MAC VAL : Vingt ans d’art au service du territoire
Publié le 05 juillet 2025 Modifié le 05 novembre 2025
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Son histoire débute bien avant sa construction. En 1982, le Val-de-Marne décide de soutenir la création artistique par l’acquisition d’œuvres destinées à constituer le Fonds départemental d’art contemporain (FDAC). À mesure que la collection grandit et s’expose dans les bâtiments publics, une idée naît. Un musée d’art contemporain au cœur de la banlieue ? Il a fallu de la volonté et de la persévérance pour y aboutir, notamment celle du président du conseil départemental, Michel Germa, dont le jardin porte le nom.
“Enfant, j’entendais dire : « sur ce terrain, il y aura un musée ». Et au bout d’un moment, il est apparu. C’était formidable ! Il faut rêver pour qu’un jour les choses soient réelles”, se souvient Sophie Germa, sa fille, élue de Vitry à la Culture de 2008 à 2014.
De vastes salles aérées, de larges ouvertures et un grand jardin, l’architecte Jacques Ripault dessine un bâtiment moderne. Le MAC VAL est inauguré en novembre 2005. Le succès est immédiat, en trois jours, 12 000 visiteurs franchissent ses portes. “L’art contemporain en France des années cinquante à aujourd’hui”, telle est la devise développée par sa première directrice, Alexia Fabre. Grâce à une programmation culturelle pluridisciplinaire, le musée fait aussi entrer d’autres formes d’art pour éclairer la collection. “On vient aussi pour découvrir un univers, une ambiance, observe Joana Idieder, responsable communication.
Un observatoire de l’art
C’est un observatoire de l’art qui se fait au quotidien, un lieu d’imaginaire en lien avec son territoire et les grands enjeux de son temps.” La politique d’exposition temporaire se veut donc plutôt thématique et éclectique, de Chercher le garçon, qui questionnait – déjà – en 2015 la masculinité et ses stéréotypes, à Faits divers, qui vient tout juste de clore ses portes. De grands sujets plutôt que de grands noms ? Cette volonté n’empêche pas les monographies d’artistes reconnus, et surtout symboliques de périodes-clés, tels Jacques Monory lors de l’ouverture, et la première en France de Jean-Luc Verna en 2016. Les Vitriotes et les vitriots se souviennent peut-être aussi d’Ad Nauseam, de Tania Mouraud, exposition qui questionnait, en 2014, la destruction par l’homme de sa propre histoire, dans les salles, sur les façades et sur plus de 70 panneaux d’affichage. En 2022, Nicolas Surlapierre reprend la tête du musée et lui donne une nouvelle direction, vers l’histoire de l’art, une manière renouvelée d’aborder la création contemporaine. Et à partir de novembre prochain, le MAC VAL nouera un partenariat très particulier avec le centre Pompidou, qui sera lui bientôt fermé pour cinq ans de rénovation. Une fois par an, le cabinet d’art graphique de l’institution parisienne proposera une exposition à Vitry.
De l’art et des liens
Musée départemental, le MAC VAL se tourne dès son ouverture vers sa ville d’adoption et ses habitantes et ses habitants, grâce à une politique tarifaire avantageuse, un jardin ouvert et un centre de documentation en libre accès accueillant les enfants. Il a aussi été l’un des précurseurs à inviter les bébés. Et chaque année, les écoliers visitent les expositions ou participent à des ateliers.
“C’est un musée qui accueille à toutes les étapes de la vie, défend Céline Latil, responsable du centre de documentation. C’est primordial de participer à l’éveil artistique et culturel. Tous les jours, le musée est investi par les jeunes. Il participe de la dynamique de la ville. C’est un lieu de vie qui dépasse son seul projet artistique.”
Et parmi tous les enfants qui le fréquentent, des vocations naissent. “Je l’ai vu se construire, se remémore l’artiste vitriot Lassana Sarre, qui participe à l’exposition collective Forever Young, célébrant ce vingtième anniversaire. Au début, on joue dans les installations parce qu’on s’y sent bien, puis on regarde autour. Ça a beaucoup de sens que des enfants puissent avoir accès à la culture ici. Ce musée a totalement influencé mon envie d’être artiste. J’ai un tableau qui provient de ce souvenir et qui s’intitule : Courir pour être curieux.” Forever young présente, jusqu’au 4 janvier 2026, vingt jeunes talents qui s’emparent des thèmes de notre époque grâce à une pluralité de moyens d’expression. Parmi eux, plusieurs représentants vitriots, tels Coco De RinneZ, Yann Estève, Tohé et Grichka Commaret.
“Nous avons construit l’exposition avec des jeunes artistes qui ont un rapport personnel avec le MAC VAL, présente Frank Lamy, commissaire de l’exposition et chargé des expositions temporaires depuis l’ouverture. Ça a été leur terrain de jeu. Lors de l’accrochage, ils échangeaient des souvenirs d’enfance. C’est le signe qu’il n’est pas qu’un musée. Il a construit une relation avec les gens qui vivent autour. Il a exercé une influence sur ces artistes. Cette exposition est un miroir du travail que les équipes ont effectué durant vingt ans.”
Kevin Gouttegata