100 ans de l’OPH : l’aventure du logement pour tous

28 février 1969 : remise des clés aux locataires OPH du groupe Barbusse.28 février 1969 : remise des clés aux locataires du groupe Barbusse.© Archives municipales

Coeur de ville

Publiée le 10 juillet 2019

Centenaire, le bailleur social affiche une volonté de poursuivre ses missions de service public, de la construction à la gestion de proximité du parc de logements de la commune. Malgré le désengagement de l’État, l’histoire de l’Office public de l’habitat de Vitry continue de s’écrire, dans l’intérêt général.

D’abord il y eu la guerre. Puis, un besoin urgent de reconstruire et de sortir la population de l’insalubrité. Vitry prend l’initiative et crée l’Office public d’habitation à bon marché le 23 décembre 1919. Un outil municipal pour les Vitriots. À cette date, la France ne compte que 17 offices HBM. Granet sera la première réalisation. Quatre-vingt-douze logements avec l’eau courante et équipés de sanitaires. Une révolution.

Puis, il y eu encore la guerre. Le bilan est lourd et les organismes d’HBM sont sollicités pour participer à l’effort de reconstruction. L’État donne le la avec la loi de 1948 instaurant la réglementation des loyers, l’allocation logement, des prêts à 1 %...

En 1950, les HBM deviennent HLM. Vitry s’engage, investit et signe sa deuxième réalisation : le groupe Rosenberg. Presque 300 logements dotés du chauffage central et de parkings. La crise du logement devient dramatique.

L’abbé Pierre lance un cri durant l’hiver 1954. Vitry répond par la construction de la cité Gabriel-Péri. Deux cent seize appartements durables et confortables. La municipalité démolit les taudis et érige, avec son office, de quoi loger tout le monde.

“L’histoire de l’office et du développement de son patrimoine se confond avec le développement de notre ville, au gré des constructions et des opérations d’aménagements de quartier,constate Hocine Tmimi, adjoint au maire et président de l’OPH depuis 2014.

Le logement social n’a pas seulement été le moyen le moins cher de construire en grande quantité, il a d’abord changé des vies.”

Le temps des grands ensembles et des ZUP y contribue en offrant un logement décent à chacun. En 1956, la municipalité communiste en construit 8 500 dont 5 000 HLM. Le Clos-Langlois puis Balzac.

“Là où nous étions avant, il n’y avait pas de confort, et nous entrions dans un logement neuf avec sanitaires et chauffage. Un progrès pour nous”, se souvient la famille Thieffine*, arrivée au Clos-Langlois en 1961.

Face à l’urgence, l’office bâtit vite et beaucoup. Camille-Groult, Commune-de Paris, Petite-Saussaie, Tour-Brique, Allée du Marronnier, Mario-Capra

En parallèle, la rénovation du centre-ville, vétuste, est aussi une priorité à laquelle est associée l’office, devenu “l’outil majeur de gestion de l’habitat de la ville”, souligne Jean-Pierre Moineau, président de l’OPH de Vitry de 2001 à 2014.

Les cités poussent, la ville se dessine dans une volonté partagée de vivre ensemble. Diversification et mixité sont les maîtres mots.

En 1977, la loi Barre marque le premier désengagement de l’État dans la construction du logement social avec le passage de l’aide à la pierre à l’aide à la personne (APL).

Pour Thierry Rosset, directeur général de l’office, cette loi “marque la fin du logement pour tous et de la mixité”. D’autres coups de boutoir affaiblissent les bailleurs sociaux qui participent pourtant à l’équilibre des villes.

“Le logement social est un élément majeur du pacte républicain et social d’aujourd’hui, confirme Hocine Tmimi, rappelant que, le logement doit rester un droit pour tous et l’habitat social, avec ses enjeux de qualité, d’intégration urbaine, doit rester central.”

C’est bien ainsi que l’OPH de Vitry voit son rôle. Constructeur et bailleur gestionnaire, l’office ne cesse d’entretenir son parc de 5 000 logements avec le même souci de proximité, d’accompagnement des politiques municipales et des locataires.

Quant au début des années 2000, Vitry intègre le programme national ANRU (Agence nationale de renouvellement urbain), l’office réhabilite, donne un nouveau souffle aux cités comme aux habitants. Six cent soixante logements de la cité Balzac sont démolis à partir de 2007, et 1 320 reconstruits dont 800 par l’OPH.

“Nous avons recréé des espaces plus lisibles, des quartiers mieux reliés à la ville, désenclavés. Nous avons redonné de l’oxygène aux habitants”, se souvient Thierry Rosset.

Les nouveaux bâtiments sont souvent exemplaires de par leur architecture et leurs équipements. La mission de service public, solidaire, est rendue, sans concession.

“Un bailleur social s’intéresse à ses locataires plutôt qu’à leur loyer. La proximité est notre crédo. Nos équipes (150 personnes) assurent une présence active sur le terrain”, affirme le directeur général.

Des propos confirmés par Marie-Louise Kancel, présidente de l’amicale des locataires Capra, Gravier, Rouget-de-Lisle :

“L’OPH noue un vrai lien de proximité par le biais des agents sur place. Les locataires trouvent un interlocuteur à l’écoute”.

Un engagement qui a valu à l'OPH de Vitry d'être le seul office d'Île-de-France à obtenir le label européen Bailleur convivial, bailleur solidaire le 13 juin 2019.

Le plus grand bailleur de la ville entend bien poursuivre sa mission d’intérêt général. Et ce, malgré la loi Élan qui contraint les offices à se rapprocher pour ne pas disparaître. Ainsi, l’OPH et la SEMISE, qui gère 3 600 logement, travaillent à leur rapprochement pour préserver un outil garantissant proximité et droit au logement pour tous.

“Une structure commune qui nous permettra de conserver notre gouvernance et continuera d’assurer à la ville la maîtrise de son patrimoine à travers un outil public”, remarque Thierry Rosset.

Portés par une politique de développement ambitieuse, de nouveaux logements seront livrés chaque année entre 2019-2029.

Et ce, comme le souligne Hocine Tmimi : “malgré les désengagements de l’État dans les aides apportées aux bailleurs sociaux. L’OPH souhaite se développer et accroître son niveau de qualité de service”.

Pour être, à 100 ans, toujours au plus près des besoins des locataires.

Marie Stévenot

(Témoignage extrait du "Bulletin d’information de l’Office HLM de Vitry", n° 30, juillet-août 2000)

 

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