Coopération Vitry-Mali : 28 ans d'engagement solidaire

28 ans que les membres de l'association Coopération Vitry-Mali multiplient les actions dans les villages maliens et à Vitry et construisent peu à peu les objectifs d'une coopération décentralisée.28 ans que les membres de l'association Coopération Vitry-Mali multiplient les actions dans les villages maliens et à Vitry et construisent peu à peu les objectifs d'une coopération décentralisée.© Michel Aumercier

Elus, Action citoyenne

Publiée le 10 avril 2018

28 ans que les membres de l'association Coopération Vitry-Mali multiplient les actions dans les villages maliens et à Vitry et construisent peu à peu les objectifs d'une coopération décentralisée. Le Centre culturel avait donc tout naturellement dédié sa dernière escale de son initiative "Raconte-moi ta région, raconte-moi ton pays", au Mali.

Tout au long de la semaine dernière, l'association célébrait l'anniversaire de cet engagement solidaire à la Maison de la vie associative : expositions, rencontres festives et débats étaient au programme, dont une conférence revenant sur les 28 ans de coopération entre Vitry et le Mali.

Ce vendredi 6 avril à 18h, une petite assemblée de Maliens, de Vitriots d'origine malienne et de Vitriots s'affairaient dans la salle de conférence de la Maison de la vie associative à Vitry. Tous semblent se connaître comme les doigts de la main. On se salue, on bavarde, on rigole, on se raconte des souvenirs, on s'échange des compliments... Cette amitié-là ne s'est pas faite en un jour ! Et pour cause : ce qui rassemble toutes ces personnes, c'est une coopération humanitaire qui a vingt-huit ans d'histoire !

Tout remonte à la fin des années 80, lorsque la communauté malienne vitriote s'adresse au maire de l'époque, Paul Mercieca, pour l'inviter à venir voir, en personne, d'où exactement elle venait. Gilles Lacaze, président de Coopération Vitry-Mali, nous raconte...

"L'équipe municipale est donc allée voir sur place, autour du village de Tombola, au sud-ouest de Bamako, comment vivaient les gens, dans quelles conditions, sous quelles contraintes. À son retour, immédiatement, l'association a été créée. On a reçu des subventions de fonctionnement de la part de la ville et, tout le reste, on est allé le chercher nous-mêmes auprès des fonds d'aide humanitaire français ou européens."

Premier objectif, en 1990 : créer des liens avec les populations locales, puis identifier leurs besoins, avant de mener des chantiers solidaires de taille.

Diverses thématiques retiennent particulièrement l'attention de l'association : la santé, l'eau, l'éducation, l'agriculture.

En 1995, un centre de santé communal modèle voit le jour. La région enregistre une baisse impressionnante de la mortalité néonatale et infantile. Différents puits d'eau potable sont aménagés, en collaboration avec les habitants et les habitantes, les associations sur place et les autorités locales.

En 1997, c'est une nouvelle école qui apparaît sur la plaine de 650 hectares... Le début d'une longue série d'actions poursuivies plus tard dans la région de Guénikoro.

"Toutes ces installations ont eu la particularité de faciliter immédiatement les conditions de vie des femmes, souligne M. Lacaze. Avant l'arrivée des nouveaux puits, par exemple, la corvée d'eau, sur 13 kilomètres, prenait pratiquement toute la journée aux jeunes filles maliennes ! Impossible d'aller à l'école. Depuis, les classes sont composées de 30 à 45 % d'étudiantes."

La cinquième rébellion touarègue contre l'État malien et le coup d'État qui s'ensuit en 2012, s'ils freinent l'avancée des chantiers sur place, n'entament pas les ardeurs et les amitiés vitrio-maliennes. L'association se prépare à ressortir un gros dossier : la construction d'un centre de formation professionnelle pouvant accueillir 400 personnes en internat.

"Ces vingt-huit années illustrent parfaitement la réussite du modèle de coopération décentralisée, interpersonnelle, nous explique M. Bassirou Diarra, président de l'AMSCID, l'Association malienne de solidarité et de coopération internationale pour le développement. Ce qui fait le succès de ce projet, c'est bien sa base citoyenne. Si cette action humanitaire avait été institutionnelle au lieu d'être le fruit de longs échanges entre Français et Maliens, tout se serait arrêté en 2012 après le coup d'État. Heureusement, les liens entre les gens ne s'érodent pas aussi facilement que les relations diplomatiques... Le rôle que les citoyens ont pu jouer dans cette coopération a réellement permis aux régions de Tombola et de Guénikoro de tenir debout !"

Il ajoute, souriant :

"C'est un petit clin d'œil que je fais également aux jeunes générations, pour les encourager à prendre la relève, car beaucoup d'entre nous sont sur le terrain depuis plus de trente ans et... Ça commence à se faire sentir un peu ! "

À bon entendeur...

Timothée Froelich

 

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Retrouvez l'interview de Gilles Lacaze, président de Coopération Vitry-Mali, dans le Relais, mensuel d'information du Centre culturel de Vitry.

RELAIS 458 avril 2018

Vitry et la coopération

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