Daniel Alvarez : la culture urbaine de la banlieue dans un jeu de société

Daniel Alvarez, Vitriot pur jus, a conçu un jeu de société, avec l'aide de quelques amis et de sa fille Isaura, complètement consacré à la culture de la rue, de la banlieue. Son nom ? La Street ! Un groupe d'une quarantaine de jeunes des différents quartiers a pu le découvrir.

Publié le 25 novembre 2025 Modifié le 26 novembre 2025

Daniel Alvarez sort de la salle de la patinoire mise à disposition pour jouer : l’ambiance est survoltée, les jeunes jouent et crient de bon cœur avec les animateurs qui les ont accompagnés. La Street a son baptême du feu à Vitry : cela ne pouvait pas en être autrement.

« Vitry c’est la maison. Je suis né ici, j’ai vécu d’abord à la cité Balzac jusqu’à mes 16 ans, puis aux Crabes, comme on les appelait, de la rue Mario Capra », raconte Daniel.

Ce grand gaillard de 48 ans arbore le logo de son jeu imprimé sur un sweat à capuche bleu foncé. Le jeu c’est une nouvelle étape de sa vie de créateur qui désormais vit dans le Val d’Oise. Oui, parce que ce Vitriot, il y a une bonne vingtaine d’années, avait été l’inventeur du « cramé-craché », une caméra cachée qui mettait en scène des clichés sur la banlieue, tout en piégeant des stars du monde du sport et de la télévision. « Après environ 300 caméras cachées j’ai décidé que c’était le moment de tourner la page », raconte celui qui a été aussi photographe et caméraman officiel de la Fédération Française de Kickboxing, Boxe Thai et disciplines associées. Ce touche-à-tout a également été l’animateur du festival de court-métrages « Vitry Banlieue Arts ».

Redevenu salarié, Daniel Alvarez n’a pas remisé son inventivité : « Le fait de m’être posé au contraire me donne du temps pour jouer. Je le fais souvent avec ma fille, mais un jour on s’est dit qu’on avait presque fait le tour et qu’il manquait un jeu sur la culture urbaine, sur notre univers », confie-t-il, fier du travail accompli durant les deux dernières années à chercher les règles, vérifier les éventuels « bugs » en jouant avec sa famille et ses amis. C’est pendant l’une de ces parties « magistrales » avec ses amis d’enfance il y a deux mois que Daniel s’est dit que le jeu était prêt. « On a déjà été invités dans d’autres mairies pour faire des après-midis de présentation de La Street. Pour le déploiement commercial, on verra fin 2025 », conclut-il avant de replonger dans la salle où les parties sont en train de se terminer, tout juste avant le goûter préparé pour les jeunes joueurs.

Luca Endrizzi