Éric Falcon, un physicien emporté par le tourbillon de la vie
Publié le 15 septembre 2026 Modifié le 15 septembre 2026
Temps de lecture estimé : 4 min
Au premier regard, ce laboratoire ressemble à bien d’autres : une paillasse couverte d’instruments, d’ordinateurs, de câbles… Pourtant, c’est là, dans l’immense ruche du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) que butinent les meilleurs physiciens européens partis à la conquête non pas des sommets alpins… mais de la nature intime de la matière. Parmi eux, le Vitriot Éric Falcon étudie ce qui relève de la physique non linéaire, celle englobant le chaos et les turbulences des fluides.
Des rivières aux tornades, la physique en mouvement
Comprendre le serpentage des rivières, le déferlement des vagues à la surface des océans, la naissance des tornades ou encore des dunes de sable… Voilà ce qui anime ce physicien d’une cinquantaine d’années. Reste – et ce n’est pas une mince affaire – à reproduire leur fonctionnement en laboratoire, pour faire progresser la connaissance.
Baignant dans cet univers comme un poisson dans l’eau, Éric s’amuse, jongle presque avec toutes ces notions ô combien complexes pour le commun des mortels ! Si bien qu’en 2025, l’Académie des sciences lui décerne le prix Joannidès pour l’ensemble de ses travaux. « Quel honneur ! », se souvient celui qui n’a jamais cessé de s’émerveiller devant les mystères de la physique.
Une vocation née au CERN
Né sur les pentes de la Croix-Rousse, à Lyon, Éric développe très tôt une fascination pour la nature. Plusieurs professeurs passionnés attisent sa curiosité. Puis, une visite de l’Organisation européenne de recherche nucléaire (CERN), près de Genève, confirme sa vocation. Après une thèse à l’École normale supérieure de Lyon, il se retrouve catapulté au CNRS en 1999.
Vitry, son havre de vie
Cette carrière scientifique pourrait sembler bien éloignée des rues de Vitry-sur-Seine. Et pourtant, c’est dans le quartier de la Ferme, où il vit depuis 2008, qu’Éric trouve un équilibre entre sa vie de chercheur et sa vie de famille, ancrée dans la ville.
« J’aime flâner dans les rayonnages de la médiathèque Nelson-Mandela, me promener au parc Joliot-Curie et au parc des Lilas. », raconte-t-il.
Sans oublier quelques rendez-vous hebdomadaires pour son fils : entraînements de tennis à l’Entente Sportive de Vitry et cours de batterie à l’association Crescendo, portée par Franck Ballier – l’ancien batteur de Johnny Hallyday !
Et si jamais son terrain de jeu venait à lui manquer, Éric trouverait bien sûr refuge à l’Exploradôme. Dans ce lieu qui ambitionne de faire découvrir les sciences aux enfants, on s’adonne à toute une série de manipulations. « La star de l’exposition est justement un déclencheur de tornade, l’un de mes sujets de prédilection. »
Un chercheur qui aime transmettre
Adepte des sports collectifs et grand passionné de musique, le physicien est aussi un rassembleur. « Je suis à la fois l’entraîneur et le capitaine de mon équipe de recherche. », résume celui qui a longtemps pratiqué le basket-ball. Une vision qu’il prolonge en partageant ses découvertes auprès du grand public, à travers des conférences à l’international, des articles scientifiques et des interventions dans les médias. Avec l’espoir concret que la connaissance circule.
Lise Laroye