Rencontre avec Rafik Badis

Figure bien connue à Vitry, Rafik Badis est à l’affiche de « Repose en paix, si tu peux ! », un long-métrage réalisé par Michel Nogara et Charly Ongolo. Pour l’occasion, une ciné-rencontre aura lieu le 28 avril à 20h aux 3 Cinés Robespierre, en présence d’une partie de l’équipe du film. Une belle aventure humaine qui ne fait que commencer.

Publié le 20 avril 2026 Modifié le 20 avril 2026

Temps de lecture estimé : 3 min

Comment est née l’idée du film et pourquoi cette thématique ?

Tout est parti du covid. Il y avait ces personnes qui partaient par centaines à cause de la maladie. Et si ça nous arrivait, où est-ce qu’il faudrait nous enterrer ? Étant issus de l’immigration, nous nous sommes posés et nous avons décidé d’en faire un long-métrage. Et, à bien y regarder, c’est une interrogation universelle, peu importent nos convictions, nos croyances ou notre culture. La mort est un sujet tabou, mais rien n’empêche de l’aborder de façon légère. Même lorsqu’on travaille en Bretagne, mais qu’on est originaire du sud de la France, où se faire inhumer ?

Comment s’est passé le tournage ?

Il s’est extrêmement bien déroulé ! La majeure partie des plans a été tournée à Grenoble, la ville dont sont originaires les réalisateurs. Ils connaissaient très bien les lieux. Nous avons posé nos caméras dans un lieu particulier : le village olympique. Conçu à l’origine pour les JO d’hiver de 1968, les infrastructures sont devenues des logements pour des familles africaines, italiennes ou encore maghrébines. Les figurants sont des vrais habitants de la cité. Nous avons expliqué que notre projet n’était pas du tout un film ghetto ou un reportage « à la Zone interdite ». Nous avons tenu à montrer la vérité des choses avec de la figuration naturelle.

C’est une fierté de venir présenter le film à Vitry ?

J’ai beaucoup d’attaches à Vitry. C’est ici que j’ai découvert le théâtre au centre de quartier du square de l’Horloge. À 14 ans, j’étais timide, et l’improvisation et la comédie m’ont permis de me découvrir. Plus tard, je suis devenu animateur auprès de jeunes et j’ai transmis cet amour du théâtre et de l’expression orale. La scène, ça permet même aux plus timorés de prendre la parole et de s’affirmer. C’est un bagage que l’on garde avec soi, même quand on va à un entretien d’embauche, par exemple. C’est ce que Vitry m’a transmis, et j’ai bouclé la boucle en quelque sorte.

Ciné-rencontre « Repose en paix, si tu peux ! » le 28 avril 2026 aux 3 Cinés Robespierre, séance en présence du réalisateur, Charly Ongolo, et de Samia Orosemane, Walid Ben Mabrouk, Sylvie Yoffou et Rafik Badis. Tarif unique : 5€.

Jérôme Robert

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