'année précédente, qui permet de retracer l'exercice budgétaire précédent et de le clôturer. Il souligne tout d'abord que le compte de gestion rend compte des mêmes réalisations que le compte administratif présenté par l'ordonnateur et aboutit à des résultats identiques.

"L'exécution du budget 2018 fait apparaître, pour toutes sections reports compris, un excédent de 5,7 millions d'euros, détaille-t-il. En section de fonctionnement, l'excédent s'élève à 8, 3 millions. Il est inférieur à celui de l'exercice 2017, qui s'élevait à 12, 2 millions… […] En section d'investissement, le déficit s'élève à 2,5 millions d'euros, plus faible qu'en 2017 avec 6,6 millions d'euros."

L'excédent de la section de fonctionnement permet chaque année de financer la section d'investissement et d'avoir ainsi moins recours à l'emprunt. Cette marge de manœuvre se réduit cependant d'année en année.

Philippe Beyssi propose ensuite l'affectation définitive des résultats de l'exercice 2018 en comblant le déficit de la section d'investissement grâce à une partie de l'excédent de la section de fonctionnement 2018 et de reporter le solde en section de fonctionnement en 2019.

Du groupe Socialiste, républicain et citoyen, Guy Labertit souligne que "l'excédent relevé prouve que la gestion de la ville est particulièrement rigoureuse. Le groupe Socialiste votera bien sûr ce compte administratif."

Selon la règle, le maire doit quitter l'enceinte lors du vote.
Les comptes sont approuvés et le maire reprend sa place.

Pour une mesure écologique et sociale

Après une heure de débat arrive un des moments forts de ce conseil municipal : le vœu concernant la ZFE (ou zone à faibles émissions). Dispositif destiné à limiter la circulation des véhicules les plus polluants, la ZFE doit permettre de rouler avec des véhicules plus propres et de respirer un air plus sain. La métropole du Grand Paris a voté, en novembre 2018, la mise en place d'une ZFE à l'intérieur de l'A86, et il revient à chaque maire des communes concernées de prendre un arrêté pour sa mise en application sur son territoire. Depuis le 1er juillet, la ville de Paris exclut les voitures Crit'Air 4 et 5 (et véhicules non classés). Ce soir, au conseil municipal, la décision est discutée via un vœu déposé par le groupe Communiste, républicain et citoyen. Son président, Djamel Hamani, souligne l'urgence de faire baisser la pollution, mais pointe l'iniquité de cette “injustice flagrante".

"Cette mesure prise au nom de la santé publique risque de mettre en difficulté une partie des plus fragiles, comme des secteurs tels que l'artisanat et les TPE. La question des moyens pour changer de véhicule ne fait pas pour l'instant l'objet de mesures d'accompagnement suffisantes."

Djamel Hamani souligne le manque de transports en commun adaptés aux Vitriots, juge le calendrier intenable, propose un débat sur les conditions de mise en place ultérieures de la ZFE et une grande consultation des habitants d'ici 2020 sur les conditions de son application.

Un délai et une grande consultation

Du groupe Socialiste, républicain et citoyen, Jean-Marc Bourjac, très remonté, parle "d'écologie punitive", “d'une mesure inconsidérée de la métropole et d'une violence inouïe pour les Vitriots”, juge cette la ZFE "injuste, inapplicable. Les plus modestes, les classes moyennes doivent pouvoir circuler, ce qui va leur être refusé ! Cette réforme à outrance ne passera pas."

Maurice Tzinmann, du groupe Parti Radicaux de gauche et écologistes, se montre plus modéré. "Sur le fond du problème, je ne vois pas d'objections majeures à ce que les voitures soient transformées, au profit de véhicules moins polluants. Il faut laisser du temps aux chercheurs. Mais les conditions économiques doivent être satisfaites." Il annonce qu'il s'associe à la demande formulée.

Tout comme Alain Afflatet, du groupe Ensemble un avenir meilleur. "On croit à l'écologie, mais ce n'est pas la bonne méthode. Avec la voiture électrique, on déplace le problème, on prolonge le nucléaire en France."

Du groupe Vitry en mieux – une gauche d'avance, citoyenne et écologiste, Frédéric Bourdon est sensiblement plus critique et développe longuement sa thèse.

"L'État se dégage de ses responsabilités sur les maires. Cela oblige les maires à prendre leurs responsabilités… Ce n'est pas un sujet nouveau, des centaines de réunions ont été menées. Nous n'avons pas fait de consultations publiques. Et on nous dit aujourd'hui ‘‘Repoussons, repoussons''. Mais repousser aux calendes grecques n'est pas la solution… Aujourd'hui, nous avons 64 000 morts prématurées à cause de la pollution de l'air. On ne prend pas à Vitry la mesure des enjeux pour la pollution de l'air. Il faut réduire jour après jour. Passer à la ZFE, c'est se préparer. Il faut le dire à tout le monde : nous devons changer de mobilité."

Pierre Bell-Lloch, du groupe Communiste, républicain et citoyen, assure qu'il est "injuste de dire que l'on n'a rien fait. On s'est battus pendant 35 ans pour avoir un tramway et pour réclamer des transports en commun".

Et Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry, de conclure : "Vitry est favorable à la ZFE, le problème, c'est sa mise en œuvre. On ne va pas retaxer encore les mêmes ! Ce sont les habitants les plus fragiles qui vont avoir le plus de difficultés. Il n'y a pas d'opposition à la démarche, mais nous voulons du temps pour avoir un vrai débat démocratique pour qu'il y ait une prise de conscience".
Mis aux voix, le vœu est adopté.

 

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