Réchauffement climatique : Vitry engagée avec vous

15-09-30-Spectacle Atmosphere atmosphere-CA-157Spectacle interactif sur le climat présenté aux enfants des centres de loisirs dans le cadre du lancement de la concertation pour le plan climat.© Cyril Ananiquian

Climat

Publiée le 10 novembre 2015

Le 30 novembre débute à Paris-Le Bourget, la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies (COP21) sur les changements climatiques. L’objectif est de parvenir à trouver un accord universel pour baisser les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète. À Vitry, la lutte est déjà engagée. En s’appuyant sur le plan climat qu’elle bâtit, la ville réduit ses consommations énergétiques, améliore ses déplacements, sensibilise les jeunes… Elle entend aussi associer les Vitriots à la réflexion.

À Paris-Le Bourget , du 30 novembre au 11 décembre, se tient la 21e Conférence des parties (COP21). L’objectif des 196 États participants est de trouver un accord universel visant à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C comme le préconise le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat).

Cela signifie diviser par 2, voire 3, les émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 2020 et 2050. L’effet de serre permet de garantir la vie sur terre avec une température moyenne de 15° C (au lieu de -18° C).

C’est un phénomène naturel qui implique les gaz contenus dans l’atmosphère : vapeur d’eau (H2O), dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d’azote (N2O)… Lorsque le soleil éclaire la Terre, la surface de celle-ci réfléchit une partie des  rayonnements dans l’espace. Mais les gaz présents en retiennent une partie et la réémettent vers la Terre (rayonnement infrarouge).

Schema-Effetde SerreLe rayonnement solaire et l'effet de serre.© François Roué - Mairie de Vitry-sur-Seine

Depuis le début de l’industrialisation des pays développés, c’est l’excès de ces gaz générés par  l’homme qui pose problème. L’exploitation des énergies fossiles (le pétrole, le gaz…), le passage à une agriculture intensive, le développement des modes de transport et la déforestation ont ainsi participé grandement à la modification de la composition gazeuse de l’atmosphère.

Plan d'action contre le réchauffement climatique

Par exemple, la concentration de CO2 est passée de 270 parties par millions (ppm) à la fin du XIXe siècle à près de 400 ppm aujourd’hui. C’est un peu comme si la Terre, au lieu d’être protégée par un treillage ajusté, se retrouvait sous un couvercle. Conséquences : l’augmentation des températures et des précipitations, l’élévation du niveau des océans et leur acidification, etc.

Les canicules, pluies diluviennes et autres bouleversements climatiques sont pour la majeure partie imputables à cet accroissement de l’effet de serre. Depuis 2009, la France, avec le Grenelle 1 puis le 2, a notamment enjoint les collectivités locales de plus de 50 000 habitants à réaliser un plan climat.

“C’est un plan d’action de lutte contre le réchauffement climatique pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Après avoir établi un bilan carbone qui nous a permis d’évaluer les « émissions » de nos services et de notre patrimoine, nous avons pu définir les postes les plus gourmands”, explique Sarah Clamens, chargée de mission Développement durable à la ville.

En tête de liste, le patrimoine bâti : “Depuis 2009, poursuit Christophe Prou, chargé d’études énergie au service Architecture, nous avons débuté la rénovation de nos bâtiments. Notre conseil en orientation énergétique (COE) prévoit des travaux jusqu’en 2020, ce qui permettrait de réduire nos consommations  énergétiques de 18 %.”

Aujourd’hui, près de 70 % du patrimoine de la ville est raccordé au chauffage
urbain. “Or, complète Christophe Prou, le chauffage urbain est alimenté à plus de 50 % par de l’énergie renouvelable.”

Conséquence, Vitry a vu sa TVA sur ses consommations énergétiques passer de 20 % à 5,5 %, ce qui aura un impact positif sur la facture des usagers.

La ville a décidé de faire valoir le bénéfice de ce gain environnemental et financier auprès des Vitriots. En partenariat avec la ville, l’Agence de l’énergie du Val-de-Marne (ALE) effectue une permanence deux fois par mois à l’hôtel de ville afin de prodiguer des conseils gratuits en matière de rénovation énergétique.

Parallèlement, depuis 2007, un architecte du CAUE 94 accompagne chaque semaine les Vitriots dans leurs projets de construction ou de rénovation. Portée  par le département, avec le CAUE et l’ALE, la plateforme pour la rénovation  énergétique pour tous (PRET) offre la possibilité d’une visite à domicile d’un ambassadeur de l’énergie.

“La PRET vise l’identification des ménages – locataires ou propriétaires – qui ont des difficultés à régler leurs factures d’énergie et d’eau, qui ont besoin d’apprendre des écogestes ou qui souhaitent rénover leur logement”, explique Fabienne Obser Sicard, responsable du secteur Précarité énergétique au conseil départemental.

Les ambassadeurs assurent une permanence, sur rendez-vous, le mercredi
matin à l'hôtel de ville (01 43 99 71 11). 

S’adapter en réduisant la vulnérabilité du territoire, anticiper et agir pour favoriser la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre sont les trois axes principaux du plan climat.

Les transports sont en la matière un énorme enjeu, responsables à hauteur de 18 % des gaz à effet de serre produits par les services. La municipalité a donc décidé de “rendre les déplacements municipaux exemplaires”, précise Sarah Clamens.

En 1992, la ville a acquis sa première voiture électrique. Sa flotte de véhicules légers compte aujourd’hui 185 voitures dont 22 électriques, 10 au gaz auxquelles
s’ajoutent 10 vélos électriques. Plus économes en gaz à effet de serre, “ces véhicules ont en  plus un coût d’entretien et de consommation inférieur de 25 % par rapport aux véhicules thermiques”, explique Franck Gaydier, chef de service adjoint au Parc automobile et transport de la ville.

“Mais les efforts ne s’arrêtent pas là et concernent tout le territoire, rappelle Isabelle Lorand, adjointe au maire déléguée à la Communication. Nous avons livré une vraie bataille autour de l’Orbival. En plus des deux stations du RER C, nous  allons avoir deux stations du métro Grand Paris Express et sept stations du tramway T9 à Vitry.”

Qu’en est-il des déplacements générés par l’achat de biens (aliments, matériaux, etc.) de la collectivité ? Les achats représentent la deuxième source importante d’émissions de gaz à effet de serre identifiée dans le plan climat.

“Dans nos marchés publics, explique Cécile Veyrunes-Legrain, première adjointe au maire déléguée à l’Environnement, nous avons inscrit des clauses environnementales et sociales. Nous évaluons les distances. Nous achetons du mobilier en bois issu de forêts labellisées, du papier recyclé, des produits ménagers éco-certifiés…”

Les écocitoyens de demain

Parmi ces achats, les repas représentent la majorité des émissions du poste, notamment ceux servis dans les écoles.

“Dans nos principes de travail, nous essayons de privilégier les circuits courts. Nous travaillons avec un groupement d’agriculteurs biologiques d’Île-de-France sur des produits bios locaux : certains fruits et légumes, le pain”, explique Stéphanie Maillard, directrice du Syndicat intercommunal dans le domaine de la restauration (Sidoresto).

Parallèlement, le Sidoresto s’est engagé dans un travail de sensibilisation auprès des enfants.

Apprendre aux enfants, leur transmettre des valeurs de responsabilité écologique et essaimer ce savoir dans les familles : c’est l’ambition des centres de loisirs maternels et primaires. Ils profitent également de la COP21 pour préparer les petits d’aujourd’hui à devenir les écocitoyens de demain.

“Dans les centres de loisirs maternels, nous leur apprenons les gestes essentiels du quotidien. Nous organisons des jeux sur le tri sélectif, créons des ateliers sur le cycle de l’eau. Nous travaillons en liaison avec les centres de loisirs primaires qui, eux, peuvent aborder des notions plus complexes comme les énergies renouvelables”, explique Emmanuel Maria, responsable de secteur des Centres de loisirs maternels.

Les centres de loisirs de quartier, destinés aux ados de 10 à 15 ans,  poursuivent
un travail de sensibilisation à l’environnement entamé depuis 2007. Cette année,
ils mettent les bouchées doubles et se consacrent complètement au  développement durable et à l’innovation.

“Nous avons des projets avec les Écoles municipales artistiques et l’Exploradôme. Nous allons travailler sur une « poubelle intelligente », réaliser des jeux de société… Nous expliquons aux jeunes les nouveaux métiers et nous leur montrons que l’écologie n’est pas liée à une catégorie sociale, qu’elle nous concerne tous”, explique Nourdine Chabbi, responsable des 10 centres de loisirs
de quartier.

De leur côté les établissements scolaires s’engagent. Le lycée polyvalent Adolphe-Chérioux a installé des panneaux photovoltaïques, construit un véhicule électrique et mis en place un système de récupération de l’eau, des actions qui lui ont valu la labellisation E3D (établissement en démarche de développement
durable).

70 % des émissions de gaz à effet de serre ont lieu en milieu urbain

Tandis que les jeunes font leurs premières armes dans leur vie d’écocitoyen, que font leurs aînés ? La municipalité les a d’ores et déjà engagés à y réfléchir. Les Vitriots peuvent ainsi participer à l’élaboration du volet territoire du plan climat. D’autres initiatives menées par des associations locales, comme celles de Planète lilas, mêlant préoccupations environnementales et réflexions économiques, existent déjà.

Et les entreprises, elles aussi, s’inscrivent peu à peu dans la démarche. À Vitry, la lutte contre le réchauffement climatique est donc bien engagée.

“70% des émissions de gaz à effet de serre ont lieu en milieu urbain”, écrivent Pascal Canfin et Peter Staime (Climat, 30 questions pour comprendre la conférence de Paris, édition les Petits Matins). “Si les élus locaux sont globalement plus progressistes sur le climat que les gouvernements, c’est parce qu’ils sont les premiers à voir l’impact du dérèglement sur le terrain”,  poursuivent-ils.

À Vitry, l’étude de vulnérabilité menée par la ville permet d’anticiper les dégâts que le réchauffement climatique pourrait occasionner en termes d’îlots de chaleur et de santé, de dégâts matériels, d’affectation des ressources en eau, mais également en termes économiques et de précarité énergétique.

En agissant sur ses services et son patrimoine, la municipalité donne en quelque
sorte une possibilité à “l’homo climaticus”, “un citoyen plus responsable et solidaire qui aura désormais intégré la notion de partage et de redistribution” (Le Changement climatique, ce qui va changer dans mon quotidien, Hélène Géli, éditions Quae), d’apparaître.

Reste maintenant que la COP21 aboutisse à un véritable accord tout en respectant les acteurs les plus fragiles de l’échiquier international.

Questions / Réponses à
Cécile Veyrunes-Legrain, première adjointe au maire déléguée à l’Environnement

  • Qu’est-ce qui vous semble le plus urgent dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

L’environnement est indissociable de l’économie et du social. Il y a, par exemple, urgence à ce que les populations les plus défavorisées, qui n’ont pas la possibilité de rénover leur habitat, soient soutenues par la puissance publique. Aujourd’hui, notre climat nécessite six à huit mois de chauffage. Ce coût énergétique pèse financièrement sur la vie au quotidien des Vitriots et il nuit à la  planète. La municipalité a donc mis en place un partenariat avec l’Agence de l’énergie du Val-de-Marne et les ambassadeurs de l’énergie du conseil  départemental, pour que tous les Vitriots puissent accéder à ces rénovations et acquérir les gestes nécessaires aux économies d’énergie.

  • Depuis quand la ville s’est-elle engagée dans une réflexion autour du changement climatique ?

À partir du Grenelle 1. Mais ce n’était pas instruit comme une urgence. En 2010, les collectivités ont été sollicitées pour réfléchir sur leur bilan des émissions de  gaz à effet de serre. À partir de ce diagnostic nous devions, avant 2012, réfléchir à la manière de réduire nos émissions de CO2 et établir un plan climat. À partir  des diagnostics que nous avons posés, nous avons pu débuter des actions pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

  • Qu’attendez-vous de la COP21 ?

Que tous les États soient partie prenante et se rendent compte qu’il est temps de s’engager. Économiser l’eau, parvenir à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre, c’est aussi créer un nouveau monde. On ne réglera pas le problème du réchauffement climatique sans repenser en profondeur le modèle de  développement économique et, surtout, en veillant à n’oublier personne. Par  exemple, la France est bien placée concernant ses émissions de gaz à effet de serre. En revanche, par le biais de notre consommation, nous achetons, nous  consommons des choses qui sont produites dans des pays pauvres ou dits  émergents. Nous faisons produire à ces pays nos plastiques, etc., donc ils ne bénéficient pas d’un bon classement.

Nous reportons nos émissions sur d’autres peuples. De ce point de vue, nous devons modifier notre comportement.

Dossier réalisé par Sylvaine Jeminet
pour Vitry le Mensuel de novembre 2015

 
  • QUIET le 02/03/2017 à 10:17

    Je ne trouve rien sur le site concernant l'aide à l'achat d'un vélo électrique comme cela se fait dans de nombreuses communes. MerciLire la suite

 
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En chiffres

6 tonnes équivalent CO2/habitant/an, c’est la moyenne annuelle des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire de Vitry en 2009 contre une moyenne nationale de 8,2.

900000€ par an pendant 10 ans, c’est le coût des travaux sur le patrimoine de la ville pour réduire ses dépenses énergétiques.

600000€ par an serait l’augmentation annuelle du budget énergie si la ville  n’agissait pas sur son patrimoine.

(Sources : Bilan carbone de la ville)

En savoir plus

- Le site de la COP21 : www.cop21.gouv.fr/fr
- Les rapports du GIEC épluché par le réseau Action Climat France : www.leclimatchange.fr
Le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) évalue, sans parti pris et de manière méthodique et objective, l’information scientifique, technique et socio-économique disponible en rapport  avec la question du changement du climat. C’est un lieu d’expertise visant à synthétiser les travaux menés dans les laboratoires du monde entier.
- Pour comprendre le changement climatique, un film du CNRS : www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim
- Pour les économies d’énergie : www.vitry94.fr/energie, www.caue94.fr et
www.ademe.fr/particuliers-ecocitoyens
- Consulter le plan climat de la collectivité de Vitry : www.vitry94.fr/climat
- La carte interactive du Val-de-Marne permet de découvrir les
actions à Vitry et dans les autres communes : climat.valdemarne.fr
- Toutes les informations concernant les actions citoyennes pour exiger la justice climatique et la “grande marche pour le climat” du 29 novembre sur : www.coalitionclimat21.org  

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