Les EHPAD mobilisés

Le mouvement national de grève dans les établissements pour personnes âgées dépendantes a surpris par son ampleur. Tout le personnel de l’EHPAD de Vitry était également mobilisé.Le mouvement national de grève dans les établissements pour personnes âgées dépendantes a surpris par son ampleur. Tout le personnel de l’EHPAD de Vitry était également mobilisé.© Sylvain Lefeuvre

Santé

Publiée le 05 février 2018

Le mouvement national de grève dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes a surpris par son ampleur. Tout le personnel de l’EHPAD de Vitry était également mobilisé.

Près d'un tiers des personnels des EHPAD ont répondu mardi 30 janvier à l’appel de l’intersyndicale (CGT, CFDT, FO, UNSA, CFTC, CFE-CGC et SUD).

Du jamais vu dans le secteur. Personnels soignant, administratif ou technique, tous dénoncent le manque d’effectifs et de moyens qui ne leur permet plus d’accompagner les personnes âgées dignement.

Les témoignages poignants se sont succédé dans les médias pour raconter des conditions de travail dégradées et une pression constante qui engendre absentéisme, épuisement physique et psychique.

À l’EHPAD des Lilas, les 52 agents du personnel – aides-soignants, médecins, magasiniers, techniciens ou agents d’entretien – étaient également en grève (“assignés” pour assurer la continuité du service), ainsi que le directeur par intérim de l’établissement, Richard Tourisseau, par ailleurs directeur du Groupement de coopération sociale et médico-sociale (GCSMS) des EHPAD publics du Val-de-Marne qui compte plus d’un millier de lits.

Créé en 2007, le GCSMS permet la mutualisation des compétences et l’optimisation des locaux et des équipements, afin d’assurer un service public de qualité.

“Depuis plus de 30 ans, je me bats pour avoir plus de personnel et je vais être obligé de ne pas remplacer des postes”, déplore Richard Tourisseau, qui attendait “un peu de compréhension de la ministre” pour ces agents qui accompagnent au quotidien des personnes de plus en plus dépendantes et qui sont confrontés à la mort en permanence.

Pour Djamel Hamani, adjoint au maire en charge de l’Action sociale, qui soutient le mouvement, “bien vieillir est un droit, nos aînés méritent notre plus grande attention. L’État doit prendre la mesure de la déshumanisation en cours et sortir de cette logique de rentabilité”.


“Nous travaillons à flux constant et les établissements n’ont pas les moyens d’embaucher, aussi le choix est soit de fermer des lits, soit réduire le temps de soin offert à chaque résident”, constate également Barbara Filhol, secrétaire générale CGT pour les EHPAD du Val-de-Marne et agent d’accueil à l’EHPAD des Lilas qui, à l’instar de tous les professionnels du secteur, demande “plus de temps”.

L’intersyndicale réclame ainsi ;

  • un agent ou un salarié par résident,
  • mais aussi l’abrogation de la réforme de la tarification contestée,
  • l’arrêt de la baisse des dotations,
  • et le maintien des effectifs.

L’enveloppe de 50 millions promise est largement insuffisante pour répondre à ces demandes.

“Elle représente la création d’un poste d’aide-soignant pour 7 EHPAD et il y en a 71 en Val-de-Marne, comment arbitrer ?” interroge Barbara Filhol, qui annonce la poursuite du mouvement avec une nouvelle journée de grève en mars, cette fois avec préavis de grève journalier et reconductible.

“On ne lâchera pas”, promet-elle.

Claire Prieur

 

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