Prévenir le cancer colorectal
Publié le 08 avril 2026 Modifié le 14 avril 2026
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Devant l’église, une énorme structure gonflable à la couleur rosâtre ne laisse pas indifférents les nombreux passants en ce samedi de marché. « Bonjour Monsieur, nous faisons une sensibilisation sur le cancer colorectal », lance le docteur Jérôme Aubertin, président de la CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) de Vitry-sur-Seine, à un passant, tout en l’invitant à visiter la structure.
Celle-ci représente l’intérieur d’un côlon géant où poussent des formes de champignons plus ou moins grands. « Ce sont des polypes, expose le docteur. Ils peuvent potentiellement devenir cancéreux, et le dépistage permet de les détecter et de prendre les mesures nécessaires pour les enlever. » À côté de la structure gonflable, une infirmière s’entretient avec des passants et leur offre des kits de dépistage.
Un test simple et rapide qui peut vous sauver la vie
En France, le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier avec 17 000 décès par an et plus de 47 000 nouveaux cas chaque année. Pourtant, sa détection suffisamment tôt permet de guérir dans 9 cas sur 10. « Beaucoup pensent qu’il s’agit d’un toucher rectal », précise le docteur Aubertin. En réalité, le test se fait à la maison, dans les toilettes, sans assistance, et consiste à prélever un échantillon des selles et à l’envoyer au laboratoire pour analyse.
Normalement, toutes les personnes, hommes et femmes, âgées de 50 à 74 ans, sans symptômes ni antécédents, reçoivent tous les deux ans un courrier de l’Assurance maladie qui les invite à retirer gratuitement un kit de dépistage en pharmacie. « Mais on a constaté que les gens n’ouvrent pas le courrier ou utilisent un kit expiré ou ne souhaitent tout simplement pas connaître le résultat du test », indique Rose Faye, chargée de projets promotion de la santé à la ville. En terminant ses courses, une dame s’arrête devant le stand.
« J’ai pu détecter mon cancer grâce à ce kit, assure-t-elle. C’était en 2010. On m’a enlevé le polype et, depuis, je suis suivie à l’institut Gustave-Roussy. Il faut se dépister ! »
Weilian Zhu