Centre d'hébergement d'urgence à Chérioux : quelles échéances ?

Les femmes présentes dans le centre d'hébergement à Chérioux ont entre 20 et 60 ans et ont envie d'en découdre, malgré leurs difficultés présentes.Les femmes présentes dans le centre d'hébergement à Chérioux ont entre 20 et 60 ans et ont envie d'en découdre, malgré leurs difficultés présentes.© Sylvain Lefeuvre

Solidarité

Publiée le 28 mars 2019 - Mise à jour le 02 avril 2019

Depuis décembre dernier, une centaine de personnes sans-abri, principalement des femmes, sont hébergées par Emmaüs Solidarité dans un bâtiment vacant du site de Chérioux. Accueillies provisoirement pendant la période hivernale, elles espèrent être relogées bientôt : le centre d'hébergement d'urgence ne pourra plus les accueillir au-delà du 30 avril.

"Je m'en vais aujourd'hui", confie en passant une dame d'une cinquantaine d'années à Julien Yassef, chef de service du centre : "merci pour tout".

Sourire de soulagement sur son visage et sur celui de Julien. Ce jeudi 21 mars, ce genre de nouvelles fait plaisir. Encore 6 semaines avant la fermeture du centre, encore un bon mois pour trouver des solutions d'hébergement pérennes pour les soixante-dix personnes restantes. 

Les femmes présentes dans ce centre sont noires, d'origine guinéenne, congolaise ou encore camerounaise. Elles ont entre 20 et 60 ans et ont envie d'en découdre, malgré leurs difficultés présentes.

Annick confectionne des perruques en attendant de pouvoir en faire une source de revenus. Antoinette, 61 ans, est passée plusieurs fois donner un coup de main à la ressourcerie de la Pagaille, à Ivry.

"Malheureusement je ne peux plus y retourner : c'est trop loin à pied et on manque de tickets de transports en commun ici..."

Malgré leur bonne humeur, la tension est palpable :

"Qu'est-ce qu'on va faire si on ne trouve pas avant le 30 avril ? On ne peut pas retourner à la rue."

L'État, qui a donné son aval à Emmaüs Solidarité pour ouvrir le centre d'hébergement, n'a pas prévu sa pérennisation au-delà de la période hivernale. Une décision courante, que regrette Bruno Morel, directeur général d'Emmaüs Solidarité :

"Fermer les centres à l'arrivée du printemps ? Ce n'est pas à quelques degrés près que la situation peut changer. Si on regarde les statistiques du collectif Morts de la rue, on voit bien que ce n'est pas tant une question d'hiver ou d'été.

Ce genre d'efforts est louable mais c'est insuffisant : ce qu'il faut, c'est insister sur la pérennisation des centres d'hébergement provisoires". 

Antoinette ne perd pas espoir :

"J’ai confiance. Le personnel suit tous nos dossiers, ils ne nous laisseront jamais tomber".

L’équipe d’Emmaüs, sur place, explore toutes les pistes d’accompagnement social possibles : SIAO, CHRS, DALO, RSA, AME et tant d’autres abréviations qui traduisent mieux que tout à quel point il est devenu complexe de trouver une place digne, en France, quand on part de loin. 

Timothée Froelich

 
  • Lahcène le 29/03/2019 à 12:35

    Il est effectivement difficile si l'on manque de ressources financières de trouver un toit digne de ce nom. Dans un monde globalisé où les flux migratoires ( légaux et illégaux ) sont importants,il est impossible de trouver des solutions rapides à chaque situation. Pour, info, plus de 500 000 ...Lire la suite

 
Laisser un commentaire
Validation

Pour valider le formulaire, saisissez les 1 premiers caractères et les 5 derniers caractères de la série, sans espace en respectant les majuscules et les minuscules.

  • V
  • K
  • 9
  • T
  • L
  • C
  • 9
  • N

*Champs obligatoires

plus d'infos

Emmaüs Solidarité a toujours besoin d'un bon coup de pouce ! Découvrez les
5 façons de mettre en œuvre vos bonnes volontés :

- devenir adhérent ;
- devenir bénévole ;
- faire un don
- faire un legs ;
- devenir partenaire.

Partager sur :

Facebook Twitter

Envoyer:

Envoyer