Budget 2019

Mercredi 10 avril, vote du budget 2019.

Dès la fin de l'émargement, le maire, Jean-Claude Kennedy, donne la parole à Philippe Beyssi, adjoint au maire chargé des Finances, qui présente le budget. Grave, il parle d'un budget contraint, de la fin de la taxe d'habitation, de la baisse des dotations de l'État (DGF, DSU…).

“Au total, entre 2014 et 2022, plus de 20 milliards d'euros auront été ponctionnées aux collectivités par l'État. Pour Vitry, c'est 30 millions d'euros qui nous ont déjà été retirés en cinq ans, soit l'équivalent de deux groupes scolaires.”

Philippe Beyssi décrit :

  • un nouveau budget au service de l'humain,
  • un budget ambitieux, de combat, pour répondre aux besoins des Vitriots,
  • un budget qui tient ses promesses, qui réaffirme ses ambitions pour Vitry, ses projets, son cadre de vie, pour ses habitants et, notamment, pour les jeunes.

“Aucune économie, aucun sacrifice ne sera porté sur le dos de la jeunesse. Nous voulons que Vitry soit tout simplement une ville à vivre, une ville solidaire et humaine. Une ville qui évolue avec les Vitriots, pour les Vitriots.”

Pour mieux garantir un niveau de prestation élevé, Vitry a fait le choix d'une augmentation maîtrisée de sa fiscalité locale.

Une politique d'austérité de l'État

À la suite de cette annonce, les conseillers de l'ensemble des groupes politiques vont prendre la parole, avec des avis parfois radicalement différents. Pour le groupe Communiste, républicain et citoyen,

Djamel Hamani se félicite de ce nouveau budget, entame un discours politique très offensif, parle de budget de résistance aux politiques d'austérités, d'une ville solidaire qui investit dans la jeunesse.

“Il n'y a pas de crise de la dépense publique, il y a une crise privée de la finance libéralisée. Nous sommes des victimes du catéchisme libéral.”

Du groupe Rassemblement national, François Paradol n'a pas le même point de vue. “Vous avez pour la cinquième année consécutive augmenté l'ensemble des taux de la fiscalité locale.” Il termine dans un brouhaha de contestations et assure qu'il ne votera pas le budget.

Du groupe Vitry en mieux – une gauche d'avance, citoyenne et écologiste, Frédéric Bourdon se demande comment faire plus avec moins de finance et une pression accrue de la part de l'État ? “En six ans, la population a augmenté de 10 % et nous avons perdu 50 % des dotations de l'État !”

Il parle d'une politique d'austérité de l'État sur les collectivités et assure que son groupe est d'accord avec le budget alloué à l'éducation, l'action sociale, la culture ou les associations. Puis, il aborde les sujets qui fâchent : les deux millions d'euros de subvention une nouvelle fois donnée à la Semise, le plan vélo, la rénovation des bâtiments pour faire des économies, l'investissement dans les énergies renouvelables… “Nous voulons une ville plus solidaire, plus verte, qui va plus vers les jeunes. Nous devons réfléchir à un autre rapport au territoire. Notre groupe s'abstiendra pour ce budget 2019.”

Une ville sociale et solidaire

Très offensif, Alain Afflatet, du groupe Ensemble un avenir meilleur, cache mal sa déception. “Rien ne change. Le budget a tout l'air d'un copié-collé des précédents. On déclare que le gouvernement nous étrangle, que nous sommes les plus mal aimés de la planète et que vous êtes aux côtés des Vitriots.”

Il assure que les impôts augmentent à Vitry plus qu'ailleurs et donne une série de chiffres. “Les dépenses réelles de fonctionnement à Vitry s'élèvent à 1 917 € par habitant, alors que la moyenne nationale est à 1 552 €. Les dépenses d'équipement sont à 295 € par habitant à Vitry, alors que la moyenne nationale est à 326 €. L'encours de la dette est à 1 747 € par habitant à Vitry, alors qu'elle est de 1 416 € pour des villes comparables.”

Sarah Taillebois, du groupe Socialiste, républicain et citoyen, revient tout d'abord sur la suppression de la taxe d'habitation, “mesure purement démagogique”. “À un moment, on ne peut pas faire mieux avec moins ! Vitry est une ville solidaire, avec des services publics accessibles à tous, de l'aide pour les plus démunis. Il est plus simple de faire des choses rentables, de ne pas augmenter les impôts, mais ne pas augmenter les impôts, c'est supprimer les services publics, quand on nous supprime les moyens de fonctionner… Nous voterons évidemment ce budget car il représente ce que nous sommes, une ville de gauche, une ville sociale, solidaire, durable.”

Maurice Tzinmann, du groupe Parti radical de gauche et écologistes, conclut les débats en confortant sa position lors du débat d'orientation budgétaire : “Nous sommes tenus de mettre en œuvre une politique de limitation des dépenses qui me paraissent relativement contenues. Nous voterons globalement le budget tel qu'il est proposé. Nous avions fixé une limite à l'augmentation maximale de 2 %. La proposition qui nous est faite est de 1,8 %. Nous voterons donc le budget dépense et le budget recette et réaffirmons que nous sommes intégralement partie prenante de l'élaboration de ce budget, dans la majorité municipale.”

Une bonne gestion selon la Cour des comptes

Avant d'en appeler au vote, Jean-Claude Kennedy revient sur la difficulté d'équilibrer un budget.

“Nous n'avons plus qu'un seul levier d'augmentation des recettes : l'impôt sur les ménages. C'est pour cela j'ai pris cette décision, avec regret, d'augmenter de 1,8% la taxe sur les ménages. Pour un foyer de 4 personnes, avec des revenus moyens, cela fait environ 40 € par an. Ce n'est pas du matraquage fiscal !

Si l'on regarde dans la durée, nous aurons augmenté les charges fiscales de 10 % en dix ans. Nous n'avons pas augmenté les impôts dans cette collectivité entre 2010 et 2014. Nous n'avons pas de leçon à recevoir en terme de gestion, d'ailleurs, la Cour des comptes a parlé d'une bonne gestion à notre égard et nous a fait des remarques sur un certain nombre de nos choix. Des choix dont nous pouvons être fiers.

Nous faisons trop de dépenses sociales ? Dont acte ! C'est un choix, le choix de notre engagement.

Rendre de meilleurs services aux habitants, cela nécessite donc des dépenses. Je réfute les termes de gabegie, d'être taxé de dépensier. Nous sommes très rigoureux sur les dépenses publiques et il faut continuer à l'être. Nous allons proposer effectivement une augmentation de 1,8 % des impôts locaux. Nous le faisons pour préserver l'avenir. Tout change dans cette ville !

Nous sommes dans une ville en pleine évolution démographique, avec de nombreux projets, avec de nouveaux moyens de transport, cela implique de la collectivité de s'engager. C'est un choix, et nous l'assumons.

Dans certaines villes, il y a peu de dépenses, mais aussi peu de services ! Nous sommes une ville populaire, avec des populations qui ont des revenus modestes. C'est notre devoir, notre rôle de les accompagner, de la crèche jusqu'à la maison de retraite.

La priorité à la jeunesse, nous l'assumons ! Notre ville doit être attentive à la jeunesse qui demande des moyens pour l'éducation, la santé… Nous voulons que les habitants soient le plus heureux possible. C'est le sens de cette gestion municipale, du vote de ce soir.”

À 21 heures, le budget, section par section, est adopté, puis le budget global.

Documents officiels

Page publiée le 15 janvier 2020 - Mise à jour le 15 janvier 2020