Education : pour la réussite de tous

2-14-11-21-vide ueo-projecteur-montesquieu-NWI-001La ville finance l'équipement informatique des écoles. Ici, un vidéprojecteur interactif à Montesquieu.© Nicolas Wietrich

Education

Publiée le 26 août 2015 - Mise à jour le 17 février 2017

Fournitures scolaires de rentrée gratuites, travaux dans les écoles, investissement en équipement informatique, classes de découvertes, promotion de la lecture et du livre : malgré la baisse des dotations de l’État, la municipalité poursuit avec détermination sa politique en direction des écoles. Le nouveau projet éducatif de territoire (PEDT), voté au conseil municipal de juillet, corrobore sa volonté de soutenir l’éducation de manière dynamique. Il prend en compte la réforme des rythmes scolaires et l’allongement du temps méridien que les écoles vitriotes ont expérimenté durant l’année scolaire écoulée.

Même si ça ne fait pas partie de ses prérogatives, l’objectif de la ville est de permettre la réussite de tous les enfants, sans se substituer aux obligations de l’Éducation nationale, résume Stéphane Biechy, directeur des services municipaux de l’Éducation et de l’enfance.

L’aide que la municipalité apporte à l’éducation et à l’enfance est en effet très  importante : elle représente près de 24 % de son budget, soit environ 2 000 €  par élève et par an. Un soutien dont on peut mesurer l’importance si l’on jette un coup d’oeil sur la part du budget 2015 consacrée à l’éducation et l’enfance dans de grandes villes françaises qui en ont aussi fait leur priorité comme Lille (21,25 %), Marseille (14 %) ou Nantes (18,3 %)…

Cette aide concerne les 43 écoles que compte Vitry, mais aussi les centres de loisirs et l’ensemble des services rendus en direction de l’enfance et de la jeunesse de notre ville, soit, en nombre d’élèves, 5 775 en élémentaire et 3 975 en maternelle en 2014 et près de 2 000 enfants dans les structures de loisirs.

Cet effort financier démontre la volonté de la municipalité de promouvoir une politique qui consiste à réduire les inégalités, explique Cécile Veyrunes-Legrain, 1ère adjointe au maire. Vitry-sur-Seine a toujours été très attentive à l’enfance, elle ne lâchera pas sur ses prérogatives. Mais les restrictions budgétaires que nous impose la baisse des dotations de l’État nous inquiètent.

14-09-02-rentree scolaire montesquieu-NWI-010Dans le sac des CM2, la ville offre en plus des fournitures, le livre © Nicolas WietrichFaire autant avec moins d’argent, pour la rentrée 2015, ce sera encore possible.  Et pourtant… Depuis 1989, la ville remet à chaque rentrée aux élèves, du CP au CM2, un sac contenant des fournitures scolaires, cahiers, stylos, crayons,  classeurs.

Un service très apprécié, que Serge Bacheré, parent d’élèves et ancien directeur de l’école maternelle Joliot-Curie, qualifiait à la dernière rentrée de “vraie égalité de traitement grâce à la gratuité”.

Or, comme l’explique Daniel Mothet, chef du service Éducation, le montant alloué est passé de 180 000 € à 149 000 € cette année ; il a fallu réaliser un important travail visant à mieux adapter la liste des fournitures aux besoins exprimés par les équipes enseignantes, ce qui a conduit à la diminution du nombre d’articles dans les sacs.

On pourrait faire de l'ensemble des prestations offertes par la ville un joyeux inventaire à la Prévert. Sans raton laveur. Afin de goûter au plaisir de la lecture,  chaque élève de maternelle et d’élémentaire reçoit un livre. Pour Mathilde, Vitriote depuis toujours et élève à Chérioux, “nous, les jeunes, on est plutôt « télé », « portable », « Internet ». Alors, c’est une bonne chose pour les petits. Pour ne pas perdre le contact avec le livre. Pour les études plus tard”.

Il y a la possibilité de faire savoir en mairie qu’un enfant a une allergie alimentaire ou est porteur d’un handicap. Il y a l’accueil des élèves, avant l’ouverture des classes, à partir de 7 heures ; un accueil confié aux animateurs des centres de loisirs qui assurent également l’encadrement des mercredis et des vacances  scolaires. Les tarifs de ces prestations sont calculés sur la base du quotient familial, ce qui permet de les ajuster en fonction des ressources des familles.

Il y a les subventions pour financer les projets d’école, les cars mis à disposition des établissements scolaires pour favoriser les sorties culturelles.

Il y a les  classes de découverte en dehors de Vitry “d’une durée de onze jours pour les élémentaires et d’une semaine pour les grandes sections maternelles, précise Daniel Mothet. La coopération intercommunale permet l’accès à plusieurs centres gérés par VVL. Plus de 50 classes sont concernées chaque année. Le planning est établi en fonction des demandes des écoles”. Environ 1000 enfants vitriots profitent chaque année de ce dispositif.

Il y a les équipements culturels et sportifs que la ville met à disposition des élèves. Il y a la semaine de la science dénommée Vitry-sur-science, au mois de mai, la semaine du goût (Vitry fête le goût) au mois d’octobre. Il y a la prévention routière. Et puis, il y a l’équipement des écoles en matériel informatique. Il se fait sur la base de projets présentés par les équipes pédagogiques : c’est un groupe de travail, composé des services Éducation et Informatique, de directeurs d’école et du conseiller TICE de la circonscription pour l’Éducation nationale, qui examine les demandes et valide les projets informatiques.

La ville finance le matériel en informatique, des tablettes, des vidéoprojecteurs interactifs, du matériel spécifique pour les enfants en situation de handicap. Elle a complété l’aménagement des salles informatiques par des équipements en fond de classes. À partir de la rentrée 2015, trois classes des écoles élémentaires Jules-Verne et Victor-Hugo recevront des tablettes numériques. Des projets de tablette, avec des logiciels éducatifs, sont à l’étude pour les écoles maternelles.

Il y a une vraie volonté de la municipalité de soutenir  l’éducation, et ça donne envie de s’investir, se réjouit Laurent Barbier, directeur à l’élémentaire Montesquieu.

15-08-15 travaxu-extension-wallon SLL'extension de l'école maternelle Henri-Wallon, dont les travaux ont débuté cette été, sera achevée d'ici la fin de l'année.© Alex BonnemaisonEnfin, il y a les travaux dans les écoles. Là encore, le montant des dépenses est important. Parmi les gros chantiers attendus, la reconstruction de l’école  maternelle Éva-Salmon, qui démarrera en octobre. Coût de cette phase : 3,7  millions d’euros. Pendant les grandes vacances d'autres travaux ont eut lieu dans les écoles, les écoles maternelles  Paul-Langevin et Henri-Wallon ont été agrandies pour assurer l’accueil de nouveaux élèves. Coût de l’opération : respectivement 400 000 € et 720 000 €.

Un peu partout, dans les autres écoles, haltes-garderies et crèches, des façades de préau ont été rénovées, des fenêtres remplacées, une cour restructurée…

Des aides financières et un projet éducatif

Au-delà des moyens financiers, il y a les valeurs portées par la ville, qui prennent sens à travers le projet éducatif réactualisé en 2012. Les objectifs du projet  éducatif de territoire (PEDT), voté le 1er juillet en conseil municipal, sont les  mêmes que ceux qui étaient déclinés dans le projet 2012 :

  • favoriser le mieux vivre ensemble,
  • permettre l’apprentissage de la laïcité et la citoyenneté,
  • développer la complémentarité éducative,
  • renforcer les liens avec les familles et associer les parents,
  • favoriser l’ouverture culturelle,
  • diversifier l’offre de loisirs et développer les partenariats.

Le texte a également pris en compte la nouvelle organisation imposée par la réforme des rythmes scolaires (qui relève de l’Éducation nationale) et  l’allongement du temps méridien (qui impacte la ville). Pour le rédiger, elle a associé plusieurs partenaires institutionnels et a concerté les parties concernées par ces bouleversements : parents, enseignants et personnels communaux.

3-15-06-12-Marcel-Cachin-Rythme-Scolaire--AB- 3-sur-21 Pendant la pause méridienne, allongée depuis la rentrée 2014, la ville propose aux enfants différentes activités qu'ils sont libres de choisir. Ici à l'école Marcel-Cachin© Alex BonnemaisonLa mise en place des nouveaux rythmes scolaires a impliqué une modification des horaires de plus de 700 agents communaux (ATSEM, animateurs et directeurs des centres de loisirs, vacataires de restauration, agents des sports…).

Des réunions plénières, des consultations ont été organisées et un groupe de travail a été mis en place auquel Nadine Ouvrat, directrice de la maternelle Anatole-France, a participé : La démarche d’être associée à ce dispositif était indispensable, témoigne-t-elle. La mairie avait formulé un projet ; elle avait fait un état des lieux, elle a proposé des pistes que nous avons reprécisées,  aménagées, retravaillées, rediscutées pour que ça corresponde aux besoins. Il s’agit d’une base de travail qui a démarré cette année avec une partie constat et une partie adaptation, qui va se poursuivre et qui va être réévaluée régulièrement  pour voir quels ajustements sont nécessaires.

Pour Laurent Barbier, lui aussi associé au groupe de travail, ce fut l’occasion d’une “vraie discussion pour permettre la liaison entre le temps mairie et le temps scolaire. L’Éducation nationale, par le biais des inspecteurs de circonscription, ainsi que la mairie ont permis de libérer du temps institutionnel afin de pallier cette difficulté. Pour que ça se passe bien, il faut que les gens se rencontrent. Or, notre problème, c’est que nous manquons de temps de concertation pour prendre en compte la journée de l’enfant de 7 heures jusqu’à 18 heures”.

Le PEDT permet à la ville de renouveler le fonds de soutien que l’État lui verse pour la mise en place de la nouvelle organisation du temps scolaire. Mais ce  fonds ne couvre qu’un quart des dépenses globales induites, notamment par l’allongement du temps méridien, en termes de matériel, d’investissement, de travaux dans les locaux, de vacations supplémentaires et de formation du personnel.

La volonté politique, le service mis en place, la concertation entre partenaires, le projet éducatif constituent une base solide pour promouvoir une éducation de qualité. Mais qui ne peut que se fissurer si l’argent des pouvoirs publics n’est pas là pour l’étayer…

Temps périscolaire - Pause méridienne

Depuis septembre 2014, des ateliers ont été mis en place pendant le temps méridien des élèves. En octobre, 184 ateliers pris en charge par la ville ont été mis en place dans les écoles durant la pause méridienne de deux heures ; en janvier, on en comptait 317 ; en juin, 348.

Le dispositif a évolué tout au long de l’année, école par école. Il a fallu, entre autres, faire face au problème de recrutement de vacataires pour animer les ateliers, les former, trouver des locaux dans certains établissements scolaires. « Un groupe de travail composé d'élus, des parents d’élèves, des personnels municipaux, des enseignants et des associations locales se réunit pour échanger sur les contenus et les orientations, précise Olivia Huard, cadre référent sur le temps méridien au service Éducation. Des points ont été réalisés à la fin de chaque cycle scolaire qui ont permis de faire des ajustements. »

Restent des points d’achoppement.

Alessandra Passos, représentante de parents d’élèves sur une liste indépendante à la maternelle Cachin, regrette « la décision prise à la hâte et l’organisation retenue qui ne raccourcit pas vraiment la journée tout en ajoutant une journée supplémentaire ».

Amel Youcef Sba, enseignante à la maternelle Kergomard, constate une plus grande fatigue des enfants : « les grands mangent tard, à 13 heures, et dans certaines maternelles, il n’y a pas de collation. Je récupère les moyens à 14 heures fatigués ».

Élisabeth Mélo, représentante des parents d’élèves FCPE à Pascal, souligne « une vraie volonté municipale d’améliorer la pause méridienne, mais il est difficile de savoir ce qui se passe dans chaque école ». D’une manière générale, la réactivité de la ville et la qualité des activités sont plébiscitées.

Pour Agnès Ludger, « référente temps méridien » à la maternelle Salmon, « agrandir la plage horaire a permis de mieux accueillir les 350 enfants qui mangent à la cantine, dont 200 environ sont intéressés par les ateliers ».

À l’élémentaire Jaurès, la référente, Séverine Rupaud, insiste sur l’étendue de la  gamme des ateliers : « Nous les avons mis en place progressivement, mais nous sommes rodés maintenant ».

Enfin, d’un questionnaire auquel 55 parents ont  répondu, établi par Michel Nietto, représentant FCPE de parents d’élèves, il  ressort que 63 % d’entre eux se disent satisfaits par la mise en place des nouveaux rythmes scolaires…

Questions / Réponses à
Cécile Veyrunes-Legrain, 1ère adjointe au maire

  • Avec la réforme des rythmes scolaires, la ville a pris en charge ce qui relevait du temps méridien. Quelles premières constatations en tirez-vous ?

Tout au long de l’année, il a fallu voir avec les équipes comment se sentaient les enfants. C’est un processus évolutif qui ne peut pas se mettre en place rapidement. Nous nous sommes, par exemple, rendu compte que la suractivité n’est pas toujours bonne : ne rien faire, surtout pour les plus petits, est   réparateur. Dans certains lieux, manger sans se presser était pour eux un vrai confort. Nous allons poursuivre les échanges entre élus, parents d’élèves, acteurs de l’école et du périscolaire, associations et intervenants qui prennent en charge les activités sur le temps méridien. J’espère que cette année expérimentale va faire émerger des envies. La grande question est celle des dotations promises  par l’État : pour l’instant, la ville en est plutôt de sa poche.

  • Comment  comptez-vous maintenir la qualité de vos services en direction de l’école alors que les dotations de l’État diminuent ?

Nous sommes entrés dans une bataille. Nous avons demandé à l’État les 24 millions de dotation qu’il ne nous a pas attribués, ce qui nous handicape lourdement dans notre fonctionnement. Nous avons besoin de cet argent. Notre priorité est de miser sur l’enfant : nous voulons lui donner les meilleures chances possibles pour qu’il devienne un citoyen à part entière, capable d’accepter la diversité, de vivre en collectivité.

  • La question des rythmes scolaires est-elle centrale ?

La vraie question consiste à réinterroger l’école, la société, à parler du fond, c’est-à-dire des programmes et de la réussite de tous les élèves, plutôt que de la forme. Ceci étant posé, nous voulons accompagner les groupes de travail pour qu’ils puissent continuer à oeuvrer et à apporter de la matière. Il faudra modifier certains aspects de notre projet éducatif pour le rendre plus précis. Les remises  en question au sein de l’école aujourd’hui posent le problème d’une prise en charge par la ville de ce qui devrait l’être par l’Éducation nationale, si l’on souhaite vraiment l’égalité des chances.

 

Dossier réalisé par Joëlle Cuvilliez
pour Vitry le Mensuel de septembre 2015

 

Soyez le premier à réagir à cet article

 
Laisser un commentaire
Validation

Pour valider le formulaire, saisissez les 4 derniers caractères de la série, sans espace en respectant les majuscules et les minuscules.

  • L
  • 1
  • M
  • Z
  • 8
  • 6
  • 6
  • K

*Champs obligatoires

plus d'infos

Rentrée 2015 : les ateliers du temps méridien ne reprennent que le 7 septembre, afin de finaliser, dans de bonnes conditions, leur organisation.

_______________

En chiffres :

- 59,4 millions, c’est la contribution municipale à l’action éducative en faveur de l’Enfance et de la Jeunesse.

- 800 000 € par an, c’est le coût du financement des classes de découverte pour la collectivité.

- 31,50 € par élève et par an sont octroyés par la ville aux écoles primaires pour l’achat de papeterie, de fournitures… auxquels il convient d’ajouter 8 € pour l’achat de livres pour les élèves des écoles élémentaires.

Organisation :

- Les horaires scolaires 2015 sont les mêmes qu’en 2014.
- Le groupe de travail sur le temps méridien est ouvert à tous les parents d’élèves, élus ou non. Pour plus de renseignements, contacter le 01 46 82 83 25.
- Toujours à propos du temps méridien, un groupe de réflexion sur la communication va se mettre en place. Pour en savoir plus, appeler le 01 46 82 83 25 à partir de fin septembre.

> plus d'infos sur l'organisation de l'école et du temps péri-scolaire à Vitry

Partager sur :

Facebook Twitter

Envoyer:

Envoyer