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La lecture dans tous ses états
Publié le 19 janvier 2026 Modifié le 12 février 2026
Temps de lecture estimé : 5 min
Une pratique essentielle
La lecture de livres, explique la revue Bibliodiversité (éditions Double ponctuation, 2025) dans son numéro « Les (r)évolutions de la lecture », est bénéfique pour le développement du cerveau, la construction des émotions, l’élaboration d’une argumentation et d’un imaginaire.
Et la lecture est nécessaire pour construire un citoyen de demain libre et éclairé, capable de faire des choix. C’est pourquoi, depuis plus de vingt ans, la ville offre chaque année un livre aux 10 000 enfants scolarisés, de la petite section de maternelle au CM2.
“Le dispositif « un livre pour tous » dans les écoles a évolué pour réaffirmer le fait que les enfants ont la capacité et le droit de choisir un livre qui leur plaît. À la bibliothèque, nous constituons chaque année une sélection d’ouvrages, explique Mathilde Panet-Tourne, directrice, qui constitueront, au fil du temps, une sorte de bibliothèque de références et d’incontournables de la littérature jeunesse chez chaque enfant.
En complément, des médiatrices interviennent aussi dans toutes les classes de moyenne section et de CE2 pour présenter les sélections de livres et accompagner les enfants dans leurs choix.”
À ce dispositif, les enseignants associent parfois la circulation d’emprunts d’ouvrages, des livres « voyageurs » que les enfants choisissent avant le week-end pour en partager la lecture avec leurs parents, comme le pratique l’école maternelle Blaise-Pascal.
Des enseignants qui aménagent dès qu’ils le peuvent un coin lecture dans leur classe, ou organisent bénévolement une bibliothèque d’école à l’image de la BCD à l’élémentaire Cachin A, gérée par Florence Carpentier.
Les élèves de CM1 de Florence Carpentier, à l’école Marcel-Cachin A, profitent régulièrement de pauses lecture dans la bibliothèque aménagée dans leur classe.
Écrire pour aimer lire ?
L’Éducation nationale recommande d’associer lecture et écriture car “les activités de lecture et d’écriture se conjuguent et se nourrissent l’une l’autre. Le plaisir d’écrire prolonge naturellement celui de lire”.
Myriam, enseignante à l’école primaire Cachin B, en est convaincue, et a contacté en 2024 le Festival du roman noir et social de Vitry, afin d’expérimenter avec sa classe la rédaction collective d’une histoire, sous la houlette de l’auteur Gérard Streiff.
“On a joué avec les mots, élaboré des personnages, réfléchi un lieu où situer l’action”, relate-t-elle.
Après le parcours de l’écriture sans cesse remis sur le métier, vient l’expérience de l’édition du livre avant de pouvoir enfin le tenir entre les mains et le partager par des lectures à voix haute devant les familles éblouies. Une expérience qui a tellement emballé Myriam, qu’elle rempile cette année !
“Avec cette aventure littéraire, les enfants ont pris confiance en eux. Et cela leur a aussi donné le goût de la culture…“
Lire à voix haute
La lecture s’immisce dans toutes les pratiques et lieux de culture.
“Nous menons de nombreux parcours artistiques avec des scolaires et des structures sociales autour des spectacles. Selon les projets, nous mettons en place des ateliers d’écriture et de mise en voix. À l’école, la lecture à voix haute est particulièrement prisée depuis la montée de l’éloquence et le grand oral du bac”, explique Béatrice Fumet, responsable du pôle Action culturelle au théâtre Jean-Vilar.
Et cette saison, les adultes seront invités à explorer l’œuvre du prix Nobel de littérature Imre Kertész lors d’un stage proposé en mars par la compagnie Nova.
À l’image du théâtre Jean-Vilar, le centre de développement chorégraphique national la Briqueterie élabore, lors de son festival Excentriques, des parcours d’écriture avec les ateliers Mots-Moteurs animés par l’autrice Émilie Noteris, et des séances de lecture à voix haute autour d’une œuvre, en prélude à certains spectacles, avec la librairie nomade spécialisée Books on the Move.
« Nous proposons ces lectures et ateliers pour créer d’autres espaces de rencontres sensibles, entre le geste de danse, la posture de l’écoute et le geste d’écriture », indique Arina Dolgikh, chargée des relations avec les publics à la Briqueterie.
Au MAC VAL, les arts plastiques ont leur lieu d’étude et de lecture avec le centre de documentation qui dispose d’un catalogue de près de 21 000 ouvrages spécialisés.
Comme ses complices du spectacle vivant, le MAC VAL effectue de nombreuses médiations qui utilisent le livre comme outil de transmission ou espace de création, par exemple avec Les ateliers du livre d’artiste pour les enfants de plus de 5 ans.
En appui de ces propositions documentaires, le musée d’art contemporain gère désormais une des boîtes à livres de l’association Vitry livres échanges qui a pris ses quartiers dans le parc du musée, offrant aux visiteurs la possibilité de prendre un livre d’art et parfois d’en laisser un autre à la place.
Née en 2010, l’association réapprovisionne toutes les semaines les dix boîtes à livres placées dans des parcs et jardins. Soit 300 à 400 livres qui, par ce biais, circulent sur le territoire. Un succès qui souligne l’attrait immuable du public pour les livres.
“À Vitry, tous les livres ont une vie, soutient Nuria, présidente adjointe de Vitry livres échanges. Ceux qui sont trop abîmés sont vendus au poids pour devenir de la pâte à papier, l’argent ainsi collecté permettant de payer le transport de container d’ouvrages vers le Bénin.” Une envie de partage du livre et de la lecture qui s’aventure bien au-delà du territoire vitriot !
Sylvaine Jeminet