Rafik Badis, le fabuleux destin d’un gamin de Vitry
Publié le 02 juin 2026 Modifié le 21 juillet 2026
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La rencontre ne pouvait avoir lieu que dans une salle de cinéma. A peine en retard, Rafik Badis descend les marches des 3-Cinés Robespierre, paire de Jordan 7 aux pieds. Il traverse le hall et s’installe dans un fauteuil rouge. La veille au soir, son film « Repose en paix…si tu peux ! » a fait un tabac ici-même.
« C’était incroyable tous ces sourires et cette bienveillance. C’était comme ça en Bretagne, dans le 93 et partout où on est passé », sourit avec fierté le Vitriot.
A bien y regarder, ce n’est que l’aboutissement d’un parcours dédié aux planches et à l’amour du bon mot. Un chemin de vie qui commence en 1976, lorsque l’intéressé voit le jour dans le 13e arrondissement. Mais c’est bien dans le 94 qu’il fait ses classes.
Un parcours dédié aux planches
Enfant plutôt sage, « avec l’esprit vif et toujours dans l’observation », Rafik Badis grandit dans une famille heureuse. Dehors, il cherche sa place. Et puis, il y a ce père. Un homme droit, amoureux de la langue française et adepte des calembours.
« En 6e, j’ai la révélation. Je vois les gens admirer mon papa. C’est un joyeux luron et il fait le show. Il devient mon modèle », explique l’acteur.
Alors, il lit Le Cid et les pièces de Molière. Sans le savoir, l’adolescent est sur le point de se prendre la claque de sa vie. Au centre de loisirs du Square de l’Horloge, un atelier théâtre animé par Thierry Laurent change sa trajectoire. Rafik Badis se prend au jeu de l’improvisation.
« Timoré au début, je me redécouvre. A 15 ans, on se produit même à Avignon avec une pièce intitulée Le Procès de la galère », se remémore le comédien.
En plus de l’école, du futsal et du centre de quartier, il commence à gratter dans son coin. Des morceaux de vie où l’humour encapsule déjà des messages beaucoup plus forts. A 18 ans, il passe son BAFA pour transmettre sa passion à des jeunes comme lui. Armé du caméscope familial, il met en scène les enfants qu’il accompagne dans son travail. Il finira par devenir coordinateur artistique.
De la scène à la réalisation
En parallèle, il s’inscrit à ses premiers castings. Des expériences aussi clichées que décevantes. « On était à l’ère des minorités avec des rôles stéréotypés de voleur de vieilles », soupire Rafik Badis. De fil en aiguille, il décroche son premier rôle de figuration dans Seconde B, une sitcom à succès du début des années 90. Une expérience qui en entraînera d’autres jusqu’à l’arrivée du Covid.
C’est alors qu’il reçoit l’appel d’un de ses amis, Charly Ongolo, qui lui donne carte blanche pour relire le scénario sur lequel il planche. C’est la première version de « Repose en paix…si tu peux ! », une comédie douce-amère universelle. Rafik Badis devient co-auteur du film, en plus d’apparaître à l’écran, aux côtés de Waly Dia notamment.
« On n’a pas voulu un film Bisounours mais on a montré des choses belles dans un quartier populaire. Sans investissement majeur extérieur, j’estime qu’on a réussi à parler de la mort, de la double identité et de la famille, avec une grande tendresse », analyse l’homme de spectacle.
La suite de la vie du long-métrage ? « On recherche un distributeur pour le film et s’il y a une carte à jouer, il y aura peut-être une suite. »
Spoiler : elle est déjà en cours d’écriture.
Portrait réalisé par Jérôme Robert