Dieneba Diarra, maillon solidaire

Publiée le 13 octobre 2020 - Mise à jour le 18 octobre 2020

La Vitriote Dieneba Diarra a réussi un sauvetage de la noyade cet été sur une plage du nord de la France. © Sylvain Lefeuvre

Dieneba Diarra a réussi un sauvetage de la noyade cet été sur une plage du nord de la France. Modeste, cette altruiste veut y voir une chaîne de solidarité.

Elle aurait bien dormi un peu sur le sable, pendant son week-end, pour se remettre de sa troisième nuit de garde à l’hôpital Gustave-Roussy. Le 8 août dernier, Dieneba Diarra, Vitriote de 35 ans, infirmière, s’est illustrée sur une plage des Hauts-de-France, pour avoir sauvé un baigneur de la noyade. Cette habitante de l’avenue du Colonel-Fabien, partie pour l’habituelle cousinade organisée cette fois à Berck-sur-Mer, ne pensait pas rentrer en héroïne. “Depuis, certains de mes amis m’appellent Pamela Anderson ou Alerte à Malibu”, sourit-elle.

D’ailleurs, le maire, Pierre Bell-Lloch, lui remettra prochainement la médaille de la ville. Ce jour-là, Dieneba pas n’a pas hésité. “J’étais sereine, calme, très concentrée, dans ma bulle. Je n’ai pas perdu de temps. Sur le noyé qui avait été avancé jusqu’au sable de la plage, j’ai entamé directement le massage cardiaque au niveau de la cage thoracique. 15,30 secondes. Et il est revenu à lui.” Du toupet, la jeune femme d’action n’en manque pas.

Cette ancienne collègienne de Lakanal avait, plus jeune, le rêve de devenir infirmière et, n’y parvenant pas, elle entame un parcours de préparatrice en pharmacie puis, finalement, revient à son premier choix. “Lors des trois ans d’études, je me suis donnée corps et âme, insiste-t-elle. J’ai appris qu’il ne faut pas baisser les bras.” Dieneba aime aussi la douceur. Celle du cocon familial. Elle a grandi entourée de six frères et cinq sœurs. “On fait des retrouvailles régulières avec une vingtaine de cousines, des sœurs avec les enfants qui viennent de toute la région parisienne”, explique-t-elle, en confiant regretter un père disparu il y a six ans. “Nous étions très complices, et l’épreuve de sa disparition m’a rendue plus forte.” Et puis, un jour, oui, elle pense avoir à son tour des enfants. Elle aime aussi l’aventure. “J’adore voyager”, livre-t-elle. Ce que lui permet son travail avec les nombreuses heures de gardes à récupérer. “J’essaie de partir loin, souvent. Dans quelques jours, ce sera la Guadeloupe. J’aime rencontrer les gens. Mon voyage en Afrique du Sud m’a marqué, par exemple. Les habitants intrigués et contents nous regardaient, nous, qui étions touristes français d’origine différentes, mais mélangés.”

J’apprécie l’entraide, le collectif, la solidarité

Altruiste, sans aucun doute, la Vitriote aime depuis longtemps venir en aide aux autres. “J’apprécie l’entraide, le collectif, la solidarité, reconnaît-elle. Je fais partie de l’association Indépen-danse depuis sa création.” Elle a participé à beaucoup de ses actions, des galas sportifs pour collecter des fonds qui ont financé des terrains multisports, la rénovation d’un dispensaire, la plantation d’arbres et, également, la construction d’une salle de classe. “Et pour tout cela, ajoute-t-elle, on a mis la main à la pâte sur place, au Sénégal, en Mauritanie. J’y ai vu la misère puis, après la construction, aussi le bonheur des gens.” Revenant à l’exploit de l’été, elle réfléchit.

“Ce jour-là, à Berk, ce n’est pas moi, ce sont plusieurs personnes de la plage qui ont fait une chaîne de solidarité pour le sauvetage. C’est la grande leçon que je retiens, dit-elle. Seule, je n’aurais pas réussi.”

Gwénaël le Morzellec

 

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