Elimination de la violence à l’égard des femmes

En France, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les deux jours.En France, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les deux jours.© Doidam

Solidarité

Publiée le 29 octobre 2019

Le 25 novembre : Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Cette année, c’est aussi ce jour-là que seront rendues les conclusions du Grenelle gouvernemental des violences conjugales. En attendant, quelques informations sur les dispositifs existants sur le territoire communal.

En France, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les deux jours. Et cela depuis des décennies. Début octobre 2019, plus de 115 meurtres étaient déjà recensés par le collectif Féminicides par compagnon ou ex.

Si on assiste en ce moment à la libération de la parole des femmes, cela n’efface en rien cette réalité glaçante. Les meurtres conjugaux surviennent souvent lorsque le couple vacille, au moment de la séparation, et alors que la victime endurait des violences depuis des années. Ces violences peuvent être psychologiques, verbales, physiques et/ ou sexuelles.

Elles se caractérisent par une emprise psychologique du conjoint qui agit très souvent de la même manière : isolement (familial, professionnel, amical, social) de la victime, dévalorisation et humiliation, culpabilisation, instauration d’un climat de peur. Ces femmes, fragilisées, deviennent totalement dépendantes de leur conjoint, et la présence d’enfants rend souvent leur départ plus difficile, par crainte de ne plus les voir ou de rompre l’unité familiale.

Alors, comment les aider ?

Malgré l’urgence et le décompte qui s’alourdit de jour en jour, les conclusions du Grenelle sur les violences conjugales que le gouvernement a lancé cet été ne seront dévoilées que le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Ces conclusions sont attendues de pied ferme à Vitry-sur-Seine, où la municipalité et ses partenaires travaillent de longue date sur les violences faites aux femmes, dans la sphère privée comme dans l’espace public.

Recevoir et protéger

De nombreux dispositifs et équipements sont consacrés à la protection concrète des femmes victimes de violences. À la mairie, les services sont formés pour recevoir, orienter et aider, qu’il soit question de soutien psychologique ou social, ou de problèmes liés à l’habitat ou la famille. Il s’agit d’abord d’accueillir et d’écouter les victimes. Les portes sont ouvertes, du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) jusqu’au bureau de l’élue concernée, Isabelle Ougier. Le bureau de la police municipale est aussi à l’écoute.

Le commissariat, alerté sur certaines difficultés rencontrées lors de dépôt de plaintes ou de mains courantes, a annoncé agrandir son unité dédiée aux affaires familiales et perfectionner sa capacité d’accueil des victimes de violences. Il s’agit ensuite de les accompagner, de les suivre à plus long terme afin de prévenir les retours au domicile conjugal, fréquents.

L’Espace départemental des solidarités (EDS), l’association Tremplin 94 – SOS Femmes et le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), pour ne citer qu’eux, apportent une aide précieuse et assurent un accompagnement pluridisciplinaire.

Les bailleurs interviennent aussi sur la question et, désormais, à Vitry, un hébergement d’urgence pour les femmes victimes de violences existe. Géré par le département et l’AUVM, il permet la mise à l’abri de ces dernières dans de meilleures conditions. Le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) garantit, quant à lui, le suivi judiciaire des auteurs de violences condamnés.

La rédaction

Question / réponse à...

Isabelle Ougier, conseillère municipale déléguée au Droit des femmes

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux femmes victimes de violences ?

Qu’elles aient été agressées dans l’espace public ou chez elles, il est important qu’elles demandent de l’aide. Il n’y a aucune honte à cela. Moi, je reçois souvent des dames qui se sentent gênées, qui finissent par se dire que c’est un peu de leur faute. Or, s’il y a bien un message fort à faire passer, c’est qu’il existe des situations intolérables et que c’est légitime de demander de l’aide : parler, être ensemble, partager une appréciation, c’est se rendre visible. Au final, le sujet des violences faites aux femmes n’est pas seulement une question de mise en place de dispositifs de sécurité, c’est aussi une question de créer des liens dans un espace partagé et de savoir reconnaître des personnes ressources. Par exemple, au cours de la marche exploratoire autour de la gare, les usagères n’ont pas arrêté de dire que la meilleure façon de sécuriser, c’était de mettre du monde au guichet. À un moment, il faut de l’humain. De l’humain, du service public et des moyens. Et c’est ça, notamment, qu’on attend du Grenelle du gouvernement.

 
  • Lahcene le 01/11/2019 à 18:29

    L'article manque de fond car il surfe sur l'actualité (mee too). La question est de savoir s' il convient de hiérarchiser les violences?La violence sur les enfants ou les hommes battus, sujet tabou dans notre société. Il convient de dénoncer toutes formes de violence et non pas de dresser un ...Lire la suite

 
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