Aménagement des Ardoines : une belle ambition

seine-gareAu titre des ambitions environnementales du quartier Seine Gare : la présence de la nature, avec 5 m2 d'espace vert public programmés par habitant.© EPA-Orsa/Germe et JAM/Yann Studio

Zac Gare-Ardoines

Publiée le 31 décembre 2014 - Mise à jour le 25 octobre 2018

Réinventer la ville, en conservant son socle industriel. Dessiner un nouveau territoire vivant, durable, partagé, qui prolonge la ville actuelle et réponde aux besoins de ses habitants en matière d’emploi et de logement. C’est la grande ambition de l’opération d’intérêt national, sur le point d’entrer en phase opérationnelle dans le secteur des Ardoines.

Pour entrer dans le projet, il faut d’abord fermer les yeux. Oublier l’alignement des bâtiments d’activité, la grisaille des façades de tôle et du ruban d’asphalte menant vers la Seine qu’on devine à peine. Imaginer à la place un large mail paysager, nouveau visage de la rue Berthie-Albrecht.

Amenagement-Ardoines-20141114Les Ardoines en 2020, document provisoire du 14 novembre 2014Des enfants rejoignent le collège construit à l’intersection de la rue Édith-Cavell, à proximité des nouvelles opérations de logements et d’activité. Aux abords de la Seine, la rue s’élargit généreusement et dessine une placette connectée au jardin des Berges aménagé en bord de Seine. Ce morceau de ville réinventée, il s’agit de la zone d'aménagement concerté (ZAC) Seine Gare Vitry (37 hectares), dont la création, avec celle de la ZAC Gare Ardoines (49 hectares), a été entérinée en juin 2012 par l’État.

C’est sur ces deux périmètres que se prépare la renaissance urbaine de la zone industrielle des Ardoines, projet d’aménagement de trois cents hectares, identifié comme opération d’intérêt national (OIN) en 2007.

Le 23 janvier 2015, une réunion publique d'information et de concertation a été proposée aux Vitriots pour écouter et interroger les acteurs de ce grand projet urbain :

Dans quelques mois, un second rendez-vous réunira les habitants autour du projet de ZAC Gare Ardoines.

Une ville active, dense et durable

Cette mutation est un enjeu de premier plan.

“La zone industrielle située entre les voies ferrées et la Seine représente un quart de la surface urbaine, rappelle Michel Leprêtre, adjoint au maire délégué à l’Aménagement et à l’urbanisme. C’est un territoire dont l’activité économique s’était dégradée et dont la situation privilégiée dans la vallée de la Seine, à proximité de Paris et d’Orly, offre un potentiel important. La réflexion engagée en concertation avec la population au cours des dernières années a plusieurs ambitions. Le maintien de la vocation productive historique de ce secteur et sa modernisation, et la réponse aux besoins locaux en matière d’emplois, de logements, d’équipements, en aménageant des quartiers agréables où toutes les fonctions urbaines cohabitent.”

Marier le résidentiel et l’activité économique pour redessiner une ville active, dense et durable, la feuille de route, complexe, a donné lieu à un long travail de fond.

“Les entreprises présentes aujourd’hui représentent dix mille emplois. Un travail colossal a été réalisé avec les petites et moyennes entreprises pour élaborer des solutions permettant de pérenniser leur activité. Les grandes entités comme Sanofi, Air liquide ou EDF ont, elles aussi, des projets d’évolution qui s’intègrent dans l’OIN, expose Guillermo Martin, directeur de l’OIN pour la ville. L’arrivée du Grand Paris Express et du T Zen permettra de créer de l’emploi tertiaire, en réponse à la diversité des qualifications.

Et tout cela se construit dans deux nouveaux quartiers connectés à la ville actuelle, dans le prolongement du Port-à-l’Anglais et du quartier Balzac, avec des exigences fortes sur la qualité du cadre de vie et des logements.”

Dans la ZAC Seine Gare, ce sont d’ailleurs les équipements qui arriveront en premier avec un collège, dès 2017. La livraison des opérations de logements (1 300 pour la première phase) et d’activité (39 000 mètres carrés) s’échelonnera  entre 2019 et 2023.

Les espaces publics auront une place privilégiée. “Une des exigences de la ville était de redonner de la valeur ajoutée à ce territoire par la qualité de ses espaces publics et l’ouverture vers la Seine, souligne  l’architecte-urbaniste Jean-Marc Bichat. Tout le projet s’attache à restituer cette idée de Seine profonde, en transformant la rue Berthie-Albrecht en mail paysager et en aménageant des jardins de traverse qui prolongent le paysage de la Seine jusqu’à la rue Édith-Cavell.

L’organisation des espaces publics fait aussi le lien à la ville existante. La placette du mail aménagée côté Seine est un pôle de vie et de services pour tous les habitants, avec le collège, le groupe scolaire, la station de T Zen… La refonte de la place de la gare RER et la création du cours de la Gare vers l’avenue du Président-Salvador-Allende tissent le lien, là encore, avec les quartiers existants.”

Toile de fond de choix pour le projet, le voisinage de la Seine se traduit aussi par une contrainte : la nécessité d’anticiper le risque inondation. Dans ce domaine, le projet pousse la réflexion au-delà du cadre réglementaire, en imaginant une ville capable de fonctionner en cas de crue de type 1910.

“L’OIN est l’un des premiers projets de cette échelle en France, qui essaye de répondre au risque inondation à travers la conception urbaine, explique Anne Maïkovsky, directrice du projet pour l’Epa-Orsa. Le réseau primaire de voirie est rehaussé au-dessus du niveau des plus hautes eaux connues de façon à conserver l’accessibilité du quartier en cas de crue majeure. Il est prolongé par des levées piétonnes qui assurent la desserte des îlots. Pour maintenir les populations pendant la crue, la consolidation des réseaux est également nécessaire et la réflexion est engagée avec les concessionnaires.”

L’offre de transports est une autre grande condition pour faire naître cette ville active. En 2020, la desserte assurée par le RER C se doublera d’un réseau plus fin, le T Zen 5, reliant la bibliothèque François-Mitterrand à Choisy-le-Roi. Ce  réseau de bus, inspiré du modèle du tramway, irriguera le territoire de l’OIN du nord au sud en empruntant le nouvel axe créé dans le prolongement de la rue Édith-Cavell, future colonne vertébrale du secteur.

Du commerce et des résidences

Un aménagement tributaire du projet de reconstruction de la centrale thermique EDF.

“La construction de ce nouvel outil industriel plus pointu, moins polluant et mieux inséré, permet de libérer 50 % de notre site des Ardoines, précise le délégué régional EDF pour l’Île-de-France, François Buttet. L’unité chargée de réaliser la déconstruction de la centrale actuelle interviendra à partir de 2016, la création de l’axe nord-sud pourra se faire en parallèle, peu après le début des opérations.”

L’arrivée de la ligne 15 du Grand Paris Express (GPE), nouvelle desserte en
rocade de la petite couronne (Noisy-Champs à Pont-de-Sèvres), est attendue en 2020, elle aussi. La gare multimodale de la ZAC Gare Ardoines, qui mettra en connexion métro, RER C, réseau de bus et T Zen, fera naître autour d’elle un  grand pôle tertiaire, doublé d’une offre commerciale et résidentielle.

Les travaux y démarreront avec le chantier de la gare, en 2016. Ils débuteront en
même temps du côté de Balzac, dans le premier secteur opérationnel de la ZAC, où huit cent soixante logements et un programme d’activité de trente-huit mille mètres carrés doivent voir le jour. Cet espace offrira aux entreprises locales (BTP,
logistique urbaine…) des perspectives de réimplantation.

Un enjeu de grande envergure

Dans la pointe sud de la ZAC, le chantier du site de maintenance du GPE débutera en 2016 également. Côté Seine, la création de plateformes fluviales offrira une réponse écologique aux besoins de transport de matériaux des chantiers de l’OIN et du métro. Dernière touche à ce copieux tableau des déplacements dans le secteur, la création de deux ponts, l’un au niveau de la gare, qui permettra au T Zen de franchir les voies ferrées, et, plus  tard, un pont sur la Seine, au niveau de la rue Léon-Mauvais.

Superficie et ampleur du projet, diversité des acteurs, multiplicité et coût des  infrastructures à réaliser… “il fallait un instrument public majeur pour réaliser cela”, souligne Guillermo Martin.

Cet instrument, c’est l’opération d’intérêt national et son maître d’ouvrage l’Epa-Orsa, qui réunit à la même table l’État, la région Île-de-France, le Val-de-Marne et les douze communes du territoire de l’OIN. Un creuset idéal pour articuler les opérations portées par chacun et en caler les financements. À six mois du dépôt des premiers permis de construire,  cette dernière question reste pourtant lancinante. Alors même que le projet est pleinement partagé par ses acteurs, les modalités de financement d’opérations majeures (fermeture du dépôt pétrolier Delek, pont sur la Seine, grandes voiries, équipements publics…), qui doivent être arrêtées dans le cadre du contrat de  projet État-région 2014-2020, ne sont toujours pas connues.

“Vitry a fait le choix de développer ce territoire et l’enjeu est bien plus vaste que l’échelle locale,  observe Michel Leprêtre. Tout est prêt. Il faut que chacun prenne ses responsabilités.”

La ville s’engage

Anticiper les besoins des nouveaux habitants, répondre à ceux des quartiers voisins, construire un projet durable sont les exigences portées par la ville pour les Ardoines dans le cadre de l’OIN. Aujourd’hui, 30 % de surface bâtie en moins sont programmés par rapport aux dossiers de création des ZAC Seine Gare Vitry et Gare Ardoines. Cela permet de diminuer la hauteur des constructions à venir et d’aménager des espaces verts. La création  d’équipements est aussi une dimension cruciale du projet, portée par la ville, et qui devra être soutenue par l’État pour permettre la construction de logements. Sont notamment imaginés, en sus du collège créé par le conseil général, quatre groupes scolaires avec gymnases associés, crèches, équipement de lecture publique...

Dossier du mensuel de janvier 2015 réalisé par Véronique Petit

 

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Epa-Orsa
Société du grand Paris (suivi du projet de la ligne de métro 15 sud)

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