Mosaïque : dans les souvenirs des habitants

Mercredi 17 décembre, les habitants du quartier Germain-Defresnes / Henri-Barbusse se sont retrouvés pour une soirée de fête. Un temps de restitution de leurs travaux réalisés dans le cadre du projet mémoriel Mosaïque, lancé avec Valdevy. Et une manière de célébrer les souvenirs d’un quartier vivant et populaire.

Publié le 30 décembre 2025 Modifié le 30 décembre 2025

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“On ne peut pas oublier 50 ans comme ça.” Malika a longtemps vécu dans le quartier Henri-Barbusse avec ses parents. “On a toujours habité à Vitry”, précise-t-elle. Aujourd’hui, elle réside à la cité des Combattants, mais a souhaité participer à la Mosaïque quand elle a su que certains logements allaient être détruits dans le secteur Germain-Defresne / Barbusse. D’autres vont être réhabilités. Ces aménagements interviennent dans le cadre d’un nouveau programme de renouvellement urbain (NPRU), pour reconfigurer le centre-ville et améliorer le cadre de vie des habitants.

La Mosaïque est un projet d’accompagnement artistique des locataires de Valdevy. “Le quartier va disparaître tel qu’il était, mais ça n’enlève rien de leurs souvenirs”, pose Eram Sobhani, directeur artistique du projet et de La Nouvelle Compagnie. Mandatée par le bailleur social, elle a accompagné les résidents du territoire pendant deux ans, dans un processus de réflexion sur le devoir de mémoire.

“Nos souvenirs d’aujourd’hui et d’hier”

Ce mercredi 17 décembre au soir, c’est la soirée de restitution, dans la salle commune du 17, avenue Henri-Barbusse. Chants de la chorale Arc-en-ciel, lumières colorées et tamisées, repas préparé par l’association Espoir… L’ambiance est à la fête.

Sur les murs, de nombreux tableaux, dessins et photographies sont accrochés, représentant des bribes de biographie des personnes présentes. Sur une colonne, des photos d’époque fournies par Malika, qu’elle a légendées. “1968-1969. Au début, les conditions de vie étaient un peu difficiles. On allait et venait plusieurs fois dans la journée, chercher de l’eau avec des seaux […]”

Au fond, s’étale une grande fresque de Vitry réalisée par les habitants. “On y a mis nos souvenirs d’aujourd’hui et d’hier, et on a pensé à plus tard”, expose Jérôme, l’un des participants. De l’autre côté, trône une grande malle sur laquelle est positionné un réveil : c’est la capsule temporelle, scellée le soir même, avec dedans plusieurs cadres, des témoignages, un tourne-disque et des vinyls.

De multiples parcours de vie

Durant la soirée, les gens étaient invités à écouter les histoires racontées sur ces disques. “Des habitants y content leurs parcours – qui n’ont rien à voir les uns avec les autres mais qui voisinent dans ces lieux”, s’émeut Eram Sobhani. Une personne qui est arrivée après la guerre d’Algérie, une autre qui a longtemps été à la rue avant de vivre “ici”…

Une manière de rappeler l’importance du logement social. “C’est une politique publique qui permet à des millions de personnes de se loger de manière convenable dans ce pays”, rappelle Luc Ladire, adjoint au maire délégué à l’accès au logement et à la vie citoyenne.

La capsule sera fermée pendant 30 ans. Ce sera aux générations futures de choisir si elles veulent l’ouvrir, ou non.

Clément Aulnette