Tous les chemins mènent à la réussite
Publié le 08 septembre 2026 Modifié le 08 septembre 2026
Temps de lecture estimé : 6 min
« Ça, c’est ce qu’on appelle un acrostiche.”
En cette fin de journée, au sein de l’école Marcel-Cachin, se tient une exposition singulière. Le but de l’événement : montrer le lien entre mathématiques et différents domaines, tels que le français, le sport, les jeux de société ou encore l’architecture. Et au stand dédié à la littérature, Miral, 12 ans, explique à un parent le lien entre chiffres et lettres. “En prenant des formes géométriques, on écrit des poèmes en 3D”, détaille celle qui souhaite devenir styliste.
À quelques mètres, Stéphane Chantoiseau, professeur de français, et encadrant de cette partie de l’exposition, sourit en regardant la scène. Il en est convaincu : la réussite scolaire passe par l’adaptation. “Avec cet exercice lié aux formes géométriques dans l’espace, on apprend la polysémie des mots. Les enfants adaptent leur réflexion. Et tout finit par s’imbriquer naturellement”, décortique-t-il. Son mantra ? “Décloisonner la pensée.”
Sur l’atelier qui jouxte le sien, des fiches expliquent les différentes ouvertures et ripostes aux échecs. Rien d’étonnant pour Patrick Dupret, trésorier du Club d’échecs de Vitry. Depuis trois ans, son club intervient dans quelques écoles de la commune. Basé sur un programme de dix séances, c’est l’occasion de découvrir cette discipline qui mêle plaisir du jeu et réflexion.
“Ils sont plus calmes, ont une meilleure capacité à se concentrer et se montrent davantage patients. Des compétences qui ont un impact certain sur leur scolarité”, souligne encore Patrick Dupret.
Retrouver confiance en soi
Progresser signifie aussi savoir prendre la parole. Une compétence que Vitry a choisi de mettre en avant avec son concours d’éloquence destiné aux élèves de CM2. Lancée dans le cadre des 80 ans de la Libération, cette initiative invite les enfants à réfléchir au monde qui les entoure tout en leur permettant de faire entendre leur voix.
“Ce concours offre aux élèves une occasion de développer leur expression orale dans un cadre valorisant”, explique Rachel Simon, responsable du service Éducation. Au-delà de l’exercice, les élèves apprennent à structurer leur pensée et à argumenter. “Exprimer clairement ses idées est une compétence précieuse qui sert tout au long de notre vie, poursuit-elle. Ce type de projet participe pleinement à la réussite éducative en permettant aux élèves de révéler leurs talents et de devenir des citoyens éclairés et acteurs de leur parcours.”
La confiance en soi, justement, est aussi au cœur des initiatives portées directement par les enseignants. Au fond de sa classe entièrement décorée aux couleurs de l’univers d’Harry Potter, Florence Carpentier, institutrice de l’école élémentaire Marcel-Cachin A, a décidé de faire confiance à ses élèves. Dans un coin de la salle de classe, une bibliothèque en accès libre déborde de romans jeunesse, de mangas et d’albums en tous genres.
“La lecture, c’est un moyen de travailler son imagination et d’apprendre du vocabulaire. Les enfants se responsabilisent et s’occupent eux-mêmes de classer les ouvrages”, assure la professeure de CM1.
Nassim, Alicia, Margot et Tobias, sagement installés dans les fauteuils de cette bibliothèque digne d’un Poudlard miniature, sont unanimes : “Que ce soit des Mortelle Adèle, Alice au pays des merveilles version manga ou des nouvelles plus fantastiques, dès qu’on a fini nos exercices, on vient lire. On découvre plein d’histoires et de nouvelles choses. Et quand on a un coup de cœur, on demande à nos parents d’acheter le livre.”
La réussite, une affaire de famille
Car la réussite scolaire se joue aussi en dehors des apprentissages. Les parents qui bénéficient du dispositif Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants (OEPRE) au collège Josette-et-Maurice-Audin l’ont bien compris. Celui-ci permet de faciliter l’intégration des familles et leur compréhension du système scolaire. Deux fois par semaine, Ludivine Laporte, professeure d’anglais et coordinatrice des ateliers, accueille des parents étrangers dans sa classe.
“C’est un moment de socialisation où l’on retrouve ses amis et où on se familiarise avec des mots et des notions parfois abstraites”, contextualise-t-elle.
Faouzia ne s’exprimait pas par honte. Elle ne pouvait pas aider son enfant dans ses devoirs, ni se rendre aux réunions avec les professeurs. Sarah, quant à elle, voyait les notes de son fils chuter. “Dans cet atelier, il s’est dévoilé. Il ne trouvait plus sa place en filière générale et voulait des études plus manuelles. Avec les explications adéquates, nous avons ouvert les yeux. Depuis, mon fils est épanoui”, raconte la mère de famille, les yeux humides. La réussite éducative peut prendre plusieurs formes. Parfois, le dialogue et l’écoute sont les outils les plus puissants
Centres sociaux structures de quartier : aide aux devoirs et activités
À Vitry, l’accompagnement à la scolarité repose aussi sur les centres sociaux et les structures de quartier.
Les centres agréés par la Caf disposent ainsi du Clas, le contrat local d’accompagnement à la scolarité. C’est notamment le cas aux Portes du Midi qui accueille plus de 70 jeunes Vitriot·e·s, du CP jusqu’au lycée. Répartis en petits groupes, les élèves sont encadrés par l’équipe de la structure et des bénévoles pour faire leurs devoirs.
Aujourd’hui, ce sont Aïcha, Dithia, Kami, Siga, Fatou et Awa, élèves de CM2 à l’école Makarenko, qui révisent dans une ambiance studieuse. « Depuis que je viens ici, j’ai de meilleures notes en histoire ou en sciences, assure Awa, plus à l’aise en maths qu’en français. C’est mieux pour nous de venir au centre, car on reçoit de l’aide et des réponses tout de suite, même quand on bloque. »
Après cette séance de travail, les amies ont hâte de faire une pause et de s’amuser ensemble. Cela tombe bien : une parenthèse musicale avec un karaoké leur permet de se défouler en chœur et de dévoiler une certaine aisance artistique.
« Il y a un temps d’aide aux devoirs, mais aussi un temps d’activités ludiques, souligne Diana Loval, référente Enfance jeunesse au sein du centre social. Cela peut être des temps d’échanges et de discussions comme de la danse, ou des sorties culturelles. Il s’agit d’un accompagnement global et on s’adapte aux enfants et à leurs besoins. »