Il y a 50 ans : mai 68

Usine Sciaky : Grève et occupation : 151 entreprises de Vitry et d’Ivry à l’arrêt.Usine Sciaky : Grève et occupation : 151 entreprises de Vitry et d’Ivry à l’arrêt.© Archives municipales

Culture

Publiée le 28 avril 2018 - Mise à jour le 29 avril 2018

L'irruption en mai 68 de soulèvements étudiants et de grèves salariées a accéléré la mutation sociale en France. Des Vitriots témoignent.

ITINERAIRE
13 mai : Grève générale à Paris et manifestation contre la répression des mobilisations étudiantes démarrées le 22 mars. Salariés et lycéens vitriots sont dans la place.13 mai : Grève générale à Paris et manifestation contre la répression des mobilisations étudiantes démarrées le 22 mars. Salariés et lycéens vitriots sont dans la place.© Achives municipales
Rassemblement ex rue du Moulin. Cheminots et ouvriers de la centrale occupent leurs usines. Le mouvement se généralise dès le 20 dans le pays : 7 millions de grévistes sur 14 millions d'actifs.Rassemblement ex rue du Moulin Cheminots et ouvriers de la centrale occupent leurs usines. Le mouvement se généralise dès le 20 dans le pays : 7 millions de grévistes sur 14 millions d'actifs.© Archives municipales
Usine Sciaky : Grève et occupation : 151 entreprises de Vitry et d’Ivry à l’arrêt.Usine Sciaky : Grève et occupation : 151 entreprises de Vitry et d’Ivry à l’arrêt.© Archives municipales
Fin mai : Manifestation lycéenne à Paris à quelques jours des Accords de Grenelle le 27 et de la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Charles de Gaulle le 30.Fin mai : Manifestation lycéenne à Paris à quelques jours des Accords de Grenelle le 27 et de la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Charles de Gaulle le 30.© Archives municipales

En Mai 68, les Vitriots ont vécu des expériences collectives fortes. La rébellion souffle ici comme en France. Les étudiants et lycéens opposés à l’autorité immortalisent des slogans “Il est interdit d’interdire”, “À bas la société de consommation” et la jeunesse devient un acteur social.

Dans l’Hexagone, facs puis établissements du secondaire sont occupés par les jeunes dès mars et avril. Mi-mai, délogés, les étudiants s’opposent derrière des barricades aux forces de l’ordre à Paris, et la population au travail, guidée par les syndicats, manifeste son indignation à cette répression.

Grève générale (151 usines à Vitry- Ivry) et grandes manifestations s’enclenchent…Beaucoup ont des images en mémoire. Colette Maldonado, mécanographe de 23 ans, revoit “CRS et militaires passer sur une RD5 déserte pour rejoindre Paris” et ensuite, pour les femmes, “de meilleurs salaires, le pantalon, la pilule, les sorties au resto et en soirée entre collègues femmes, le divorce par consentement mutuel...”

Côté lycéens, à Chérioux-garçons, en grève, l'élève Patrick Pérez-Sécheret, 16 ans, président d'un Comité d'action lycéen, se souvient :

“les élèves se rassemblaient assis dans la cour pour ma réintégration quand j'étais mis à pied”.

Comme dans toute la France, il obtiennent alors : mixité, droit de réunion, délégués élèves et parents au conseil d'administration, et, dans les facs, l’accès libre et gratuit et l’autonomie.

Un prof pointe d’autres transformations : augmentation de salaire et relations profs-élèves nettement assouplies, voire “parfois, la perte complète d’une certaine rigueur”.

De son côté, Serge Hulot, technicien de labo de 24 ans et syndicaliste cégétiste à Rhône-Poulenc, se souvient des nuits sur place et des débats organisés parfois avec des artistes.

“Ça a été comme un tremblement de terre avec des secousses longtemps après”.

Lors du Constat de Grenelle, le mouvement permit de décrocher 10% d'augmentation de salaire, celle du Smig, la baisse des heures travaillées, la création de sections syndicales dans l’entreprise.

A la mairie, également en grève, l’élan de Mai 68 dynamisera le service vacances et le Centre culturel, fera éclore le service jeunesse, le centres de quartier et de loisirs et, dans le domaine de la culture, le prix de peinture Novembre à Vitry.

Michel Caserta (fondateur de la Briqueterie), 35 ans, alors directeur du Centre culturel, constate :

"Après Mai 68, les gens parlent autrement, s'habillent autrement, bougent autrement".

Gwénaël le Morzellec

 
  • Marthe le 04/05/2018 à 11:06

    Quelle surprise de se retrouver au 1er rang d'une manifestation et reconnaître les amis et camarades disparus, Jean, Robert et tous les autres.Lire la suite

  • Taiki le 02/05/2018 à 13:49

    Je suis arrivé à Vitry en 66, j'avais 4 ans, j'ai jamais quitté et je suis allé faire mes études à Louise Michel, puis Romain Rolland, et Jean Macé et Chérioux. Que de souvenirs de ces belles années, Vitry et ses couleurs, les lilas, blancs et violet partout, les petites routes, les ...Lire la suite

 
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