Monod : transition en douceur pour les demandeurs d'asile

Ils étaient une trentaine à se réunir à l’ancien collège Monod, jeudi 13 décembre, pour faire le point sur l’accueil des demandeurs d’asile sur le site depuis septembre.Ils étaient une trentaine à se réunir à l’ancien collège Monod, jeudi 13 décembre, pour faire le point sur l’accueil des demandeurs d’asile sur le site depuis septembre. © Sylvain Lefeuvre

Solidarité

Publiée le 18 décembre 2018 - Mise à jour le 28 décembre 2018

La réunion publique d’information sur l’accueil de demandeurs d’asile à Monod s'est déroulée dans une ambiance calme et chaleureuse. La municipalité et la préfecture ont annoncé une diminution progressive, à partir de fin décembre, du nombre de demandeurs d’asile présents sur place.

Ils étaient une trentaine à se réunir à l’ancien collège Monod, jeudi 13 décembre, pour faire le point sur l’accueil des demandeurs d’asile présents sur le site depuis septembre.

Des riverains et habitants du quartier pour la plupart, mais aussi des représentants des associations vitriotes mobilisées sur le sujet. Ils étaient reçus par le maire, Jean-Claude Kennedy, Cécile Veyrunes-Legrain et Guy Labertit, adjoints municipaux, ainsi que par Martine Laquieze, sous-préfète du Val-de-Marne, et Gaye Camara, directeur régional de Coallia, l’association chargée de l'administration provisoire de Monod.

À la demande des Vitriotes et Vitriots, le maire et la sous-préfète ont rendu public l’agenda du devenir du centre.

"Aujourd’hui, nos services recensent plusieurs milliers de personnes dormant dans les rues à Paris, a expliqué Martine Laquieze. Pour limiter au maximum cette situation, nous utilisons actuellement l’ensemble des dispositifs d’accueil du Val-de-Marne et il nous est difficile de ne pas continuer à mobiliser l’établissement Monod.

À notre demande, la municipalité de Vitry a accepté de prêter le site un mois de plus que prévu, à plusieurs conditions."

Les élus ont notamment exprimé le souhait de voir diminuer, progressivement et sereinement, le nombre de demandeurs d’asile présents sur place. La préfecture ayant d’ailleurs déjà annoncé que 15 places, sur les 100 initiales, avaient déjà été libérées.

"Ce n’est pas une volonté arbitraire de ne plus accueillir, a précisé le maire. Nous ne pouvons simplement pas conserver éternellement cet usage des locaux car nous avons reçu plusieurs sollicitations de la part du conseil départemental, notamment pour y installer des classes relais."

Si les utilisations futures de l’ancien collège ont suscité quelques questions, les personnes présentes ont manifesté davantage d’intérêt pour l’avenir des demandeurs d’asile eux-mêmes.

"Je les ai rencontrés à de nombreuses reprises au bout de la rue, raconte un riverain. Où vont-ils aller après Monod ? Combien seront dublinés, ou pire, renvoyés là d’où ils sont partis ?"

"Ce sont des élèves assidus et très charmants, explique une enseignante bénévole de L’École des adultes. Ça va être très dur pour nous de les lâcher."

"Nous tenons à ce que Vitry s’engage fermement en faveur de l’hospitalité, martèle une représentante de RESF (Réseau éducation sans frontière). Comme de nombreuses villes françaises rassemblées sous la bannière de l'Association nationale des villes et territoires accueillants, nous devons nous aussi faire notre part en tant que ville accueillante."

Interrogé sur la politique d'accueil de la ville, le maire, Jean-Claude Kennedy, a fermement rappelé l'esprit de solidarité et d'hospitalité de Vitry. Il a notamment salué la mobilisation des associations vitriotes comme le MRAP, RESF ou la LDH et a également évoqué les thématiques abordées cette année par les structures culturelles publiques comme le Mac Val, la bibliothèque Nelson-Mandela ou le théâtre Jean-Vilar.

"Vitry est une ville accueillante, à plusieurs échelles. Ici, on peut compter sur un réseau individuel précieux et des investissements personnels qui accompagnent et renforcent les missions du service public.

Et c'est tant mieux, car la situation géopolitique et géoclimatique est telle que cette question de l'accueil n'est pas tant derrière nous que devant nous."

Et Guy Labertit, adjoint délégué aux droits des migrants, de rajouter :

Nous sommes aussi ici en tant qu'acteurs politiques pour transcender l'illégalité. La situation des migrants et des migrantes est une situation d'urgence extrême. Face à cela, plus que jamais, nous sommes d'abord des gens de conviction."

Timothée Froelich

 

 
  • AFFALET le 23/12/2018 à 19:34

    J'avais proposé en séance de ne pas précipiter le départ et même de de laisser à disposition de la préfecture jusqu'à la fin mars. Ce qui n'empêche pas les services municipaux de préparer l'aménagement des locaux pour une nouvelle utilisation. L'association n'utilise pas tous les étages ...Lire la suite

  • Lahcène le 20/12/2018 à 17:57

    Le problème, c'est le contrôle des flux migratoires dans un contexte économique difficile pour les classes populaires et ce depuis 40 ans.En effet, comment peut-on être pour une immigration sans contrôle alors que notre pays compte 6 millions de demandeurs d'emploi et près de 10 millions de ...Lire la suite

 
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