Changer le regard sur le handicap
Publié le 09 avril 2026 Modifié le 14 avril 2026
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Une pluie fine et un vent plutôt frais pour la saison cisaillent le visage en cet après-midi du 1er avril. À l’intérieur de la maison d’accueil spécialisée (Mas) Anne-et-René-Potier, l’ambiance est bien plus agréable. Dans une salle carrée du premier étage, le climat est encore plus feutré, presque studieux.
Quatre des 30 résidents internes sont en train de participer à un atelier manuel : de la peinture sur différents supports et avec des techniques variées. Malgré les difficultés à l’expression orale, ils arrivent à se faire comprendre par trois ados de 12 ans, venus du centre de loisirs de quartier les Montagnards pour partager ces activités pendant deux heures cet après-midi-là.
Cette collaboration entre la Mas et certains centres de la ville est née l’année dernière :
«On a commencé ce projet en février 2025, il s’agit de faire se rencontrer les résidents qui le souhaitent avec des jeunes. Cela fait du bien à tout le monde, aux résidents de voir des jeunes qui viennent de l’extérieur et aux adolescents de voir que, finalement, on peut jouer, réaliser des activités avec des personnes porteuses de handicap », nous explique Nisrine Mamouni, monitrice-éducatrice auprès de la structure située dans la très calme rue Cujas.
Casser les préjugés et tisser des liens
Sur la table, le matériel amené par Rayane Segura, directeur du centre, est composé par des couleurs spray aux tonalités très joyeuses, des feutres, des feuilles de papier blanc, quelques toiles carrées, mais aussi des perles et fils en plastique pour fabriquer des bracelets. De grands rires éclatent de temps en temps pour souligner la satisfaction, les émotions des résidents à la fin d’un dessin, d’un bracelet composé avec des perles qui forment les prénoms des participants à l’atelier.
Quelques « mots marottes » répétés plusieurs fois soulignent la confiance, le lien créé entre les adolescents et les résidents : « Parfois, c’est eux qui viennent chez nous au centre, en tout cas, c’est quelque chose qui se fait naturellement désormais. On n’a jamais obligé personne à participer, les adolescents choisissent librement et les échanges se passent de façon fluide », confie Rayane Segura, qui accompagne Mohamed, Ratil et Neila, tous âgés de 12 ans.
Si pour Mohamed ce n’est pas la première fois, pour Neila et Ratil cette sortie est une grande première :
« On a bien aimé, on va sûrement revenir. On aime bien aider les gens qui en ont besoin et, finalement, ils sont comme nous ! » expliquent-ils, presque d’une seule voix.
Ces visites se poursuivront donc « peut-être pas chaque mercredi, mais de façon très assidue, on essaye de fixer les rendez-vous au fur et à mesure. Elles sont très utiles aussi pour casser des préjugés sur le handicap », ajoute Nisrine Mamouni, en amenant des gâteaux et des boissons dans la salle pour terminer par un goûter, tous ensemble.