Métro et insertion professionnelle

Les clauses d’insertion pour embaucher des personnes éloignées de l’emploi, c’est une réalité sur les chantiers du Grand Paris Express.Les clauses d’insertion pour embaucher des personnes éloignées de l’emploi, c’est une réalité sur les chantiers du Grand Paris Express. © Sylvain Lefeuvre

Économie / Emploi

Publiée le 12 mars 2018 - Mise à jour le 13 mars 2018

À l’accueil, l’entretien, la circulation… Une dizaine de Vitriots travaillent en insertion sur les chantiers du Grand Paris Express. Ils témoignent.

Les clauses d’insertion pour embaucher des personnes éloignées de l’emploi, c’est une réalité sur les chantiers du Grand Paris Express.

Leur gestion au plus près du territoire a été conventionnée par :

146 000 heures ont ainsi été contractualisées entre la SGP et le groupement Horizon sur les chantiers de génie civil de la ligne 15 sud (dont la livraison est prévue en 2024) entre les gares Vitry-centre et Créteil-l'Échat.

"Depuis son lancement, 23 % des contrats ont concerné des Vitriotes et Vitriots", souligne Éric Valy au GOSB, en charge de la coordination.

  • Aurore Szezur 29 ans - hôtesse d'accueil en insertion

"J’ai tout de suite été mise dans le bain", explique Aurore Szezur, Vitriote de 29 ans, une des premières à avoir rejoint l’équipe des chantiers du métro mi-octobre, orientée par Pôle emploi, embauchée par Bouygues Construction. Cette jeune maman, diplômée d’un master de recherche historique et d’un master 2 en relations internationales, est "contente qu’on lui ait donné l’occasion de retravailler".

Au côté de la DRH à l’agence du groupement Horizon rue Malleret-Joinville, elle s'occupe de l'accueil.

"Travailler, c’est bon pour mon moral et important pour l’image que je donne à mon fils", confie la Vitriote.

Elle rêverait d’un poste orienté vers le développement durable, mais peinait depuis plusieurs mois : sans place en crèche, elle ne parvenait pas à décrocher d’emploi.

  • Thierry Pauchet 55 ans - CDI à temps partiel d'agent d'entretien en insertion

À quelques rues, au chantier Arrighi où vont être creusés les puits d’accès des 2 tunneliers, c’est Thierry Pauchet, Vitriot de 55 ans, qui travaille en CDI à temps partiel. Il est salarié par Proptech.

"Je nettoie la cuisine, la pharmacie, les vestiaires et 64 bureaux, indique Thierry, et du nettoyage, il y en a besoin : le chantier charrie boues et eaux quelle que soit la météo. Ça me plait le ménage et l’entretien, les gens sont gentils et c’est tout près de chez moi. Mon objectif, c’est d’avoir du travail jusqu’en 2024 et atteindre l’âge de ma retraite".

L’accompagnement en insertion de 2 ans permet d'éviter le chômage en :

  • améliorant des situations personnelles (humaines, financières, d’habitation),
  • occupant des emplois,
  • se formant.

Courant 2018 est prévue l’embauche en insertion de 16 coffreurs boiseurs et 16 opérateurs tunneliers sur ce même chantier.

> Les métiers du Grand Paris Express

  • Ifrane Bourega, 20 ans - employé à temps plein en interim d'insertion

Sur le chantier Arrighi encore, Ifrane Bourega, 20 ans, en intérim d’insertion à temps plein chez Tedelis, orienté par la mission locale, se tient près de grands casiers à déblais où attendent les terres extraites classées selon leur taux de pollution. Le jeune homme, qui connaissait déjà le travail sur chantier, habite chez ses parents et a laissé tomber sa première année en fac en physique moléculaire parce qu'il ne sait pas ce qu'il veut faire.

"Ma mission, c’est de saisir sur tablette le suivi des camions, je donne un bon de livraison au chauffeur qui doit apporter son chargement dans une déchèterie. Ça m’apporte un salaire, poursuit Ifrane, j’en profite et j’économise aussi. Peut-être un jour, j’arriverai à me projeter vers quelque chose qui me plait. Mais ça, c’est encore difficile pour moi."

  • Patrice Faustan, 59 ans - en interim d'insertion

Sur le chantier très encastré de la future gare de Vert-de-Maisons à Maisons-Alfort, Patrice Faustan, Vitriot de 59 ans, est lui "l’homme trafic". En intérim d’insertion chez Solétanche Bachy, il a été dirigé par Pôle emploi. Hier, sur cette étroite emprise garnie de bennes hydrauliques excavatrices qui percent à 75 mètres sous le sol, sont passés une centaine de camions toupie. Ils se sont relayés toute la journée pour apporter le béton pour réaliser les parois moulées de la gare.

Le jet dans la main pour retirer des gravats près de la grille, l’œil aux aguets sur la sécurité et la circulation, cet ancien de la Poste, aime être dans le jeu du grand chantier.

"Vous êtes volontaire, intéressé, commente son chef de chantier, en s’adressant à lui. Je découvre que vous êtes en insertion... Ce n’est pas nécessaire de le savoir. L’idée, c’est que l’on tire le meilleur des gens."

Gwénaël le Morzellec

 

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en charge de la coordination
des contrats insertion
pour le Grand-Orly Seine Bièvre

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