Kladno – Vitry, un lien qui dure
Publié le 09 juillet 2025 Modifié le 21 juillet 2025
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« Mister wake up ! » lance une jeune fille dans un anglais approximatif à un garçon tenant mollement les poignées du babyfoot. Ecarquillant les yeux, l’étonnement laisse rapidement place au sourire sur le visage du jeune homme qui se replonge dans la partie.
Tchèque comme 20 autres adolescents présents ce matin du 6 juillet dans la cour de l’école Irène Joliot Curie, il rencontre pour la première fois 17 Vitriots dans le cadre d’un échange avec la ville de Kladno. Visiblement, la barrière de la langue n’empêche pas les taquineries entre ces jeunes âgés entre 14 et 16 ans. Et c’est bien le but de ce programme qui s’est noué depuis plus de 50 ans.
Il y avait alors une similitude entre les classes ouvrières des deux villes, se remémore Jacky Guérin, trésorier du Comité de jumelage de Vitry. A Kladno, c’était des ouvriers du charbon alors qu’à Vitry c’était dans la sidérurgie, soit de l’industrie lourde. »
Quand on leur demande leurs impressions, Mira, qui voyage pour la première fois à l’étranger, trouve la nourriture délicieuse. Sa camarade Tereza a adoré la visite de Paris effectuée la veille même si « les rues sont un peu sales ». Côté français, Idriss et Inès sont très impatients de découvrir pour la première fois un nouveau pays et ne connaissent rien de la République tchèque. C’est sans doute l’intérêt majeur de ce type d’expérience.
« Mon fils était parti là-bas quand c’était encore l’URSS, se souvient Jacky Guérin. Il a dormi dans un camp sous des tentes en toile. C’était la découverte d’un autre monde. »
Si des générations de Vitriots ont bénéficié de ce programme, le nombre de participants a été divisé par deux en quelques années du fait des restrictions budgétaires de l’Etat. Soit autant d’opportunités en moins de se confronter à un monde en constante mutation.
Weilian Zhu