Au théâtre Jean-Vilar, l’espoir se construit ensemble
Publié le 29 mai 2026 Modifié le 29 mai 2026
Temps de lecture estimé : 3 min
Il est 15h. Dans le hall du théâtre Jean-Vilar, une dizaine d’enfants de 8 à 11 ans de l’association Les Couleurs de la dalle présentent un conte musical qu’ils ont travaillé avec la metteuse en scène Malou Vigier. Placement de voix, confiance en soi, écoute du groupe… Le musicien Raphaël Callandreau et la chorégraphe Dalila Cortes réalisent avec eux les derniers ajustements avant la restitution du samedi 30 mai.
Quand le théâtre devient un lieu de rencontre
Puis, ces saynètes laissent place aux chants de plusieurs personnes résidant au centre d’hébergement d’urgence pour migrants (CHUM) à Ivry-sur-Seine. Cette structure accueille 450 familles et femmes isolées, primo-arrivantes, en demande d’asile ou dans le droit commun.
Massarat, Happiness, Inam, Eteri et Urgen répètent depuis février 2026. Il et elles sont Tibétaines, Géorgiennes ou encore Nigériennes. « Cette initiative a mobilisé des femmes qui ont souvent peu d’occasions de participer à des activités du fait d’être prises par leurs enfants ou par une formation. », se réjouit Elisa, animatrice socio-éducative au CHUM. Originaire de Géorgie, Eteri interprète notamment un chant dans sa langue maternelle : « Lorsque les grues s’envolent vers des contrées lointaines, elles regagnent bientôt leur terre natale ».
Le pari du lien social par la création
Plusieurs mois se sont écoulés depuis les premières ébauches de ce cabaret participatif. « Ces personnes arrivent avec un passé ardu et une culture différente. Des éléments auxquels je dois m’adapter, tout en m’interrogeant : que puis-je leur apporter par l’intermédiaire de l’art ? », raconte Malou Vigier, artiste compagnonne du théâtre Jean-Vilar.
Depuis le début, la metteuse en scène engagée anime ces ateliers à la dimension sociale, sollicitant l’imaginaire et les émotions. Mais elle a aussi cherché à créer des temps de rencontre, de dialogue, à proposer des temps d’échange, d’évasion, de mise en confiance. Ce projet est né d’une conviction profonde : il n’est pas d’avenir sans attention à l’autre, même s’il est différent. Les sourires de Happiness, d’Urgen, et les autres, ne trompent pas sur l’importance fondamentale d’un tel projet… ni sur les défis rencontrés pour le faire vivre.
Lise Laroye