Contre la haine et le racisme

Mardi 28 octobre, près de 200 Vitriotes et Vitriots se sont rassemblés sur le parvis de l’hôtel de ville aux côtés des élu.e.s et des associations locales pour rendre hommage aux victimes de l’attentat terroriste et raciste commis à Trappes et La Vérrière le 23 octobre.

Publié le 29 octobre 2026 Modifié le 29 octobre 2026

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“Le 23 octobre 2026, Pengo Bossio Wangi a été assassiné lors d’un attentat terroriste raciste, négrophobe et islamophobe. Pengo Bossio Wangi avait 26 ans. C’était un jeune espoir du MMA français. Cinq autres victimes dont une jeune fille de 11 ans sont dans état grave.”

C’est par ce rappel des faits bruts que Fatmata Konate, première adjointe au maire, a ouvert les prises de parole mardi 28 octobre sur le parvis de l’hôtel de ville, entourée de près de 200 personnes. Elu.e.s, représentants associatifs, étudiants, Vitriotes et Vitriots étaient réunis en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes et La Verrière et ont réaffirmé, avec émotion et colère, la nécessaire lutte contre le racisme et les discriminations.

“Le terroriste n’a pas agi seul, sa main a été armée et guidée par celles et ceux qui, jours après jours, dans la classe politique comme dans les médias, nourrissent le racisme et l’islamophobie, stigmatisent les habitants des banlieues populaires et les désignent comme des cibles. Ils devraient eux aussi répondre de leurs actes”, a poursuivi la première adjointe, avant de demander une minute de silence.

Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit puni par la loi

“Le racisme, ce n’est pas juste des insultes prononcées par quelques imbéciles. C’est une idéologie qui a des conséquences dans le quotidien de millions de personnes, y compris de milliers de Vitriotes et Vitriots. Quand il n’empêche pas l’accès à un logement, un emploi ou une formation, quand il ne créé par la peur dans les cœurs, il tue…”, a poursuivi Luc Ladire, 4e adjoint au maire, rappelant que le racisme est pourtant un délit puni par la loi.

 “Combien de familles devront encore enterrer un proche avant que notre pays affronte la haine qui le défigure. Ce qui s’est passé à Trappes et à la Verrière aurait pu se passer ici, à Vitry. Depuis des années, les familles, les associations et certains responsables politiques alertent. Nous ne manquons pas d’alerte dans notre pays, nous manquons de réponses à la hauteur”, a déclaré Naiga Stefel, 3e adjointe au maire, avant de rappeler les faits.

En 2025, ont été recensés :

  • une hausse annuelle de 88% des actes antimusulmans,
  • une hausse de 5% des crimes et délits racistes, xénophobes ou antireligieux.

“Nous ne pouvons pas, dans le pays des droits de l’homme, accepter que la haine antimusulmans et les paroles anti-islam deviennent une carte de visite pour aller dans les médias et propager les idées nauséabondes qui amènent à ce qu’il s’est passé à Trappes, a déclaré Shamim Attar, 2e adjoint au maire. Il est temps maintenant de faire appliquer les peines pour les responsables.”

La lutte contre le racisme exige une volonté politique constante

Parce que l’indignation ne suffit plus et qu’il faut agir, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (Mrap) a annoncé que sa commission juridique a été saisie et que les avocats de l’association sont mobilisés pour suivre attentivement l’affaire, analyser les qualifications pénales susceptibles d’être retenues et examiner toutes les possibilités d’intervention de l’association dans la procédure judiciaire.

Le Mrap exige également des pouvoirs publics “une réaction urgente, ferme et à la hauteur de la gravité des faits. Car la lutte contre le racisme exige une volonté politique constante, des moyens et des actes.”

Vitry, quant à elle, demeurera “une ville monde, une ville où le vivre ensemble, l’égalité, la solidarité et la fraternité sont et resteront notre idéal, a déclaré Fatmata Konate. Face à la montée du racisme et de l’islamophobie continuons à vivre ensemble fièrement et la tête haute. Cultivons la culture de paix chez nous et dans le monde.”