La bibliothèque, un lieu à soi

À Vitry-sur-Seine, la bibliothèque Nelson-Mandela et ses complices, l’antenne du Port-à-l’Anglais, celle de la BCD Anatole-France et le bibliobus, sont des lieux garants de l’accès à la lecture pour tous et toutes, animés par des bibliothécaires, médiateurs de toutes les formes que la culture revêt et à l’écoute des évolutions de la ville.

Publié le 19 janvier 2026 Modifié le 12 février 2026

Temps de lecture estimé : 5 min

Plus qu’un service, un lieu de vie

Ce lundi en fin d’après-midi, le hall de la bibliothèque Nelson-Mandela bruisse d’une énergie communicative, bourdonnant de murmures, vibrant d’un va-et-vient régulier. Dans les cabanes installées au cœur de l’espace, ici une mère joue à un jeu de plateau avec ses enfants, là quelques jeunes filles consultent leur téléphone.

Des livres, disponibles à l’emprunt sont exposés, présentant la rentrée littéraire tandis qu’à l’accueil, deux bibliothécaires renseignent des usagers. C’est dans la qualité de ce contact avec l’espace et les personnes qui l’animent, que s’effectue le premier pas vers la lecture.

“La bibliothèque est le seul lieu culturel avec des modalités de fréquentation aussi libres et souples, explique Mathilde Panet-Tourne, la directrice. Vous pouvez vous installez sans être inscrit. C’est un lieu ouvert à tous et toutes, intégralement gratuit depuis septembre 2024. C’est un lieu de vie.”

Un esprit de convivialité à tous les étages comme en mezzanine de l’espace jeunesse après quelques travaux de rénovation.

“La première chose qui m’a marquée, raconte Clara, maman de deux enfants, c’est cette lumière qui parcourt la pièce, ça remplit l’âme ! L’ergonomie est très agréable, les enfants découvrent les livres en autonomie. C’est confortable, accueillant et j’ai pu rencontrer d’autres parents avec lesquels maintenant j’échange souvent.”

Découvrez les coulisses de la bibliothèque avec sa directrice Mathilde Panet-Tourne !

La bibliothèque en action

Pour parfaire cette hospitalité, le lien à la lecture s’organise également autour de multiples propositions.

Parfois ponctuelles, elles accompagnent un événement, comme lors des Nuits de la lecture, ou encore pendant l’été lorsque livres et bibliothécaires s’installent dans les parcs pour “Partir en livres”.

Spectacle entre musique et conte lors de l’édition 2025 des Nuits de la lecture à la bibliothèque Nelson-Mandela.

Parfois régulières, ces animations peuvent s’adresser à un public précis, des lectures en direction des 3-6 ans le mercredi matin avec « Le temps des histoires« , aux plus âgés le jeudi matin avec les cafés lectures, en passant par les ados qui, chaque mois, se retrouvent pour « Les rendez-vous de Nelson« .

En outre, toutes les semaines, la bibliothèque et ses antennes accompagnent les enfants dans leur découverte des livres en recevant des groupes des centres de loisirs et de quartier, des crèches et écoles, ou en se déplaçant dans les structures.

941 accueils pour des actions éducatives, culturelles et sociales, se déroulant majoritairement en dehors des heures d’ouverture, ont ainsi été menées en 2025, auxquelles s’ajoutent quelque 297 animations tout public !

Lutter contre les inégalités sociales

Les jeunes, l’une des catégories les plus assidues, investissent les lieux et s’y retrouvent.

“C’est pour eux un lieu entre l’école et la maison”, souligne Mathilde Panet-Tourne. Une manière de lutter contre les inégalités sociales en leur offrant un cadre agréable, propice au travail en groupe, mais également confortable pour la lecture en solitaire.

Lorsqu’ils empruntent des ouvrages, les jeunes plébiscitent les mangas et les BD dont les étagères foisonnent. Car fréquenter une bibliothèque, c’est bien sûr découvrir des collections. Des rayons chargés de livres qui se réorganisent régulièrement, comme l’illustre l’agrandissement de l’espace BD et la création d’un pôle fiction plus fourni, regroupant romans, poésie et théâtre.

Émilie et Maell, bibliothécaires, ont créé un rayon Young Adult pour accompagner l’engouement dont bénéficie cette littérature auprès des 15-25 ans. Comme dans chaque rayon, tous les ouvrages sont disponibles au public, parfois directement, parfois rangés en réserve faute de place, qu’il faudra alors demander à une bibliothécaire. Une occasion d’accompagner les lectures par une discussion.

“Nous sommes des médiateurs, précise Émilie. Nous faisons le pont entre les usagers et les documents culturels.”

200 000

C’est le nombre total de documents que compte la bibliothèque, avec en majorité des livres, mais aussi des revues, CD, DVD, partitions, jeux vidéo. De quoi contenter les 15 881 inscrits, dont une très large majorité de Vitriotes et des Vitriots.

Quand un livre vient à vous

“Ici, poursuit Maell, nous amenons l’usager vers le document. Mais nous amenons également le document à l’usager, par exemple avec des rondes de livres dans les établissements du secondaire.”

Faire circuler le livre, à l’image des tournées du bibliobus, qui apporte une sélection choisie d’ouvrages pour chaque âge. Proposer des espaces décentrés à l’instar de l’antenne de la bibliothèque au Port-à-l’Anglais, lieu fourni en livres pour tous les âges, ou de la BCD, adossée à l’école Anatole-France dans le quartier Balzac, qui propose albums et BD pour les enfants.

Depuis quelque temps, la bibliothèque a mis au point un système de portage à domicile pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer. Il suffit de fixer un rendez-vous téléphonique avec un bibliothécaire pour organiser la sélection de livres et son portage.

Cette volonté de toucher tous les publics débouchera en cours d’année, sur une innovation : la modification du sas à l’entrée de la bibliothèque, qui permettra aux usagers le souhaitant de pouvoir rendre leurs documents en dehors des heures d’ouverture.

Sylvaine Jeminet