EMA : 20 ans de musique, de danse et d'arts plastiques

Lieu d’apprentissage, de rencontres et d’expérimentations, les Écoles municipales artistiques font vibrer et dialoguer musique, danse et arts plastiques depuis vingt ans et fêtent ce samedi leur anniversaire.

Publié le 04 décembre 2025 Modifié le 08 décembre 2025

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Certains lieux débordent d’énergie créative et de talents en devenir. Les Écoles municipales artistiques (EMA) sont de ceux-là. Avec 4 870 mètres carrés de couloirs, studios de danse aux grandes parois de miroirs, ateliers où les toiles n’attendent que d’être recouvertes, salles de musique où l’on apprend à lire une partition, jouer d’un instrument en solo ou à plusieurs… L’établissement, qui accueille environ 1 400 élèves par an, a ouvert ses portes en octobre 2005. On s’imagine mal le passé industriel dont témoigne encore la façade du bâtiment actuel.

Entre 1867 et 1870, s’y construit un pensionnat pour orphelines, qui jouxte l’usine de pâtes alimentaires Groult Jeune où elles travaillent. L’entreprise se situe à l’endroit de l’actuelle Minoterie, qui abrite aujourd’hui des ateliers-logements d’artistes. Elle ferme en 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale. De 1952 à 1989, c’est la société de photocopieurs Gestetner qui exploite le site, et trans – forme le pensionnat en bâtiment administratif. La ville rachète les lieux en 1990 et projette d’y installer un hôtel industriel, mais les riverains s’y opposent. Ils auront gain de cause. Dans le même temps, la vie culturelle vitriote est en pleine effervescence. Le conservatoire municipal est fondé en 1961, suivi par l’académie de danse en 1964.

De la production industrielle à la culture

Et à la fin des années soixante, l’artiste Michèle Katz anime un premier atelier de dessin-peinture. Dès la décennie suivante, naissent des collabo- rations entre écoles – sous l’impulsion du peintre Serge Guillou, du chorégraphe Michel Caserta et du dramaturge Jacques Lassalle, conseillers culturels auprès de la municipalité dirigée par Marcel Rosette.

En 1998, le conseil municipal acte la création des EMA à partir de l’ancien orphelinat. Celui-ci est rénové et agrandi par l’architecte Louis Soria, et mis en lumière par le plasticien Yann Kersalé, au titre du 1 % artistique. La ville, accompagnée par une équipe administrative dédiée, continue de confier la direction des écoles à des artistes enseignants, pour faciliter échanges et rencontres. Soucieuse de rendre l’art et la culture accessibles au plus grand nombre, elle propose des tarifs progressifs qui dépendent du quotient familial.

Un lieu interdisciplinaire

Ce nouvel espace offre une plus grande liberté d’action aux écoles pour mener leurs projets pédagogiques et développer de nouvelles activités. Côté musique, sont ouverts un département de jazz, un cours de composition assistée par ordinateur (MAO) et un atelier de piano contemporain. “On conçoit le conservatoire comme un lieu d’expériences et d’exploration du répertoire musical”, sourit son directeur, le pianiste et chef d’orchestre Javier González Novales. L’académie de danse propose désormais neuf disciplines, de la danse classique au street jazz, en passant par le flamenco et le hip-hop.

Depuis peu, elle intègre des pratiques d’éducation somatique comme la méthode Feldenkraïs, qui “font pleinement partie de la formation du danseur, pour apprendre à écouter et gérer son corps”, souligne la chorégraphe et directrice, Chrystine Van Maerrem. L’école d’arts plastiques propose des parcours enfants sur deux ans et des ateliers pour ados et adultes, pour découvrir diverses pratiques : dessin, peinture, sculpture…

En 2019, elle a ouvert une classe préparatoire aux écoles d’art, pensée comme “un lieu d’exploration de soi”, selon sa directrice Élisabeth Milon. Surtout, c’est la transversalité des arts qui fait la singularité des EMA.

“Le grand changement, ça a été le plateau !” affirme Chrystine Van Maerrem. L’auditorium de 165 places, situé en plein cœur du bâtiment, “permet aux élèves de vivre des projets avec des artistes, chorégraphes, plasticiens… et d’aller à la rencontre du public”. Des représentations interclasses y sont aussi organisées. Cette logique de décloisonnement commence dès le plus jeune âge : les pépinières, très sollicitées par les Vitriot·e·s, ont ainsi été conçues pour proposer un éveil artistique multidisciplinaire aux enfants de 4 à 6 ans.

“En danse et en musique, on a autant d’élèves à l’intérieur des EMA qu’à l’extérieur”, indique par ailleurs Chrystine Van Maerrem, en référence aux dispositifs Cham et Danse à l’école menés avec des établissements scolaires ou l’institut médico-éducatif Suzanne-Brunel.

Clément Aulnette

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