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La Palestine, un engagement solidaire

Vitry soutient le peuple palestinien depuis de nombreuses années à travers l’envoi d’aide humanitaire, d’échanges et de projets, et la défense des droits des Palestiniens à exister et à se doter de leur propre état dans la paix et la justice.

Publié le 04 octobre 2025 Modifié le 13 octobre 2025

Temps de lecture estimé : 5 min

La ville de Vitry a souvent exprimé sa solidarité avec les peuples luttant pour le droit à disposer d’eux-mêmes, que ce soit au Vietnam, en Algérie, ou encore au Sahara occidental. Aux archives municipales, les premières traces de soutien à la Palestine datent de 1982. L’Organisation pour la libération de la Palestine (OLP) était alors basée à Beyrouth.

Le 4 juin, Israël commence une campagne de bombardements, suivie par une invasion terrestre. On estime que, lors de la première semaine de guerre, au moins 600 000 Libanais et Palestiniens perdent leur maison et 10 000 sont tués, principalement des civils. “Cette agression […] n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël et dessert les intérêts du peuple israélien lui-même”, exprime le conseil municipal, le 23 juin 1982, qui se déclare “convaincu que la paix au Proche-Orient réclame un règlement politique global qui reconnaisse à chaque peuple de cette région, palestinien, libanais, israélien, syrien, le droit de vivre en sécurité dans une patrie indépendante”. Le conseil appelle aux dons au Secours populaire, et le premier adjoint de la représentation de l’OLP à Paris est reçu par les élu·e·s vitriots pour discuter des perspectives pour la paix.

Une relation d’amitié et d’échange avec Jéricho

Le début des années quatre-vingt-dix est une période d’optimisme dans l’histoire du conflit, avec le processus de paix d’Oslo, la reconnaissance mutuelle de l’OLP en tant que représentant officiel du peuple palestinien et du droit d’Israël à exister. Les Vitriot·e·s s’y intéressent et une conférence est organisée.

Mais l’espoir de paix ne dure pas. La deuxième intifada éclate en 2000. L’urgence du moment politique donne de l’élan à l’engagement de Vitry aux côtés des Palestiniens. En 2002, le maire d’alors, Alain Audoubert, se rend en Palestine et rencontre Yasser Arafat, président de l’Autorité nationale palestinienne. Quelques années plus tard, suite à l’opération militaire israélienne “Plomb durci”, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, qui occasionne la mort de près de 1 400 Palestiniens et 13 Israéliens, il se rend à Gaza en mars 2009 avec la mission de Cités Unies France et du Réseau de coopération décentralisée pour la Palestine. Ému par la destruction dont il est témoin, il souhaite développer un projet pour renforcer la solidarité avec la Palestine. La ville s’associe alors à une coopération déjà existante entre Bonneuil-sur-Marne et la ville de Jéricho, située en Cisjordanie.

“Vitry a toujours été auprès des peuples opprimés qui luttent contre la colonisation. Le combat en Palestine est le même que celui du Sahara occidental.”

Sonia Guénine
Maire adjoint chargée des Solidarités

Dans cet esprit, l’accueil d’un groupe d’enfants palestiniens se met en place sur le modèle des enfants sahraouis du camp de réfugiés de Tindouf débuté en 1986. Les premiers enfants arrivent à l’été 2011. Ils visitent la tour Eiffel, flânent sur un bateau-mouche, et profitent d’une colonie de vacances à Méaudre. Depuis, une dizaine d’enfants palestiniens, la moitié venant de Jéricho, viennent chaque été en France.

Parallèlement, des jeunes Vitriot·e·s de l’atelier photo de la Maison de la jeunesse se rendent à Jéricho en février 2012 pour un séjour culturel et solidaire. Leur reportage photo et vidéo fera l’objet d’une exposition à la galerie municipale en novembre. D’autres séjours pour les jeunes majeurs suivent en 2017, 2018 et 2019.

Le sport, toujours fédérateur

Plus récemment, en 2023, sous la coordination de la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT) et l’appui de l’Entente sportive de Vitry (ESV), la ville lance un nouveau projet de coopération décentralisée, soutenu par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, autour du développement d’une politique du sport pour toutes et tous. Trois animateurs de Jéricho viennent à Vitry et participent à une formation organisée par la FSGT. Rozanne Jalayta, 23 ans, habitante de Jéricho, est très reconnaissante de cette opportunité d’échange.

“La formation nous a donné de nouvelles idées de jeux, surtout pour les enfants. Beaucoup d’entre eux ont peur, à cause de la violence de l’occupation. Leur participation aux activités et animations les aide à oublier leur peur. Le jeu leur procure une sensation de liberté et de pouvoir.”

Depuis octobre 2023, la ville affiche son soutien au peuple palestinien et à l’arrêt du génocide en cours à Gaza. En mai 2024, le conseil municipal appelle solennellement à la reconnaissance de l’État palestinien par le gouvernement français, une réitération d’un vœu exprimé par la majorité des élu·e·s déjà en novembre 2014. Vœu désormais exaucé par le président de la République devant l’Assemblée générale de l’ONU, le 22 septembre.

Lucie Kroening

Pour les prisonniers politiques

La ville se préoccupe également du sort des prisonniers politiques palestiniens. Elle organise des conférences pour exiger leur libération, notamment celle de Marwan Barghouti, député palestinien emprisonné depuis vingt-trois ans, nommé citoyen d’honneur de la ville en 2009, ou de Salah Hamouri, avocat franco-palestinien et militant pour les droits du peuple palestiniens, ayant subi de nombreuses arrestations entre 2001 et 2018 et une détention administrative de mars à décembre 2022, nommé citoyen d’honneur de Vitry en juin 2022.