Ibrahima Doucoure : L’appel du grand large

Dès son plus jeune âge, Ibrahima Doucoure, dit Brams, décide qu’il fera des vidéos. De sa passion pour le gaming jusqu’à ses voyages, il entend avant tout diffuser sa bonne humeur. Avec le sourire et le chapeau vissé sur la tête, le jeune youtubeur veut réconcilier les réseaux avec la réalité d’une vie à vivre à la rencontre des autres.

Publié le 22 avril 2026 Modifié le 22 avril 2026

Temps de lecture estimé : 4 min

Sa chambre fleure encore l’adolescence dans le quartier du Plateau où il a grandi. Sur les murs, du papier peint graffiti, des posters et le chapeau emblème du manga One Piece qu’il porte sur ses vidéos :

“Le personnage de Luffy m’inspire. Il démontre qu’avec le sourire, on peut se faire des amis, attirer les opportunités et avoir un impact positif. Le bon cœur peut apporter du mieux au monde”.

Cette maxime s’ancre chez lui dès l’enfance. Brams n’a que 10 ans lorsqu’il commence à diffuser ses parties de jeux vidéo. “Avec juste ma voix, et sans matériel pour me filmer au départ, je voulais partager ce que je faisais et faire rire les gens, comme aujourd’hui.” Du CM2 au lycée, l’adolescent continue malgré les railleries de ses camarades : “C’étaient des moqueries d’enfants, gratuites, notamment sur le bégaiement dont je souffrais plus jeune. C’était difficile à vivre, mais je passais au-delà. Et j’avais des amis qui me soutenaient, qui me soutiennent encore. La passion m’a fait tenir. Les critiques m’ont donné de la force. Je voulais prouver que je pouvais réussir, surtout à moi-même”. Le temps passe et le jeune adulte, très sociable, poursuit ses rêves.

Baccalauréat et premier salaire de préparateur de commandes en poche, Brams s’équipe pour changer de dimension. Entre-temps, il a découvert les vlogs d’Assia Rabian :

“Assia Rabian a montré le vlog différemment. Je regardais et me disais, c’est ça que je veux faire : voyager et parler avec des gens”.

Exit le jeu vidéo, il filme ses loisirs et apparaît pour la première fois face caméra. Découverte du MMA, vacances, tournois de foot à Vitry jusqu’à une folie : voyager à vélo, seul, jusqu’en Espagne. “J’ai kiffé faire tout ça ! Et plus j’avance, plus je trouve du sens à ce que je fais. Je souhaite avant tout partager de la bonne humeur et inspirer les gens, leur montrer qu’avec un peu de courage et de détermination, rien n’est impossible. J’ai envie de défier les lois sociales.” Brams est aussi ce jeune homme investi dans une communauté vitriote qui lui tient à cœur.

Durant le ramadan, il a organisé un ftour géant avenue du Colonel-Fabien “pour rassembler le quartier, les cultures et passer un bon moment. C’est l’occasion de montrer que les jeunes savent partager”. Pour lui, les vidéos et les réseaux sont avant tout un prétexte pour faire des expériences. “Je fais des vidéos, mais il ne faut pas oublier qu’on a une vie à vivre en dehors des écrans. Il faut trouver le bon équilibre. On peut profiter de la vie et des réseaux en même temps. C’est un message que je veux transmettre.”

Récemment, Brams a participé au festival Ciné- banlieue avec la Maison de la jeunesse. Le principe : réaliser collectivement un court-métrage en seulement deux jours. Celui réalisé avec son équipe, qui dénonce avec justesse les méfaits de l’usage de l’intelligence artificielle dans les relations amoureuses, a remporté le premier prix. “J’ai été choqué, car j’ai participé sur un coup de tête pour l’expérience. Mais je retiens surtout les nouvelles amitiés.”

Les rencontres restent la principale source de motivation du jeune youtubeur aux désormais 4 000 abonnés. Il souhaite plus que jamais continuer à tisser des liens au fil de ses voyages et de ses vidéos : “Je veux découvrir le monde, les paysages, les cultures, les gens. On dit tous en rentrant de vacances : « c’était incroyable ». Je veux le montrer !” conclut-il avec son indéfectible sourire.

Portrait réalisé par Kevin Gouttegata

> Pour suivre Brams : Youtube, Instagram

REPÈRES

  • 2006 : Ibrahima voit le jour et grandit à Vitry-sur-Seine, sur le Plateau.
  • 2016 : Brams GaminG, son pseudo, naît avec ses premières vidéos commentant ses parties de jeux vidéo.
  • 2024 : En février, Brams débute son vlog sur YouTube et apparaît pour la première fois face caméra.
  • 2024 : En juillet, il obtient son bac pro plomberie.
  • 2025 : À l’été, Brams se lance dans un voyage à vélo, depuis Vitry jusqu’en Espagne. La vidéo enregistre 21 000 vues sur YouTube.
  • 2026 : Avec une dizaine de jeunes, il remporte le festival de courts-métrages Ciné-banlieue.