Les centres de vacances municipaux, un patrimoine vitriot
Publié le 20 février 2026 Modifié le 20 février 2026
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S’il n’y a plus de centres de vacances, il n’y a plus de vacances sociales, c’est-à-dire qu’il y a une partie de la population qui se retrouve privée de vacances. On va préserver nos centres, on va y arriver.
Depuis la terrasse, entourée par des pins majestueux, l’eau bleu azur de la Méditerranée emporte le regard et transperce l’horizon. C’est dans cette crique de La Croix-Valmer, située à quelques kilomètres de Saint-Tropez, que des générations de Vitriot·e·s profitent depuis près de soixante ans de vacances inoubliables.
Un petit coin de paradis acquis par la ville en 1968, en vue de créer “un centre familial de vacances” pour permettre aux familles de “bénéficier de vacances à un prix raisonnable”. Le site, autrefois fréquenté par les artistes puis racheté par le célèbre cuisinier Raymond Oliver, est depuis lors devenu le lieu d’accueil de plus de 3 000 familles vitriotes.
Partie en 2018 avec son fils, Fatiha garde un excellent souvenir de la semaine passée sur place :
“Le lieu est magnifique, et nous avons pu faire beaucoup de choses comme du canoé et des randonnées. Il y avait aussi une belle cohésion entre les familles, et je suis même restée en contact un certain temps avec d’autres parents rencontrés là-bas”.
La terrasse du centre de vacances de La Croix-Valmer et sa vue imprenable sur la Méditerranée.
Pour favoriser l’accès aux vacances des Vitriot·e·s, la ville dispose de ce joyau, mais également d’un patrimoine plus complet.
Trois autres centres les accueillent : Méaudre, Tannerre-en-Puisaye et La Peyre. De quoi bénéficier de tous les types de séjours : à la montagne, dans le massif du Vercors, pour s’initier au ski, à l’escalade ou à la spéléologie. Ou bien à la campagne pour s’essayer à l’équitation et s’aérer l’esprit au cœur de la nature.
Autant de centres que la commune entretient et rénove au fil du temps pour permettre un accueil optimal.
Un agent de la ville est même dépêché à La Croix-Valmer pour s’occuper du site à plein temps. “Il y a toujours des petits travaux à faire : de la peinture, la réfection de douches, des changements d’ampoules ou de prises, du mobilier à renouveler, l’entretien des espaces verts”, énumère Olivier Salomon, factotum depuis dix ans.
“C’est toujours agréable de partager des moments avec les vacanciers. Il y a des enfants qui n’ont jamais vu la mer et se retrouvent émerveillés”, confie-t-il, non sans émotion.
Découverte et souvenirs
Pour les plus jeunes, les séjours en classe de découverte ou en colonie offrent des souvenirs indélébiles.
Marie, élève de CM1, est déjà partie à Tannerre, à La Croix-Valmer et à Méaudre grâce aux séjours vacances pour les enfants. Autant d’endroits où elle a pu tester toutes les activités possibles et “bien s’amuser avec ses copines”.
“Elle réclame de partir à chaque fois, témoigne sa maman. Elle n’aurait pas pu faire autant de choses, et notamment du ski, sans cette offre de la ville. D’ailleurs, elle repart bientôt à La Croix-Valmer avec sa classe, et elle a déjà commencé à en parler à ses copines à l’école.”
Parmi ces élèves, Piereric et Lydia, alors en CM1, ont découvert la montagne et l’escalade à Méaudre.
“C’était la première fois, témoignent-ils avec un sourire encore présent. Les animateurs étaient très sympas, et on pouvait choisir des jeux le soir pour les veillées.”
“Avec mes meilleures amies on est encore plus proches, ajoute Lydia. Et puis on avait l’impression d’être à la fois à l’école et en vacances. On rentrait parfois en classe en pyjama.”
Pour d’autres enfants, ces séjours prennent une dimension encore plus forte. C’est le cas d’Anis, 13 ans, atteint d’un trouble du spectre autistique. Le jeune garçon, accompagné par une AESH, a pu profiter des installations de Méaudre pour découvrir le ski.
“C’était la première fois qu’il partait sans moi, précise sa maman. Ça a été un super moment pour lui, un moment d’inclusion qui lui a permis de s’ouvrir à des jeunes de son âge et de gagner en autonomie, d’apprendre à partager. Il a désormais hâte de repartir, et je prépare déjà sa valise pour son prochain départ.”
C’est donc un patrimoine utile et précieux que la ville tente de préserver. Un véritable service public des vacances pour permettre à tous, même aux plus modestes, de partir en pension complète.
Le contexte économique actuel fait toutefois planer une menace sur ces centres de vacances dont l’entretien coûte très cher.
Heureusement, la ville peut également compter sur son partenariat avec l’association Vacances voyages loisirs (VVL) qui lui permet de bénéficier des centres d’autres communes adhérentes.
Autant d’occasions pour les Vitriot·e·s de découvrir de nouvelles destinations, parmi lesquelles Châtel en Haute-Savoie, et La Trinité-sur-Mer, dans le Morbihan.