Festival du roman noir et social : les élèves passent à l’écriture

À l’hôtel de ville, ce samedi 6 décembre, le Festival du roman noir et social battait son plein. Parmi les 43 auteurs de polars présents, une quinzaine de jeunes Vitriots étaient attendus pour un moment très spécial : la dédicace de leurs tout premiers livres.

Publié le 09 décembre 2025 Modifié le 09 décembre 2025

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Sombres histoires, grands sourires

Derrière la table, une quinzaine d’auteurs en herbe dédicacent, à la pelle, leurs ouvrages fraîchement imprimés. Sombres histoires, Enquêteurs en herbe, Des hommes en cavale, Nos petites enquêtes… Autant de titres nés des ateliers d’écriture menés avec plus de 200 élèves de la ville. L’excitation est palpable : leurs livres sont là et déjà victimes de leur succès.

Les enfants viennent de cinq établissements (Marcel-Cachin, Paul-Éluard, Victor Hugo, Anton-Makarenko et Jules-Verne). Accompagnés pendant plusieurs semaines par leurs instituteurs et institutrices et toute une équipe pédagogique, ils ont appris à imaginer des intrigues, à créer des personnages… Bref, à plonger dans l’univers du roman noir.

« C’est des histoires de roman policier, avec des meurtres et des kidnappings », explique Manel, 9 ans, penchée sur un de ses exemplaires. « On a eu plein d’idées en petits groupes et on a tout rassemblé », ajoute-t-elle. À côté, Énora, 10 ans, ajoute : « Moi, j’ai choisi le titre de notre histoire, c’était trop bien ! » Corentin et Bintou, de leur côté, détaillent leur intrigue : un meurtre, un jeune homme poignardé, des pistes à suivre. Alors, ça fait quoi de signer ses œuvres comme de vrais auteurs ? « Ça fait bizarre, mais on est super fiers ! » souffle Bintou, encore impressionnée.

Le livre, pour eux et par eux

Pour Jean-François Sicard, président de l’association Livres en luttes, coorganisatrice, ce rendez-vous marque une étape importante dans la vie des élèves.

« Depuis 2019, il y a toujours eu des ateliers d’écriture, rappelle-t-il. Mais, cette année, on a eu la chance d’avoir à nos côtés Jeanne Desaubry, Antoine Blocier et Gérard Streiff. Ce sont des pros, qui savent très bien travailler avec les enfants. » Il poursuit : « À la restitution finale, les élèves étaient très touchés, et les parents aussi. On est fiers du travail mené par les animateurs et les enseignants ».

Il souligne aussi la portée symbolique du projet :

« Vitry, c’est la ville aux 90 nationalités. Notre objectif, c’est d’y soutenir le livre et la lecture. Ici, les enfants comprennent que le livre, c’est pour eux et par eux. Ils feront peut-être de la poésie, du rap, ou ce qu’ils voudront. Mais, ils savent désormais que les mots leur appartiennent. »

C’est vrai, beaucoup d’élèves ne croyaient pas que leurs textes seraient réellement imprimés. Ce matin, devant leurs piles d’exemplaires, ils n’en doutent plus. Et signent, sourire aux lèvres, comme de véritables auteurs.

Nina Senoyer