Thermo-sur-Seine : retour sur le premier rendez-vous de la concertation CNDP

Mardi 15 septembre se tenait la réunion d’ouverture de la concertation menée par la Commission nationale du débat public sur le projet Thermo-sur-Seine. Bien que difficile, le débat a fait émerger des questions importantes. La concertation et les temps d’échange se poursuivent.

Publié le 22 septembre 2026 Modifié le 23 septembre 2026

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Les habitants de Vitry et des villes alentours, ainsi que les associations se sont déplacés en nombre mardi 15 septembre pour participer à la réunion d’ouverture de la concertation menée par la Commission nationale du débat public (CNDP) sur Thermo-sur-Seine. Le programme, qui prévoyait la présentation du cadre de la concertation, du réseau de chauffage et de la chaufferie prévue à Vitry n’a pas pu aller à son terme face à la colère de la salle. En cause : le projet en lui-même et l’absence de tribune pour les associations s’opposant au projet.

Thermo-sur-Seine, décidé par la ville de Paris sans consultation de la ville de Vitry, prévoit l’installation, sur le site de l’ancienne centrale EDF aux Ardoines, d’une chaufferie pour les uns, d’un incinérateur pour les autres, destiné à alimenter le réseau de chauffage urbain parisien qui dessert la capitale et 16 communes de la métropole dont Vitry. Cette chaufferie serait alimentée par du bois et des combustibles solides de récupération (CSR), c’est-à-dire des déchets textiles, plastiques, bois et cartons, à raison de 450 000 tonnes par an.

Un forum sur les enjeux sanitaires et environnementaux le 26 septembre

Difficile, le débat a finalement réussi à s’instaurer et les associations ont pu faire émerger leurs questions. Pour les porteurs de projet, Thermo-sur-Seine vise à verdir et moderniser le réseau de chauffage parisien en diminuant la dépendance au gaz et aux énergies fossiles et en réduisant l’enfouissement des déchets. Pour les associations présentes, le projet ne répond pas à l’enjeu essentiel de réduction de la production de déchets et son impact sanitaire pose des questions prégnantes : quelles concentrations de particules fines et ultra-fines seront rejetées dans l’atmosphère ? Quelles garanties sont apportées quant aux conséquences sur la santé et l’environnement ?

Les porteurs de projet prévoient une diminution de particules fines et de dioxyde d’azote expliquant que la mise en service de la nouvelle chaufferie permettra l’arrêt définitif de la Cogé de Vitry et de la centrale à gaz Confluence d’Ivry. Mais aucun élément n’est apporté concernant les métaux lourds et les PFAS (polluants éternels).

« Nous entendons vos inquiétudes légitimes, a déclaré Alice Timsit, adjointe au maire de Paris chargée de la Transition écologique, représentante du maître d’ouvrage, présente au début de la réunion. Tout n’est pas ficelé, nous sommes au début du processus de concertation. Des études contradictoires vont être menées. Soit elles feront la démonstration par la preuve que ce projet peut apporter des bénéfices, soit nous en tirerons les conséquences. »

De prochains rendez-vous sont prévus dans le cadre de la concertation CNDP, dont un forum sur les enjeux sanitaires et environnementaux de Thermo-sur-Seine pour le territoire samedi 26 septembre de 9h30 à 12h30 à l’hôtel de ville de Vitry.

La municipalité de Vitry quant à elle se positionne contre le projet en l’état et demande des garanties sur cinq points aujourd’hui non suffisantes  :

  • la santé des Vitriot·e·s,
  • des emplois pour les Vitriot·e·s,
  • pas de camions en plus sur les routes,
  • une baisse de la facture de chauffage pour les Vitriot·e·s,
  • le respect de la mémoire ouvrière de Vitry.

Elle mène sa propre concertation en parallèle de celle de la CNDP et organisera une votation citoyenne en fin d’année, qui décidera de sa position vis-à-vis du projet Thermo-sur-Seine.