Accueil des migrants : le droit de solidarité en débat

Cedric HerrouHocine Tmimi, maire adjoint au côté de Cédric Herrou, l'agriculteur condamné pour être venu en aide aux migrants.© Sylvain Lefeuvre

Solidarité

Publiée le 03 avril 2017 - Mise à jour le 06 avril 2017

Le 1er avril, une bonne centaine de personnes est réunie à l’appel de collectifs et mouvement associatifs et syndicaux pour parler des migrants, aux migrants, du droit de solidarité.

Une petite foule bavarde à l’entrée de la salle. Pour l’accueillir, l’association Livres en lutte propose livres et vinyles, parmi lesquels on reconnait des classiques de Jean Ferrat et Léo Ferré, auteurs engagés s’il en est. Le produit des ventes est reversé au collectif Port-à-l'Anglais solidaire avec les réfugiés.

Quelques réfugiés du centre d’accueil d’urgence, rue de la Baignade à Ivry, sont présents. Certains renvoient les sourires et les poignées de main qui leur sont adressés. Rayonnant, un Irakien d’une trentaine d’années berce un nourrisson qui fait la sieste. D’autres restent en retrait, le regard fuyant, comme ce mineur érythréen qui cache son visage dans le col de sa chemise.

Cédric Herrou, agriculteur des Alpes-Maritimes poursuivi pour avoir hébergé sous son toit des migrants en détresse, est présent dans la salle. Une délégation de travailleurs sans papiers du Marché d'intérêt national de Rungis est aussi présente.

 L’après-midi de réflexion commence avec la projection d’un extrait d’Histoire des immigrations en France. Ce documentaire met en lumière la question de l’immigration sur le sol français, des internements de réfugiés espagnols dans les années 30 à la "jungle" de Calais, "surnommée ainsi par les habitants eux-mêmes", rappelle Isabelle Saint-Saens, du Gisti.

Les intervenants se succèdent sur la scène et interpellent le public sur l’accueil réservé aux migrants aujourd’hui en France et la notion de délit de solidarité. Lorsque Cédric Herrou prend la parole, un concert d’applaudissements accueille cet agriculteur de la Vallée de la Roya. Il vient d’être condamné à 3 000 € d’amende avec sursis pour avoir prêté assistance à des réfugiés en détresse.

L’expression "délit de solidarité" est dans toutes les bouches. La colère est palpable : "Au métro La Chapelle à Paris, la police a dégagé les associations qui venaient donner des couvertures aux migrants", raconte, par exemple, une quadragénaire qui a fait le trajet depuis Gonesse.

Cédric Herrou prend alors la parole.

"Quand on est bien chez soi, il est naturel de vouloir accueillir l’autre dans sa maison et son pays, affirme cet homme modeste qui se fait fort de son "bon sens paysan". Il m’est impossible de ne pas venir en aide à des mineurs en danger qui cherchent asile."

Insistant sur l’importance de l’accès au droit, il poursuit : "Il faut continuer à croire en la justice, le droit français, et accompagner les migrants dans ces procédures difficiles."

"C’est très encourageant de voir naître ce genre d’initiatives citoyennes non loin de chez soi, explique Clément, jeune Villejuifois qui a participé à plusieurs actions de soutien aux migrants à Paris. C’est bon de voir que la banlieue prend le relais !"

"Tout cela dépasse le simple discours politique. Moi, ça me donne envie de m’investir dans le rapport à l’humain quel qu’il soit", résume Juliette, 26 ans.

Timothée Froelich


Le débat était organisé par RESF, la LDH, le MRAP, Romeurope, l'Association de soutien aux étrangers du Val-de-Marne), le collectif ivryen de vigilance contre le racisme, le collectif Port à l'Anglais solidaire avec les réfugié-e-s ainsi que les syndicats CGT, FSU et Solidaires.

 
 
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