Nélio Carré, de l’ESSV aux Deaflympics

Malentendant depuis la naissance, Nélio Carré brille sur les terrains de foot. Avec la sélection nationale, le milieu de terrain de 20 ans s’est même hissé sur le podium des Deaflympics, les Jeux olympiques pour les personnes sourdes et malentendantes. Rencontre.

Publié le 29 décembre 2025 Modifié le 29 décembre 2025

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Peux-tu nous raconter ton expérience des Deaflympics ?

Les Deaflympics pour les sportifs sourds, c’est la compétition la plus importante. Elle existe depuis 1924, elle est plus ancienne que les Jeux paralympiques. C’est l’occasion de réunir des athlètes du monde entier et de plein de sports différents. Cette année, la compétition avait lieu au Japon au mois de novembre. L’équipe de France faisait partie des favoris car nous avons remporté l’an dernier le championnat d’Europe. On a assumé notre statut en faisant un beau parcours. Nous avons notamment battu l’Ukraine, qui fait partie des meilleures équipes. Malheureusement nous avons perdu en demi-finale mais nous avons réussi à remporter le match pour la médaille de bronze. On ne voulait pas rentrer les mains vides. L’objectif c’est de revenir pour la prochaine édition et de décrocher l’or.

Comment est née ta passion pour le foot ?

C’est mon père qui m’a transmis cette passion. Il a joué au CAV et à l’Etoile sportive des sourds de Vitry avant de devenir entraîneur au sein du club. Cela fait maintenant trois ans que je joue moi aussi à la fois à l’ESSV et au CAV et que je fais des matchs avec les deux clubs. C’est important pour moi car le CAV me permet de progresser et d’atteindre un bon niveau. L’ESSV c’est un cocon dans lequel je me sens à l’aise, notamment sur la communication car la langue des signes c’est ma langue maternelle.

Que représentent pour toi les médailles obtenues ?

Gagner avec l’équipe de France, c’est une grande fierté. Cette équipe, c’est comme une famille et le titre de champion d’Europe a créé une vraie cohésion. Chez les sourds, ça a eu une grande répercussion mais nous ne sommes pas assez reconnus dans la société. Il y a eu quelques articles dans la presse mais pas suffisamment. On manque de visibilité et avec nos performances récentes, on fait le maximum pour être vu et pour représenter les personnes sourdes.

Hugo Derriennic

 

L’Étoile sportive des sourds

Le CA Vitry