Santé : des pistes pour améliorer l'offre et l'accès aux soins


Aux côtés des directions municipales de la santé et de l’urbanisme, de l’ARS et de l’URPS, plusieurs professionnels de santé étaient réunis le 22 juin dernier à l’hôtel de ville. Ce rassemblement des acteurs de la santé du territoire visait un double objectif : dresser l’état des lieux de l’offre libérale de soins à travers la ville et réfléchir ensemble à des moyens de lutter contre la désertification médicale.

Publié le 29 juin 2022 Modifié le 04 août 2025

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Pharmacienne sur l’avenue-Derry, médecin généraliste à Balzac, psychiatre de l’avenue-Paul-Vaillant-Couturier, directeur de l’EHPAD des lilas… La salle du conseil municipal était occupée dans la soirée du 22 juin par plusieurs professionnels de santé exerçant à Vitry. Venus échanger sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs métiers, leur rencontre était également l’occasion de présenter les résultats du diagnostic sur l’offre libérale de soins à Vitry, mené depuis novembre dernier par l’URPS, l’union régionale des professionnels de santé.

▶ Soigner dans un désert médical

 « L’Ile de France est la région la plus touchée par la désertification médicale, a expliqué en préambule David Bresson, représentant de l’URPS. En 12 ans, elle a perdu  3742 médecins. Et le constat est d’autant plus alarmant qu’1 médecin sur 2 a plus de 60 ans. Ils partiront donc bientôt à la retraite et l’arrivée de jeunes médecins ne suffira pas à compenser ces départs; »

Comme toutes les Vitriotes et Vitritots peuvent s’en douter, Vitry est particulièrement touchée par la désertification médicale. A travers la ville, on compte ainsi :

  • 155 médecins libeaux 
  • 89 spécialistes, 27 exerçant en ville et 62 en établissement 
  • 57 généralistes dont la moitié a plus de 60 ans. 

Soit 4,7 médecins pour 100 000 habitants. C’est moins que la moyenne régionale estimée à 7,1 médecins pour 100 000 habitants.

▶ Des difficultés pour les patients comme pour les professionnels

Pour les patients, cette offre de soins insuffisante se traduit par des délais d’attente allongés et un risque de renoncement aux soins. Comptez un trimestre pour pouvoir consulter un kinésithérapeute, et près d’un an pour obtenir un rendez-vous chez un orthophoniste !

Du côté des professionnels de santé concernés, beaucoup travaillent plus de 50h par semaine et mènent jusqu’à 25 consultations par jour. Dans ces conditions, le recours à un remplaçant s’avère compliqué.

« Avec un tel rythme de travail, se retrouver seule à enchaîner les consultations, c’est très difficile, confie une jeune médecin dans l’assemblée. J’ai moi-même refusé de reprendre le cabinet d’un médecin qui partait à la retraite pour cette raison. »

Entendus dans le cadre du diagnostic, de nombreux médecins font part de leur souffrance au travail, se plaignent de « ne pas pouvoir prendre de nouveaux patients » ou encore « de ne pas être en mesure d’assurer des prises en charge dans un délai raisonnable ». Cette surcharge de travail des médecins généralistes notamment se repercute fortement sur le SAMI ou les urgences qui se retrouvent à leur tour sursollicités.

La salubrité des locaux et leur emplacement pose aussi question, tout comme les difficultés de stationnement. Des paramètres qui nuisent inévitablement à l’installation de nouveaux professionnels.

▶ Encourager le regroupement des acteurs de la santé…

« Toutes ces difficultés de votre quotidien professionnel, les Vitriots les connaissent bien, a déclaré le maire. La désertification médicale est un problème d’ampleur auquel de nombreuses villes sont aujourd’hui confrontées.   C’est une gajeure mais je veux vous l’affirmer : la ville se tient à vos côtés pour faciliter vos projets et faire en sorte que de nouveaux médecins s’installent à Vitry. « 

Plusieurs dynamiques sont en cours d’élaboration. Si l’URPS a tenu à rappeler les différentes aides accordées pour faciliter l’installation de nouveaux médecins ou la mise en place d’activités de santé groupées, une autre idée consiste à constituer une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS). Sous la forme d’un réseau associatif, la CPTS réunit  les professionnels de santé d’une ville et les acteurs du territoire autour d’un projet de santé partagé.

Cette configuration, en cours d’élaboration à Vitry, présente plusieurs avantages. Pour les professionnels, elle favorise de meilleures conditions de travail en luttant contre l’exercice isolé, en leur permettant d’échanger et de déployer leurs missions à la lumière d’un plan collectif au service des habitantes et des habitants du territoire. Pour ces derniers, plus informés et mieux conseillés grâce au réseau de la CPTS, ce sont les parcours de soins qui seraient améliorés. 

▶ … Et questionner directement les patients 

« La CPTS va donner plus de visibilité à nos métiers et nous permettre d’être soudés, de mieux travailler ensemble sur le territoire vitriot, explique le docteur Aubertin qui adhère au projet. C’est d’autant plus intéressant que notre ville a des avantages, une identité forte, un secteur de santé libéral et un secteur public via notamment le centre municipal de santé. Je n’ai aucun doute : une fois la CPTS crée, nous attirerons de nouveaux médecins ! »

En parallèle, la ville renouvelle son contrat local de santé (CLS) qui fixe les axes prioritaires d’action en matière de santé.

Vitriotes, Vitriots et l’ensemble des personnes travaillant ou scolarisés à Vitry sont invités à répondre à un questionnaire en ligne anonyme pour communiquer leurs difficultés et leurs priorités en matière de santé. Autant de ressources essentielles à la constitution du projet de santé qui sera porté par l’ensemble des acteurs regroupés au sein de la CPTS.  

« Il y a là comme un alignement des planètes avec l’arrivée de la CPTS et le nouveau contrat local de santé a affirmé l’adjointe au maire, Agnès Jeannet. Nous espérons faire émerger les premiers projets concrets dès 2023 ».