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Commerces de proximité : diversité et qualité

Le lien créé avec les commerçants, leur accueil, la qualité et la variété de leurs produits et services impactent le quotidien des habitantes et des habitants. La ville les accompagne pour permettre le développement d’une offre commerciale plus diverse et qualitative.

Publié le 23 décembre 2025 Modifié le 04 février 2026

Temps de lecture estimé : 9 min

À Vitry, comme dans d’autres ville de la région, le commerce de proximité est durement fragilisé par les nouvelles habitudes de consommation en ligne et la présence de grands centres commerciaux environnants au Kremlin-Bicêtre, à Thiais, à Créteil ou à Paris…  tous accessibles en une dizaine de minutes en voiture ou en transports.

Le commerce à Vitry

Avec un commerce pour 122 habitants, la ville de Vitry affiche une densité commerciale légèrement inférieure à la moyenne observée dans les communes franciliennes (un commerce pour 100 habitants).

Trois secteurs sont surreprésentés : les cafés-hôtellerie-restauration avec une prédominance du fast-food, l’hygiène et la beauté avec de nombreux coiffeurs et pharmacies, et enfin l’alimentaire. À l’inverse, la ville manque de commerces dédiés à la culture ou aux loisirs. Pour autant, le tissu commercial vitriot présente des atouts réels : 92 % des commerces sont indépendants, témoignant d’un ancrage fort et d’une identité affirmée.

Notre objectif est de permettre aux Vitriotes et Vitriots d’accéder facilement à une offre variée, de qualité et répartie sur l’ensemble des quartiers. Pour cela, la ville agit à la fois pour préserver les commerces existants et pour favoriser l’arrivée de nouvelles activités, en veillant au maintien d’une diversité.

Valentin Ierg
Adjoint au maire délégué au Développement local et sportif

Soutenir et diversifier l’offre

Au quotidien, la ville tente d’accompagner les commerçants dans les différentes problématiques rencontrées.  À ces actions quotidiennes s’ajoute un travail de longue haleine pour permettre le développement de commerces plus diversifiées, qualitatifs et accessibles.

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Portraits de commerçants

Derrière les sourires, il y a souvent des parcours de vie menés avec détermination. Elles et ils racontent comment l’idée de départ est devenue projet, puis réalité.

Benoît Dubost et Olivier Galland – Citibike 94, magasin de cycles

Olivier et Benoît se sont rencontrés à un moment où ils étaient tous deux en pleine reconversion professionnelle. Le premier, villejuifois, a été responsable de communauté chez Emmaüs puis directeur d’établissement dans le secteur du handicap. Benoît, lui, a passé dix ans à la Société du Grand Paris. Ce passionné de voyages – plus jeune, il a rejoint le Cambodge à vélo – décide finalement de se former au métier de technicien cycle. Objectif : ouvrir un magasin Citibike près de chez lui. “J’ai trouvé ce local à Vitry. Olivier est venu, pendant les travaux, avec la même idée”, se souvient-il. Trois heures de discussion plus tard, ils décident de s’associer. Ouverte en janvier 2023, la boutique propose une quarantaine de modèles électriques, une multitude d’accessoires et un atelier de réparation pour tous types de cycles. Trois ans après, le tandem semble avoir trouvé un équilibre. “Avant d’entreprendre, on ne se rend pas compte de ce que ça suppose”, confie Olivier, heureux d’avoir entrepris cette aventure à deux. Derrière lui, Benoît, les mains dans le cambouis, se réjouit de voir des habitués revenir régulièrement. “On a misé sur la proximité”, poursuit-il. Et Olivier d’ajouter : “Certains sont même devenus des amis !” Bref, une affaire qui roule.

Citibike 94, 8, boulevard de Stalingrad

Anjuli Arora – Le Bien fait, fromagerie

C’est en répondant à un appel à candidature de la mairie qu’Anjuli a trouvé sa boutique. “C’était une ancienne serrurerie, en ruine. Mais j’ai aimé les baies vitrées, la rue très passante, j’ai tout de suite vu le potentiel.” Après de gros investissements – chambre froide, cave d’affinage, vitrines réfrigérées – et avec la complicité de Léa, une architecte du quartier, la jeune femme inaugure son commerce en septembre 2022. “Le fromage, ça m’a donné une nouvelle vie en France !” explique Anjuli, qui a longtemps vécu au Canada, où elle a fait son école de cuisine. Il y a dix ans, elle débarque à Paris grâce à un chef cuisto. Puis elle travaille pour un fromager réputé, meilleur ouvrier de France. En parallèle, elle emménage à Vitry et désespère d’y trouver du bon fromage. Germe alors l’idée de créer son propre commerce. “Aujourd’hui, je connais tous les producteurs présentés en rayon” : galet de Chartreuse, brebis basque, raclette suisse, gorgonzola d’Italie. Pour la seconder à la boutique, elle a embauché Miriam, qui vient du Bénin, et Milad, d’origine iranienne. Anjuli n’imaginait pas que cette histoire de fromages à Vitry la ferait autant voyager.

Le Bien fait, 10, av. Paul-Vaillant-Couturier, 10h-13h30 et 15h30-20h, fermé le lundi, assortiments/planches de fromages de différentes tailles sur demande

Julien Ait, Le Monde marche – restaurant du MAC VAL

C’est ici, au resto du MAC VAL, qu’il avait passé son tout premier entretien d’embauche, en tant qu’apprenti. “Pas retenu à l’époque !” s’amuse Julien. Le voilà qui revient dix ans plus tard, cette fois en tant que chef, à seulement 24 ans. Originaire de Vitry, passionné de cuisine, Julien est repéré par Hugo Jean-Marie-Désiré, plus jeune chef étoilé de France. “J’ai travaillé à ses côtés à la Pétanque, au Port-à-l’Anglais, puis à Clamart et maintenant ici au resto du musée, qu’Hugo a repris il y a un an avec trois associés.” Cette fois, c’est à Julien de tout composer. “Ça m’éclate de découvrir des saveurs, d’essayer !” La carte est simple, mais la cuisine, de saison, change chaque semaine. “J’ai créé par exemple cette ganache de panais, crémeux citron et clémentines rôties. Un peu extravagant, ça me ressemble !” Mais il y a aussi un plat végétarien et un burger pour satisfaire tout le monde. Julien et son équipe servent une quarantaine de personnes au déjeuner et veulent doubler la mise. La grande salle design et la terrasse sont privatisables. “J’ai déjà cuisiné pour des mariés et 150 invités, je ne demande qu’à recommencer !”.

Le Monde marche, 18, av. Eugène-Pelletan, mardi au dimanche 12h-14h, privatisation, mariages, anniversaires sur demande

Christèle Petit – Maison Petit, boulangerie

Elle voulait être coiffeuse, mais son père a dit non. Voilà quarante-trois ans que Christèle, brushing et sourire impeccables, œuvre dans la boulangerie héritée de sa famille. “Et faut croire que j’aime ça : de 5 h 30 à 20 heures, je ne m’assois pas !” A ses côtés, son mari, Éric, “un petit jeune venu faire un essai lors d’une permission de service militaire”. Il a épousé le métier et la fille du boulanger. En ce moment, Éric ne dort presque pas pour préparer les fêtes : chocolats, guimauves, décors des bûches avant d’attaquer à l’aube le pain. Le secret de la Maison Petit ? La continuité, peut-être. Depuis toujours, la farine est achetée à un meunier du Mans, “un ami, dit Christèle, on était même à son mariage”. Et la relève est assurée, avec Capucine, la fille de Christèle, et son compagnon Julien, aussi boulanger. Tous ensemble, ils gagnent des concours, meilleures baguettes ou galettes des rois. Et désormais, les jeunes tiennent la boutique le week-end, avec leur petite Camélia dans les pattes. “Bo’jour m’sieurs dames !” : à 2 ans, elle a déjà le sens du commerce.

Maison Petit, 77, rue de Choisy, 7h-19h30, fermée mercredi et jeudi

Makan Sacko – Papy’z Burger, restaurant

Depuis un an, la pizzeria Il Mulino Verde a un nouveau voisin. Le Papy’z a ouvert ses portes le 23 décembre 2024, comme un cadeau au pied du Moulin-Vert. “Ça fait plus de quinze ans qu’il n’y avait rien dans ce local, rien n’était aux normes… On a tout refait de A à Z !” se souvient Makan. Lui et ses associés, Adel et Neas, sont des enfants du quartier. Ils ont voulu participer à la vie du voisinage, dans un coin où les commerces se font rares. “Ici, c’est comme un petit village, on a un esprit de famille et on respecte les anciens.” D’où le nom Papy’z. Makan et ses associés mettent un point d’honneur à ce que tout le monde s’y sente chez soi. Et quoi de mieux que de la street food pour parler au plus grand nombre ? Le resto revisite le smash burger à sa façon, avec des compositions originales et des sauces, faites maison. “On a voulu redonner goût au vrai burger, celui qu’on savoure !” Des sandwichs évoquant la cuisine de différents pays “pour recréer de vrais univers gastronomiques” sont aussi proposés. Après un an d’existence, la recette semble fonctionner… Et les élèves de Chérioux, où les trois amis ont étudié, le confirment à chaque pause déjeuner.

Papy’z Burger, 1, rue des Trois-Frères-Mimerel

Édouard Guyot – Boucherie Guyot

Édouard Guyot se voyait travailler dans les métiers de la cuisine. Mais après deux ans d’apprentissage, le constat est sans appel : « J’ai fait une saison dans un grand restaurant et ça s’est mal passé ». Alors, il préfère se réorienter et attaque des études dans la boucherie. Plein d’ambitions, le jeune diplômé quitte l’Orne (61), son département natal, pour poser valise en Île-de-France. Arrivé en octobre 2000 en tant qu’employé, Edouard devient patron en 2004 après le rachat de la boutique. Cela fait maintenant vingt-cinq ans qu’il exerce à Vitry-sur-Seine avec des journées qui commencent très tôt : « Je vais au marché de Rungis deux fois par semaine. Je me lève sur les coups de 4h pour arriver à 5h. De retour à la boucherie, je prépare ma vitrine et mes commandes… et c’est parti ! ». Un travail qu’il partage avec un apprenti qui l’assiste pour la préparation de la viande. Mais il peut également compter sur sa fille, employée à la caisse, qui partage les journées de travail avec son père.

Boucherie Guyot, 44, avenue Paul-Vaillant-Couturier

Bons plans et cadeaux de Noël

Pour les fêtes, si on faisait nos emplettes en local ? C’est plus rapide et écolo, plus sympa et ça soutient les petits commerces....