1er mai : un symbole à défendre
Publié le 29 avril 2026 Modifié le 29 avril 2026
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Héritière des luttes ouvrières de la fin du XIXe siècle, notamment du combat pour la journée de huit heures, et des affrontements de Chicago en 1886*, cette journée internationale de lutte des travailleurs, rappelle chaque année que la défense des droits est un combat collectif à poursuivre.
Ainsi le démontre la tentative récente de remettre en cause le caractère chômé du 1er mai, notamment via une proposition de loi visant à autoriser le travail dans certains commerces. Le fait que ces remises en cause n’aient pas abouti – grâce à la mobilisation des syndicats – ne signifie pas que la question soit définitivement tranchée.
« On peut se réjouir d’avoir remporté une victoire mais le parti présidentiel Renaissance a toutefois annoncé que la loi reviendra sous une autre forme, veille Isabelle Voisin, trésorière et administratrice de l’Union locale CGT de Vitry. Nous sommes hostiles à ce que le 1er mai devienne un jour banal. C’est une journée exceptionnelle qui rassemble les travailleurs du monde entier dans le respect des luttes passées et la conquête de nouveaux droits. Nous irons le plus loin possible dans la lutte pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. C’est une lutte de civilisation pour faire advenir un système qui porte davantage d’égalité et de justice sociale. »
Le symbole d’une lutte fraternelle face aux crises mondiales
La poursuite des revendications salariales collectives parait d’autant plus légitime face aux bouleversements auxquels fait face le monde du travail : de l’essor du travail indépendant qui fragmente le salariat à l’intelligence artificielle qui menace une partie du travail lui-même en passant par la stagnation des salaires et l’inflation qui diminuent le pouvoir d’achat des travailleurs.
Au niveau géopolitique, la montée de l’extrême droite comme les conflits armés qui se multiplient font aussi peser de graves menaces. Ces questions seront donc à l’ordre du jour de ce 1er mai 2026. Car maintenir la paix, c’est maintenir des conditions de vie dignes :
« Un thème majeur de cette année sera la recherche de la paix et la réaction contre l’internationale d’extrême droite qui se solidifie et obtient des victoires. Face à cela, il faut que perdure cette solidarité internationale des travailleurs. Une délégation se rendra en Italie à Bologne pour maintenir la mémoire historique de la lutte contre le fascisme. Et cet été, une délégation ira à Liverpool pour une manifestation antifasciste et à Belfast pour célébrer l’implication des travailleurs dans la réconciliation des communautés. »
Seul jour férié obligatoirement chômé et payé en France, le 1er mai cristallise donc les tensions contemporaines qui traversent le monde du travail.
Et si plutôt que de vouloir le supprimer, on profitait collectivement de ce jour chômé pour repenser le travail du point de vue des aspirations sociales de ceux qui le font, au moins une fois dans l’année ?
Kevin Gouttegata
Manifestation du 1er mai à Paris au départ de la place de la République à 14h. L’Union Locale de Vitry de la CGT mènera une campagne d’affichage dans la ville cette semaine.