Des vacances au service des autres

Durant les vacances d’hiver, des adolescents du centre de quartier du Moulin-Vert se mobilisent pour soutenir les plus précaires. Après une opération collecte de dons, les jeunes volontaires avaient rendez-vous sur les quais de Seine pour une distribution de vêtements et de nourriture auprès des sans-abris.

Publié le 04 mars 2026 Modifié le 05 mars 2026

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La Seine a inondé les berges. Les arbres ont les pieds dans l’eau. Sur la petite partie encore émergée du quai, le feu crépite dans un brasero de bidon rouillé sur lequel est posée une grille où crépitent des morceaux de poulet. Juste à côté, des tentes et des valises jonchent le sol, alors que quelques personnes sont agglutinées sous un barnum, unique abri qui les protège de la pluie.

« Bonjour, nous faisons une distribution de nourriture et de vêtements, est-ce que cela vous intéresse ? » leur lance Meziane.

L’adolescent, un peu intimidé, est accompagné de trois camarades et de deux animatrices du centre de quartier du Moulin-Vert.

Âgés entre 14 et 15 ans, ces jeunes avaient lancé lors des vacances de Noël une première tournée de maraude dans le quartier du Moulin-Vert. En ce mois de février, le groupe a cette fois choisi de cibler les quais de Seine de Vitry où vivent de nombreux sans-abris. Depuis leur appel au don lancé en novembre, ils ont récolté une grande quantité de produits issus principalement des commerçants et des habitants du quartier du Moulin-Vert. « On a reçu des tonnes de nourriture et de vêtements », précisent-ils.

Dans leurs sacs cabas, on trouve des gants, des bonnets, des pulls, des conserves, des biscuits, ainsi que des produits d’hygiène que les jeunes ont soigneusement triés au préalable. Ils ont aussi été formés par les animateurs du centre de quartier à se présenter et à aborder les personnes.

« On veut montrer que les adolescents agissent aussi, souligne Masten. Durant la maraude on voit la vie qu’on ne connaît pas. Grâce à nos parents on a une belle vie, mais là on voit des gens qui vivent avec le strict minimum et ça fait beaucoup réfléchir. »

Sous leur barnum, les sans-abris reçoivent avec gratitude les colis que leur tendent les quatre adolescents. En repartant, ces derniers jettent encore quelques coups d’œil au quai presque submergé et ne peuvent s’empêcher d’être étonnés par la rusticité de telles conditions de vie, se promettant de revenir la semaine suivante pour apporter de nouveaux colis.

Weilian Zhu