L’héritage d’Elsa Olaizola
Publié le 30 juin 2026 Modifié le 30 juin 2026
Temps de lecture estimé : 4 min
A l’image de son (anti)-héroïne Soledad, guerrillera mexicaine apparue un soir dans son esprit avant de s’assoupir, Elsa Olaizola manie les mots comme des mitraillettes. Ses syllabes claquent, son débit vif déstabilise et son exaltation emporte.
« J’ai clairement vu Soledad dans ma tête : son prénom, son nom, son visage. Comme une illumination » plaisante l’autrice.
De cette image naît une histoire. Elsa souhaite explorer les relations familiales, la transmission, la violence, la question des peuples autochtones et la lutte contre la colonisation. Elle imagine rapidement un road trip aux Etats-Unis, multiplie les recherches à la bibliothèque Nelson-Mandela puis décide de partir sur place pour éprouver le parcours de ses personnages, découvrir les lieux dans lesquels ils évoluent.
« Je voulais plonger les lecteurs dans le réel et ça m’a permis de réaliser la force de l’impérialisme américain : cet environnement m’était déjà familier avant même d’y être allée. J’avais déjà toutes les images dans la tête à travers les séries, les films et les livres qui m’ont bercée. »
De Seattle au parc du Yellowstone, de Deadwood à la réserve de Pine Ridge, Elsa propose un véritable voyage initiatique dans lequel son protagoniste, Emiliano, adolescent mal dans sa peau aux antipodes des modèles masculins habituels, évolue tout en retraçant le parcours de sa mère. « Ce roman n’a rien à voir avec ma vie mais j’ai l’impression d’avoir fait une psychanalyse » confie-t-elle.
« Qui suis-je ? Quelle est la part d’identité héritée de ses parents ? Qu’est-ce qu’on veut transmettre ou ne pas transmettre à ses enfants ? Ce sont des questions que l’on se pose tous. » Une universalité qui a certainement incité la maison d’édition JC Lattès à publier L’héritage de Soledad, loin d’être le galop d’essai de la romancière vitriote.
En quête de sens et d’engagement
Elsa a commencé à lire et écrire très jeune. Lorsqu’elle est invitée à des anniversaires, la petite fille préfère se réfugier dans la lecture. Elle rédige rapidement ses premiers contes, puis adolescente, s’essaie au manga avec une amie douée en dessin. Enfant, elle grandit auprès d’un père basque, dirigeant syndical, et d’une mère militante qui l’emmène à ses premières manifestations. En quête de sens et d’engagement, la jeune femme travaille pour des ONG sur la question des droits humains. Elle œuvre notamment auprès d’une commission Vérité au Brésil.
« Je me souviens du témoignage d’un ancien prisonnier pendant la dictature. Il martelait qu’il fallait continuer le combat et ne pas lâcher. Ca m’a beaucoup marqué : l’importance de se battre face à un système qui nous oppresse et nous opprime. »
Après cette expérience professionnelle, Elsa intègre la radio RFI en tant qu’attachée de production. Un métier qui lui laisse le temps de se consacrer à sa passion.
« Ma priorité, c’est l’écriture » dit-elle sans ambages. La toute jeune maman penche déjà sur son prochain roman. Un nouveau voyage à retrouver en librairie dans quelque temps.