Le point sur... la rentrée 2018 à Vitry

Rentrée VitryRentrée scolaire à l'école Makarenko.© Alex Bonnemaison

Education

Publiée le 11 septembre 2018 - Mise à jour le 12 septembre 2018

Près de 19 600 élèves ont rejoint le primaire et le secondaire. En primaire, on déplore à l’élémentaire Jean-Moulin le refus d’un CP dédoublé.

La rentrée s’est déroulée sans accroc majeur. Deux nouveautés marquent cette reprise : les CP 100 % réussite et la modification des horaires scolaires.

Près de 19 600 élèves ont rejoint le primaire et le secondaire. On déplore, à l’élémentaire Jean-Moulin, le refus d’un CP dédoublé, grande nouveauté de cette rentrée avec le rétablissement des anciens horaires scolaires.

Des manques de moyens perdurent généralement.

“On n’y comptait pas de point de tension local, sauf, comme partout, la modification des décharges et la disparition des « plus de maîtres que de classes »”, souligne Cyrille Micheletta, membre du syndicat enseignant Snuipp-FSU.

Avec les autres syndicats, ils restent vigilants face :

  • aux remplacements de profs absents ;
  • au nombre d’auxiliaires de vie scolaires ; 
  • au manque de réseaux d’aide ; 
  • au manque de psychologues ; 
  • au manque d’infirmières ; 
  • au manque de médecins. 

Côté parents d’élèves, la FCPE note pour l’instant “un problème de remplacement à Montesquieu qui devrait se régler”, souligne Gaëlle Angello Santo, coordonnatrice primaire et secondaire pour la FCPE.

Dès le 5 septembre, L’Éducation nationale a accordé à l’élémentaire Jules-Verne une ouverture de CP fortement réclamée par les syndicats, notamment le Snudi-FO, mais pas à Jean-Moulin où le comptage des élèves le jour de la rentrée n’était pas concluant. D’autre part, à la maternelle des Malassis, où les parents étaient en alerte, la classe promise à la fermeture a été conservée. Rappelons que Jean-Jaurès avait arraché de haute lutte l’annulation de cette fermeture mi-juin.

Deux nouveautés marquent cette rentrée. D’une part, le retour aux anciens horaires scolaires – un changement qui a étonné les enfants le premier mercredi sans école ! D’autre part, la mesure “100 % réussite” du ministère de l’Éducation s’est appliquée aux CP d’écoles en réseau d’éducation prioritaire, soit dans 35 classes de 10 écoles. 

Elles ont été dédoublées pour former des classes en principe à 12, mais parfois à 14 ou 15.

“Pour ce faire, la ville a acquis du mobilier, notamment, des tableaux et des bureaux pour les enseignants”, précise Stéphane Biechy, directeur des services socio-éducatifs à la ville.

Une contribution qui s’ajoute à une politique solide pour la réussite éducative portée par la municipalité. 

Cet effort remarquable pour renforcer l’apprentissage chez les plus petits se fait, selon les syndicats, avec des effectifs insuffisants et au détriment des maternelles et élémentaires non REP du département. Il laisse aussi parfois les parents perplexes, car les classes ne sont pas toujours décloisonnées. 

Ainsi à Cachin A, où 4 CP sur 5 ne sont pas parvenus à s’isoler, deux professeurs binôme reconnaissent que "c’est difficile à gérer au début, mais cela n’empêche pas le travail commun. Il faut partager le temps de parole. L’une explique la phonologie ou les mathématiques tandis que l’autre prépare les ateliers de groupe en autonomie”, précisent-elles.

“Nous pouvons ainsi observer les difficultés des élèves, repérer celles et ceux qui décrochent, les moments de déconcentration, de difficultés et réguler à l’instant T.”

Le dédoublement sans décloisonnement a nécessité pour elles réunions à domicile le week-end et échanges téléphoniques le soir pour caller le travail commun.

“On tâtonne pour trouver le meilleur moyen de travailler, mais ça va s’améliorer”, confient ces professeurs qui bénéficieront prochainement de formations spécifiques.

Elles espèrent cependant bénéficier de la salle informatique pour être face à leur classe attitrée un moment chaque jour. 

“Cet après-midi, ils ont manipulé des dés et des bâtons pour compter jusqu’au nombre 5, en quelques minutes, ça m’a été facile de repérer ceux qui avaient des difficultés.”

Loïc, un des profs de CP à Paul-Éluard B, compte douze élèves dans les quatre murs de sa classe et se dit “très content”. 

“C’est bien plus agréable pour les élèves. J’ai le temps de m’occuper d’eux avec suffisamment de place pour faire des petits groupes. Cela permet de prolonger le travail d’atelier, comme les puzzles et jeux mathématiques par exemple, qui paraît intéressant en maternelle, et d’avoir le temps pour l’acquisition des fondamentaux, l’écriture, la lecture, le calcul demandé en élémentaire.” 

À Anatole-France, aux 5 CP décloisonnés grâce à deux salles jusque-là vouées au travail de groupe, bénéfique pour toute l’école, on trouve aussi “que les élèves entrent plus vite dans l’apprentissage”.

“Ici, on s’est organisé : on a travaillé tous ensemble pour programmer l’apprentissage en ayant une structure commune et on essaie de mettre en place un système où un des enseignants prendrait un groupe d’élève en difficulté”, soulignent Jéromine et Marianne, professeurs en binôme.

“En réalité, on est 14 par classe, tiennent-elles à préciser. Ce qui donne, dans certaines écoles où les classes ne sont pas décloisonnées, 28 élèves ou plus !” 

L’an prochain, c’est au tour des CE1 d’être divisés par deux. Certains directeurs d’école s’interrogent sur les moyens alloués à ce nouveau dédoublement par l’Éducation nationale et sur les espaces à trouver au sein des écoles pour y parvenir.

Gwenaël le Morzellec

 

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