Jeunes vitriots à Hiroshima et Nagasaki : carnet de voyage

japon2015Pendant leur voyage, les jeunes Vitriots sont aussi allés à la rencontre des sinistrés du tsunami du 11 mars 2011, ici dans un centre temporaire d'hébergement.© DR

Publiée le 27 août 2015 - Mise à jour le 20 octobre 2015

Dix jeunes Vitriots sont partis cet été au Japon avec le service municipal de la Jeunesse dans le cadre d’un projet autour des 70 ans des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Michèle Moussissa, jeune participante, qui a choisi de réaliser un carnet de voyage autour de la problématique « Partir ou rester, le choix des survivants victimes du nucléaire », raconte.

Lundi 17 aout 2015 – Il est 15h15

Je me trouve dans le Shinkansen qui prend la direction de Sendai. C’est un trajet de deux heures et demie.

Je viens de rencontrer deux hommes d’affaires guinéens qui se dirigent vers Minamisoma, une ville touchée par le tsunami et à la limite de la zone irradiée. Alors que je les aborde, l’un d’entre eux m’apprend qu’il a survécu au tremblement de terre et au tsunami qui ont frappé les côtes japonaises le 11 mars 2011.

Il a accepté de répondre à mes questions et m’a raconté la tragédie, des premières secousses à son évacuation. Les deux hommes descendent à la gare de Fukushima. Cette rencontre survient à la moitié de notre séjour au Japon, je décide alors de faire une introspection sur les deux dernières semaines passées et mon expérience personnelle au sein de cette aventure et je repense à tout ce que nous avons vécu depuis notre arrivée au Japon.

Nous avions le choix de parler du nucléaire militaire (Hiroshima / Nagasaki) ou du nucléaire civil (Fukushima). Je souhaitais aborder ces sujets, aussi, j’ai développé une problématique commune aux trois évènements : « Partir ou rester, le choix des survivants victimes du nucléaire. ».

Pour ce projet, j’ai choisi de rédiger un carnet de voyage ponctué par les échanges (sous la forme d’interviews) que j’aurais avec les hibakusha (survivant(e)s des bombardements nucléaires), mais aussi les survivants réfugiés du tsunami et de l’accident nucléaire de Fukushima.

Le cœur de notre voyage : les 70 ans des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Chacun de nos projets suit le même fil conducteur : un devoir de mémoire, de transmission et de prise de conscience pour la jeunesse de Vitry-sur-Seine.

Je suis arrivée à Hiroshima sans avoir forcément conscience de l’importance de ces commémorations. le 6 août au matin, en arrivant au parc de la Paix (Peace Park), le parterre de foule m’a laissé sans voix. Des centaines d’individus, hommes, femmes et enfants, étaient présents à attendre, pour la plupart debout sous la chaleur implacable, pour célébrer, faire vivre et faire perdurer le souvenir de cette tragédie. Alors que nous entendions brièvement des bribes de discours à travers le brouhaha de la foule et que nous essayions de prendre quelques photos, 8 heures 15 sonnent.

Soudain, plus aucun bruit. Un silence religieux. C’est l’heure. Le temps de la prière.

3 jours plus tard, le 9 août, à Nagasaki, le même scénario se joue. À chacune des commémorations les minutes de silence m’ont semblé être une parenthèse, comme une coupure de notre monde, soudain je prenais alors conscience qu’il y a 70 ans à la même heure, la vie de plusieurs milliers de personnes bascula dans l’horreur et le deuil."

Michèle Moussissa

 
  • Jean-Louis Heng le 03/09/2015 à 01:13

    Bon article qui nous laisse une impression de compassion entre vous et ce que vous avez vécu durant ce séjour de part vos rencontres et votre pensée forcément au passé qui s'est produit il y a de cela 70 ans. Cette idée de problématique est intéressante du fait que certains partent pour ...Lire la suite

  • Privilégié numéro 1 le 02/09/2015 à 21:37

    Bonsoir Métais, Oui, merci bien pour les vacances. Nos impôts nous ont été utiles. Nous avons apporté notre aide volontaire à une ONG qui soutient les populations touchées par le Tsunami de mars 2011. Nous avons représenté la ville de Vitry-sur-Seine lors des 70 ans des ...Lire la suite

  • Quentin le 02/09/2015 à 21:27

    Métais : Vitryo. Vitréen n'existe pas. Et ces jeunes et leurs parents payent aussi des impots.Lire la suite

  • Métais le 02/09/2015 à 10:08

    J'espère que ces privilégiés qui auront pris des vacances financées par les impôts des vitréens et d'autres citoyens français témoigneront de leur gratitude!Lire la suite

 
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