Une réforme des retraites controversée à Vitry

manifestation retraitesDépart de manifestation des retraités à Vitry en 2018.© Sylvain Lefeuvre

Solidarité

Publiée le 17 septembre 2019

L'annonce de la nouvelle réforme des retraites suscite la polémique, et plusieurs moments de mobilisation sociale sont déjà prévus en France. Une Vitriote et un Vitriot se penchent sur le sujet et livrent leurs témoignages.

Jeannine et Samba évoquent la réforme des retraites sur fond de grève RATP, vendredi 13, et de mobilisations à venir. Le projet gouvernemental de réforme de la retraite est largement refusé.

"Cette réforme sans détails, c’est de la poudre aux yeux pour diminuer les pensions”, considère Jeannine, 91 ans.

“On met tout le monde à zéro, c’est ça la réforme des retraites !” s’exclame Samba Camara, 33 ans.

Le jeune élu CGT, conducteur offset d’une imprimerie des Ardoines, découvre ce sujet complexe et l’ampleur de la réforme du gouvernement.

- Le calcul par trimestres qui englobe la solidarité pénibilité, maternité, maladie, etc. y est remplacé par le calcul par points de cotisation (dont la valeur est fixée par l’État).

- Les régimes différents, pourtant obtenus par les luttes de générations de salariés, y sont unifiés.

- L’âge de départ y est reculé : 64 ans en 2025 puis plus (contre 60 ans il y a huit ans).

“Soixante ans à la retraite, c’est un âge correct, pour Jeannine, pensionnée depuis trente ans. Jusqu’à 80 ans, j’ai fait des voyages, sorties au restaurant, au théâtre, j’avais enfin le temps ! Maintenant je marche avec une canne, je lis.”

Employée de bureau dès 15 ans, elle a eu une carrière sans accident, gravi les échelons dans le public, puis a terminé cadre dans le privé. Elle considère “avoir une bonne retraite, bien qu’un peu diminuée”. Elle comprend qu’aujourd’hui les jeunes “se fassent du mouron”.

À son époque, c’était le plein emploi : “un vendredi soir, mon patron m’avait refusé une augmentation, le samedi, le bureau de placement m’indiquait une autre société, et le lundi matin, je commençais à un nouveau poste”.

Les jeunes ne s’intéressent pas à la question des retraites ?

Selon Samba, “ça les concerne pourtant au premier chef : non seulement nous, mais nos enfants et nos petits enfants. Leur système par point est très flou, et je ne m’imagine pas travailler jusqu’à 64 ans, j’ai commencé à 21 ans : on va bosser plus mais pas pour gagner plus”, pense-t-il.

Les solutions ?

“Agir au bon endroit : chercher l’égalité en nivelant par le haut, prendre l’argent ailleurs pour remplir les caisses, laisser partir les anciens pour faire de la place aux sans-emploi”, poursuit-il.

Quant aux conquêtes sociales et au compte pénibilité, pas touche !

“Le travail de nuit n’est ni bon pour la santé ni pour la vie de famille et, en plus, supprimer le compte pénibilité poserait des problèmes dans ma filière pour avoir des volontaires la nuit : on nous forcerait alors à travailler en décalé ?! Peut-on faire arrêter ce projet ? L’opinion publique, ça compte ?” s’interroge-t-il.

Gwénaël le Morzellec

 
  • EME le 19/09/2019 à 09:06

    tant que l on sera dans la mondialisation on sera tiré vers le bas pointLire la suite

  • Vincent le 18/09/2019 à 13:25

    Je ne comprends pas très bien en quoi cet article relève de l'information municipale. Nos impôts locaux pourraient-ils être plutôt consacrés à la politique locale, au lieu de combattre une politique nationale sur laquelle les mairies ne détiennent aucune compétence ?Lire la suite

 
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