Une rentrée scolaire contrastée

Rentrée des classes à l'école Jean-Jaurès VitryRentrée des classes à l'école Jean-Jaurès, septembre 2019.© Sylvain Lefeuvre

Education

Publiée le 10 septembre 2019 - Mise à jour le 13 septembre 2019

La rentrée scolaire a été contrastée à la suite de nombreuses nouveautés. Les effets positifs des classes dédoublées sont soulignés, mais un manque de moyens ailleurs, notamment à la maternelle Louise-Michel, voire des couacs pour des lycéens sans affectation.

Impression mitigée après la rentrée scolaire à Vitry. D'une part, les classes dédoublées dans des écoles adaptées par la ville permettent de faire progresser les élèves tandis qu'un nouveau collège est salué. D'autre part, le manque de moyens est déploré dans les écoles et dans le secondaire bouleversé par les réformes du bac et des voies professionnelles.

À Vitry, le déroulement de la rentrée scolaire est contrasté. En primaire, des ouvertures de classes ont été confirmées en élémentaires et maternelles – mais pas à Michel où parents enseignants se mobilisent. Dans le secondaire, le collège tout neuf est salué. Cependant, le manque de moyens est déploré, notamment au collège Chérioux, et dans les lycées, plusieurs élèves sans affectation inquiètent la communauté scolaire.

En primaire, la rentrée scolaire pour 10 080 élèves s’est déroulée avec quelques à-coups. Comme prévu, l’Éducation nationale a dû ajuster le personnel au vu du comptage de la rentrée. Ainsi a été décidée l’ouverture d’une classe dans les maternelles Salmon et Makarenko, comme dans les élémentaires Jaurès, Éluard A, Joliot-Curie B, France et Cachin B. Mais pas à Cotton ni à la maternelle Michel comme espéré. Dans cette dernière école, la communauté prévoit une audience à la direction départementale des services de l’Éducation nationale ce mercredi 11 septembre.

D’autres part, certains enseignants et directeurs pointent les auxiliaires de vie scolaire qui ne répondent pas toujours présent pour accompagner les enfants handicapés notamment  et  les RASED sans maître G, pour accueillir correctement les élèves avec des difficultés comportementales

Côté locaux, la ville a poursuivi son effort d’adaptation des écoles pendant les travaux d’été – notamment aux maternelles Makarenko et Hugo, dans les élémentaires Wallon A et Langevin. Notons entre autres, encore, le remplacement des menuiseries à Moulin et Cachin élémentaires.

On est très content de voir des stores et des fenêtres nouvelles à Cachin, souligne une mère d’élève, maintenant, ils peuvent gérer la lumière dans les classes comme ils veulent.

La ville a également fourni le mobilier pour les classes dédoublées en CE1 suite à la réforme en cours dans les REP, ainsi qu’à deux classes flexibles pour une pédagogie innovante où les enfants peuvent, par exemple, s'assoir sur de gros ballons. À savoir, le décloisonnement des classes dédoublées en CE1, et CP l’an passé, a été majoritairement réalisé, seules 6 classes accueillent un effectif complet avec deux enseignants.

Ces dédoublements sont applaudis par la communauté scolaire.

 Effets positifs des classes dédoublées 

J’ai eu la sensation que ma fille était sollicitée souvent dans la journée, observe Marianna Benati, parent FCPE à Cachin.

J’ai moins d’élèves en difficulté que les années passées, j’ai pu cibler rapidement les difficultés et les rectifier, ajoute encore Imen, professeur.

Parmi les 70 élèves de nos 5 classes, tous sont devenus des élèves lecteurs, alors que 5 à 7 % par classe redoublaient ou passaient en CE1 avec un niveau fragile auparavant, poursuit encore Mathieu Marcérou, directeur à Moulin.

Cependant des effets négatifs sont soulevés : beaucoup d’élèves dans les classes non décloisonnées, pertes de salles informatiques, décharge de direction, autres niveaux délaissés, classes à forts effectifs dans les élémentaires non REP ou dans les maternelles...

Ainsi, il n’y a plus d’accueil de tout-petits à la maternelle Moulin. Sans parler de la capacité de remplacements qui inquiète.

Car la réforme se fait à moyens constants, critiquent parents et enseignants.

Dans le secondaire, grande nouveauté : la ville a vu s’ouvrir les portes du nouveau collège Josette-et-Maurice-Audin au Port-à-l’Anglais, qui a permis, en accueillant 300 élèves de 6e, 5e et 4e cette année (capacité 600) de dégonfler les effectifs des établissements Casanova et Rolland.

Cependant, au collège Chérioux, on regrette que le fonctionnement de ce nouvel établissement se réalise a moyen constant et retire un demi-poste de surveillant. Aux portes ouvertes du collège Audin, le 3 septembre, parents et habitants ont pu apprécier la fonctionnalité et la luminosité du bâtiment HQE qui porte la griffe de son architecte, Rudy Ricciotti, concepteur du Mucem à Marseille.

Dans les lycées, les élèves, parents, personnels essuient les plâtres de la réforme contestée des bacs généraux et de la voie professionnelle.

Pour les nouveaux CAP et seconde bac pro, certains profs en co-intervention font cours à des classes qui ne sont pas les leurs, note Mathias Tranakidis, prof à Chérioux, qui signale une pétition lancée à ce sujet.

En 1re, le remplacement des filières par les enseignements de spécialité (12 en tout, mais qui ne seront pas tous enseignés dans chaque établissement) a été un casse-tête pour organiser les emplois du temps.

On sait d’ores et déjà qu’il reste quelques places dans les classes de 1re, mais ceux qui y arriveront n’auront aucun choix car les spécialités ont déjà été choisies et définies, note Bertrand Germain, professeur au lycée Macé.

À Chérioux, on déplore l’arrêt programmé de l’option cinéma, les heures en baisse en histoire-géo et une individualisation du parcours impossible, notamment pour certains élèves aux demandes justement atypiques.

Ainsi, une dizaine d’élèves jusqu’alors dans l’établissement n’avaient pas de place à la rentrée en 1re après avoir choisi leurs spécialités littéraires en mai dernier.

 Des lycéens de première sans affectation

Ma fille avait pris littérature et histoire, et n’est inscrite nulle part. Depuis juin, les commissions devaient trouver des solutions, tout devait aller comme sur des roulettes, et maintenant, l’Éducation nationale fait le mort. J’ai peur qu'elle ne fasse une dépression, témoigne Roland Varo, parent d’élève.

SOS Rentrée à Vitry suit plusieurs dossiers et une réunion était prévue mardi 10 septembre. Les parents comptent se rassembler autour d’une mobilisation de la FCPE.

Gwénaël le Morzellec

 
  • MICHALEWIEZ le 11/09/2019 à 17:55

    C'est le reflet de l'incompétence de notre jeune génération, et à tous les niveaux, pour élargir les petits cadres et petits fonctionnaires comme les grands cadres et grands fonctionnaires, la plupart espérant une vie confortable une fois possible car comme vous le savez peu en profiterons du ...Lire la suite

 
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